Évidemment, peu de hockeyeurs canadiens ont été fiers de leur performance en Italie.
Pour l'équipe d'étoiles assemblée par Wayne Gretzky, une médaille d'argent aurait constitué une déception.
Avant le début du tournoi, une septième position aurait été carrément inconcevable.
Contrairement à la majorité de ses coéquipiers, Boyle n'a pas à rougir de sa performance sur les grandes patinoires olympiques. En tant que défenseur numéro 10, il n'a jamais eu la chance de participer à un match.
C'est justement son problème.
En tant que fier compétiteur, le défenseur franco-ontarien a eu beaucoup de mal à accepter son rôle.
Avant d'accepter l'invitation de Hockey Canada, cet hiver, il s'est assuré qu'on lui offrirait une véritable chance de jouer lors des Jeux de Vancouver.
« J'ai parlé avec Steve Yzerman à quelques occasions. Il m'a dit que j'aurais un rôle important à jouer. »
« You will have an important role to play », répète-t-il, en anglais, comme s'il voulait citer mot pour mot l'homme qui a succédé à Gretzky à la barre de l'équipe nationale.
Personne ne saura exactement ce que les mots « rôle important » signifieront avant le premier match du tournoi, le mardi 16 février, contre la Norvège.
Tous les espoirs sont permis
Pour l'athlète franco-ontarien, d'ici là, tous les espoirs sont permis.
Yzerman s'est permis d'écarter de sa sélection officielle le défenseur le plus productif de toute la LNH, Mike Green.
Ses meilleurs défenseurs offensifs seront donc Duncan Keith, Drew Doughty et... Boyle.
Avec son expérience, ce dernier pourrait fort bien hériter du rôle du quart-arrière lors de la première vague du jeu de puissance.
« On m'a juste dit de jouer comme je joue à San Jose. Le style de jeu des Sharks dans la LNH devrait ressembler au style de jeu de l'équipe canadienne. Ce sera un style offensif avec lequel je serai très à l'aise. Durant mes conversations avec Steve Yzerman, il ne m'a rien demandé de bien spécifique. Il m'a simplement dit qu'il était satisfait de mon rendement depuis le début de la saison », expliquait l'athlète de 32 ans, récemment, lors d'une conversation téléphonique avec LeDroit.
Un « très beau boni »
Quand il jouait au hockey balle dans les rues de la Basse-Ville d'Ottawa, Daniel Boyle ne rêvait pas nécessairement de connaître la gloire sur la scène internationale. Les médailles olympiques figuraient bien loin sur la liste d'objectifs personnels.
Il était un fan des Flyers de Philadelphie. Il aimait particulièrement leur gros et robuste ailier Rick Tocchet. Il voulait faire carrière dans la meilleure ligue au monde et, peut-être, remporter la coupe Stanley.
Il a réalisé son rêve le plus cher en 2004, avec le Lightning de Tampa Bay.
Remporter une médaille à Vancouver, dans quelques semaines, constituerait un « très beau boni ».
Boyle s'efforce quand même de ne pas trop écouter tous ces analystes qui voient déjà les Canadiens sur la plus haute marche du podium.
« Les Suédois sont les champions en titre, il ne faut surtout pas les négligés. Les Russes seront aussi dangereux, tout comme les Tchèques et les Américains. Au fond, n'importe qui peut gagner. »












