La situation frontalière de l'Outaouais fausse les données

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La situation frontalière de l\'Outaouais fausse les données

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« En Outaouais, l'absence d'infrastructures se fait sentir depuis plusieurs années et l'aboutissement de notre projet va nous permettre de mieux desservir notre élite. Déjà, avec le programme sports-études mis en place en 1994, nous consacrons 220 heures d'encadrement supplémentaires à nos joueurs inscrits », estime Alain  Sanscartier.

ARCHIVES, LeDroit

Jean-François Plante
Le Droit

La position géographique particulière de l'Outaouais lui joue de vilains tours quand vient le temps de mesurer sa véritable contribution en terme d'approvisionnement de joueurs pour la Ligue de hockey junior majeur du Québec et la Ligue nationale de hockey.

Si l'on tient compte uniquement du lieu de naissance des hockeyeurs, l'Outaouais a été un fournisseur de talent moyen pour les ligues les plus compétitives. Quarante-quatre joueurs nés en Outaouais ont disputé au moins 10 parties dans la LHJMQ entre les années 2000 et 2009 alors que 10 autres ont patiné dans le circuit Bettman. En terme de joueurs qui ont accédé à la LHJMQ, c'est bon pour le 8e rang parmi les 17 régions administratives du Québec, mais en tenant compte du poids démographique, ça lui confère le 10e rang à l'échelle provinciale.

Cependant, la situation frontalière de l'Outaouais vient fausser les données puisque quatre joueurs ayant évolué au hockey mineur des secteurs Hull, Gatineau et Aylmer sont nés à Ottawa. Dans le cadre de l'enquête des journaux de la chaîne Gesca, seuls les lieux de naissance ont été pris en considération pour déterminer la provenance des joueurs. L'attaquant Jimmy Cuddihy, de même que le défenseur André Joanisse et les gardiens David Tremblay et Stéphane César sont tous des produits de Hockey Outaouais, mais ils ont été classés comme des joueurs de l'Ontario dans cette enquête.

À cela, il faut ajouter les cas de Philippe Bastarache et Mathieu Payette, qui ont vu le jour dans d'autres régions du Québec pour venir s'établir en Outaouais en bas âge.

Bon de plusieurs positions

En incluant ses joueurs aux statistiques de l'enquête, l'Outaouais fait un bond de plusieurs positions sur sa contribution de hockeyeurs d'élite puisqu'ils sont plutôt 51 à avoir atteint la meilleure ligue junior dans l'Est du Canada. Au classement provincial, la région devient le 7e plus grand fournisseur de talent au Québec, mais par tranche de 100 000 habitants, il pointe au cinquième rang.

Pour Alain Sanscartier, coordonnateur du programme de hockey sports-études à la polyvalente Nicolas-Gatineau et directeur du programme Hockey Vision 2000, ces chiffres sont très impressionnants. Ce qui le rend encore plus fébrile, c'est que l'Outaouais ne pourra qu'améliorer son sort.

Bientôt de nouveaux outils

« Très bientôt, nous allons nous donner de nouveaux outils pour développer notre jeune talent », a-t-il avancé en faisant allusion au projet dont il pilote notamment avec Daniel Brière pour la construction d'un complexe sportif et qui doit comprendre deux surfaces glacées.

« En Outaouais, l'absence d'infrastructures se fait sentir depuis plusieurs années et l'aboutissement de notre projet va nous permettre de mieux desservir notre élite. Déjà, avec le programme sports-études mis en place en 1994, nous consacrons 220 heures d'encadrement supplémentaires à nos joueurs inscrits », ajoute Sanscartier.

Quand l'ex-entraîneur de l'Intrépide de Gatineau regarde la brochette de joueurs issus de l'Outaouais qui vont donner leurs premiers coups de patin dans la LHJMQ cette saison, il se dit que la région est sur la bonne voie pour améliorer son classement. Pas moins de sept joueurs de la région en seront à leur année recrue dans le circuit Courteau: Pierre-Luc Lacombe, Nicolas Larocque-Marcoux, Rock Régimbald, Samuel Lachance, Matthew Hobbs, Ryan Lagacé et Jean-Gabriel Pageau.

Sanscartier est aussi convaincu qu'une autre vague suivra l'an prochain. « Plusieurs joueurs viennent de passer six ans au programme sports-études et certains auront un gros impact au prochain niveau. »

Sanscartier est plutôt confiant. L'avenir du hockey est rose en Outaouais.

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