Le pire scénario s'est réalisé pour Jean Labonté et ses coéquipiers, qui ont été exclus du podium. L'athlète d'Aylmer avait encore de la difficulté à croire que la formation, dont il est le capitaine, doit se contenter du quatrième rang.
Il n'y aura aucune médaille dans les bagages qu'il ramènera demain soir en Outaouais.
« C'est très douloureux..., a avoué Labonté à l'autre bout du fil.
« Ça va prendre du temps pour vivre ce deuil. C'est le rêve d'une vie qui s'est envolé. »
L'entrevue se déroulait samedi en fin d'après-midi, le jour de son 41e anniversaire de naissance. C'était surtout le lendemain d'un revers de 2-1 contre la Norvège, coûtant au Canada une médaille de bronze sur sa propre patinoire.
Il s'agissait d'une deuxième défaite crève-coeur en autant de jours. La veille, les champions paralympiques en titre avaient été surpris par le Japon en demi-finale. Un club qu'elle battait régulièrement depuis une décennie.
Dans chacun de ces deux matches, le Canada dominait son adversaire. Mais quelques mauvais bonds ont fait la différence.
« Nous n'avons pas perdu parce que nous étions trop confiants. Nous avons bien joué. Nous avons obtenu plusieurs bonnes chances de marquer. Mais la rondelle ne voulait tout simplement pas entrer dans le filet. Pourtant, on marquait à profusion en début de tournoi », a souligné Labonté.
Les Jeux ne devaient pas se passer comme ça.
Labonté avait déjà gagné deux médailles paralympiques, dont l'or en 2006 à Turin. Il comptait tirer sa révérence en montant une dernière fois sur la plus haute marche du podium dans son pays natal.
Une nouvelle médaille d'or devait compléter ce qui s'est avéré un hiver de rêve.
Ce concepteur de logiciels avait porté la flamme olympique à Gatineau en décembre. Puis le Comité paralympique Canada l'avait choisi afin de porter l'unifolié lors des cérémonies d'ouverture des Jeux à Vancouver.
« Ce qui est décevant, c'est de la façon dont le match s'est terminé », disait Labonté.
Le Canada menait 1-0 dans la joute de la médaille de bronze lorsque la Norvège a créé l'égalité sur un tir de pénalité controversé. Puis avec seulement quatre secondes à écouler, l'équipe adverse a marqué de nouveau avec un lancer dévié.
« Tout le monde était sous le choc par la suite », a noté le hockeyeur de l'Outaouais.
Réconfortés par Harper
Des joueurs canadiens pleuraient dans le vestiaire après cette défaite. Ils ont été réconfortés par le premier ministre Stephen Harper, qui a pris le temps de se faire prendre en photo avec chaque membre de l'équipe.
Quatre ou cinq vétérans pourraient avoir disputé leur dernier match, dont l'attaquant d'Ottawa, Hervé Lord. Âgé de 52 ans, il s'avère l'aîné de la formation.
Labonté fait partie aussi du lot. « Je vais m'ennuyer de ce sport, c'est sûr, a-t-il dit à un collègue du Globe and Mail. Mais en revanche, un peu tout le monde au Canada connaît maintenant notre sport. C'est bon ça. C'est un sport qui méritait d'être apprécié et pratiqué. Il se trouve entre bonnes mains. »
Plus de 5400 spectateurs ont assisté au match de la médaille de bronze. Le réseau CTV a enregistré un auditoire dépassant le cap d'un million de personnes pour la joute préliminaire opposant le Canada et l'Italie en lever de rideau du tournoi paralympique, il y a neuf jours.
En plus de Labonté et Lord, un autre joueur de la région portait les couleurs canadiennes. L'attaquant Marc Dorion, originaire de Bourget, dans l'Est ontarien, a marqué cinq fois en cinq matches, terminant au deuxième rang des meilleurs buteurs des Jeux.












