Souvent, les clubs sélectionnent des joueurs sans jamais les avoir vus, se fiant aux recommandations d'agents de joueurs ou à leurs contacts outre-mer. Certains explosent pour devenir de véritables perles comme Pavel Rosa, Ales Hemsky, Jiri Fischer ou David Krejci. D'autres s'avèrent des feux de pailles à la Ladislav Jindrich et Lucas Lang. À ce groupe se mêlent aussi des joueurs qui ont le mal du pays et qui préfèrent rentrer à la maison comme David Kveton ou Jan Stransky.
Si le bon pion est joué, un joueur européen peut avoir un impact significatif dans une équipe de hockey junior. Dans le cas des Olympiques, on peut déjà affirmer qu'ils ont frappé un grand chelem en mettant la main sur deux Européens de qualité malgré la complexité de l'exercice du repêchage des joueurs étrangers.
14 points en 12 parties
Sélectionné au 13e rang du dernier repêchage européen, Denis Kindl a récolté 14 points en 12 matches, bien qu'il n'ait que 17 ans. Il est le deuxième meilleur marqueur du circuit Courteau chez les recrues.
Sélectionné au 46e rang, Adam Janosik domine le classement des défenseurs recrues avec 11 points en 12 matches. Il arrive même au cinquième rang des pointeurs chez les défenseurs de la LHJMQ même s'il vient tout juste de fêter ses 17 ans.
Les Olympiques sont fiers de leurs prises. Ils salivent déjà à l'idée de ce qu'ils pourront amener au cours des trois prochaines années s'ils ne font pas le saut dans la LNH prématurément comme Hemsky et Fischer. Le dernier grand joueur européen à débarquer à Gatineau avait été David Krejci, mais il avait déjà 18 ans quand il a produit à peu près au même rythme que Kindl. Le gouverneur Charles Henry se frotte les mains de satisfaction en pensant à ce que le Tchèque Kindl et le Slovaque Janosik auront l'air à 19 ans.
Vrai qu'Henry a une confiance aveugle à l'agent Jiri Chara, qui lui a recommandé les Rosa, Fischer et Hemsky, mais c'est aussi lui qui lui avait suggéré Hindrich ! Le Grand manitou des Olympiques a donc mis les chances de son côté en se déplaçant au championnat du monde des moins de 18 ans à Fargo, aux États-Unis, pour voir évoluer Kindl et Janosik au printemps dernier.
Straka
Henry avoue candidement qu'il avait aimé Kindl et Janosik, mais que son coup de coeur avait été vers Petr Straka, repêché par l'Océanic de Rimouski au 22e rang. « Je me suis fait avoir par son agent qui m'a dit qu'il ne viendrait pas jouer au Canada, mais j'ai su par après qu'il avait conclu un marché avec Rimouski. Cet agent m'en doit une. »
Les Olympiques ont également été chanceux dans leur malchance au deuxième tour car ils avaient l'oeil sur Kevin Puschnik, mais les Cataractes de Shawinigan leur ont coupé l'herbe sous le pied. Ils se sont alors tournés vers Janosik. Puschnik a été tellement peu convaincant à Shawinigan qu'il a fait ses bagages après avoir disputé seulement trois matches.
Un gros risque
« Nous avons été chanceux avec Kindl et Janosik. Le repêchage européen est un gros risque car il y a beaucoup de jeux de coulisses entre les joueurs, les agents et les équipes. »
L'entraîneur-chef Jérôme Dupont est celui qui bénéficie le plus des acquisitions européennes des Olympiques cette saison. « Les deux seront assurément des joueurs étoiles dans cette ligue. Ils n'ont que 17 ans et ils jouent déjà régulièrement dans toutes les situations de jeu. Au point de vue hockey, ils sont matures pour leur âge. Les deux sont passionnés par leur sport. Ce sont des athlètes dévoués, qui ont le sens du hockey et beaucoup de talent, mais ils ont encore des choses à améliorer, comme gagner en force physique. »
Pour faciliter son intégration à l'équipe, Janosik cohabite avec Josh Domingues. « C'est mon chien de poche européen ! Il me suit partout », lance Domingues. Quant à Kindl, il a été jumelé à Tye McGinn. Les deux Européens baragouinent un peu d'anglais, mais selon Charles Henry, les deux vétérans font de l'excellent travail pour les rendre à l'aise.
Janosik, le plus volubile des deux joueurs, assure être comblé à Gatineau.
« Nous sommes heureux ici. J'habite avec Josh Domingues, une grande vedette, dit-il en pouffant de rire. Ce n'est pas facile pour un Européen de jouer au Canada, mais nous avons une bonne équipe et nous jouons beaucoup. J'espère que Kindl et moi allons être de retour l'an prochain.













