En l'emportant, les États-Unis passent directement aux quarts de finale du tournoi olympique à titre de meilleure équipe du groupe A. En perdant, le Canada s'est joliment compliqué la tâche puisqu'il devra remporter un match-suicide, demain, afin d'atteindre les quarts de finale. Ce match, contre l'Allemagne, ne devrait pas être trop difficile à franchir, mais en raison de cela l'équipe croisera le fer contre des rivaux plus coriaces en quarts de finale. Si le Canada l'emporte, il affrontera alors la Russie en quarts de finale, un adversaire autrement plus ardu.
«Nous n'avons pas le choix de composer avec la situation. Et vous savez quoi, ce match additionnel est peut-être une bonne chose pour nous, a affirmé le gardien Martin Brodeur, en s'efforçant de rester positif. Nous avons besoin de jouer. Nous avons des aspects à peaufiner, et j'espère que ce match va nous permettre de le faire.»
Brian Rafalski, avec un doublé, Chris Drury, Jamie Langenbrunner et Ryan Kesler ont réussi les filets des Américains. Rafalski a de plus récolté une passe. Eric Staal, Dany Heatley et Sidney Crosby ont fourni la réplique.
Les Canadiens ont mis à l'épreuve Ryan Miller à 45 reprises. Le gardien des Sabres de Buffalo a été brillant, surtout quand il le fallait.
«Nous envoyons 45 lancers sur le filet et les gardiens trouvent des façons de faire des arrêts, le dos au jeu, étendus de tout leur long sur la glace,etc. Éventuellement, ça finira par débloquer», a souligné Brodeur.
«Ryan [Miller] est la principale raison pour laquelle nous avons gagné», a soutenu le joueur de centre Ryan Kesler.
À l'autre bout, Brodeur a été confronté à 21 lancers.
«C'était une soirée difficile, a admis Brodeur. Ils ont obtenu des buts sur des déviations. J'ai fait de bons arrêts qui auraient pu nous relancer par moments, mais nous n'avons pas saisi ces occasions. Après les deux échappées que j'ai stoppées vers la fin de la deuxième période, je croyais qu'on reviendrait plus fort. Mais on a écopé trois pénalités d'affilée, et ils ont marqué à la troisième occasion.»
La foule muselée
Les Américains ont vu à ce que le septième joueur ne soit pas un facteur dans le camp canadien, au premier vingt. Ils ont fait taire la foule une première fois en marquant dès la 41e seconde de jeu, puis 18 secondes seulement après que le Canada eut créé l'égalité à la neuvième minute.
Pour le reste, Équipe Canada a eu l'avantage territorial comme le démontre sa domination 19-6 dans les tirs. Miller a bien vu tous les tirs canadiens, à l'exception de celui qui a été dévié par Staal.
Rafalski a ouvert le score quand son lancer bas en provenance de la ligne bleue a effleuré le bâton de Crosby chemin faisant.
Le défenseur a remis ça, à 9:15, à l'aide encore d'un tir bas qui avait des yeux. Sur la séquence, Brodeur a tenté de déblayer la rondelle de sa zone en la fouettant au vol. Le vétéran gardien a raté le coup de circuit et Rafalski a pu s'avancer vers lui. C'était déjà son quatrième but du tournoi, obtenu à l'aide de six tirs seulement.
Du jeu enlevant
Le Canada a amorcé le deuxième vingt avec vigueur, en créant l'égalité à 3:32. Mais les États-Unis n'ont pas bronché, parvenant à reprendre l'initiative.
Le jeu a été plus partagé qu'au premier tiers, les É.-U. ayant le meilleur 13-12 au chapitre des lancers. Les deux gardiens ont été solides.
Heatley a récolté les dividendes de l'effort individuel de Jonathan Toews face au défenseur Ryan Suter pour faire 2-2.
Les Américains ont essayé de refaire le coup du premier vingt, mais Brodeur a résisté. Il s'est entre autres illustré contre une frappe de Suter et le retour de Zach Parise. Il a par la suite été atteint au masque par une frappe de Joe Pavelski.
Les Canadiens ont tenté de s'imposer physiquement. Nash y est allé de percutantes mises en échec. Les défenseurs Johnson et Rafalski ont été ses cibles.
Corey Perry a été ébranlé vers la fin, à la suite d'une collision avec son coéquipier Staal.
Peu de temps après, à 16:46, Drury rompait l'égalité, profitant d'un moment de confusion devant le filet de Brodeur.
Au début de troisième tiers, Équipe Canada a surtout dû se tirer d'affaire en infériorité numérique. Jusqu'à ce que Langenbrunner fasse dévier une frappe de Rafalski à 7:09, vers la fin de la deuxième supériorité.
Les Canadiens ont à leur tour pu déployer quelques attaques massives, jusqu'à ce que Crosby ne rétrécisse l'écart vers la fin de la deuxième, à 16:51.
S'en est suivi un véritable tourbillon au cours duquel le trio de Crosby a tout fait sauf marquer.
Kesler est venu fermer les livres dans la dernière minute en marquant dans le filet désert.











