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George Gillett songe à se départir du Club de hockey Canadien

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George Gillett songe à se départir du Club de hockey Canadien

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Le propriétaire du Canadien de Montréal, George Gillett

Photo: André Pichette, La Presse

 

Sylvain Larocque
La Presse Canadienne

Alors que tout le Québec parle de la vente possible du Canadien de Montréal, le président du club de hockey, Pierre Boivin, a refusé d'en dire plus long, lundi.

Avant de prononcer un discours à la tribune du Cercle canadien, lundi midi, M. Boivin a simplement lancé aux journalistes à sa poursuite: «vous êtes déjà à parler de vente (mais) ce n'est pas ce dont on a parlé».

Plus tôt lundi, dans une déclaration lue par un porte-parole, Pierre Boivin avait confirmé que le propriétaire majoritaire de l'équipe, George Gillett, explorait différentes possibilités pour faire face à ses problèmes financiers.

«La famille Gillett a retenu les services de conseillers financiers afin d'évaluer les différentes avenues stratégiques visant à optimiser la valeur de ses actifs d'affaires», a affirmé M. Boivin.

«Au Canada, la famille a retenu les services de BMO Marchés des capitaux et le processus suit son cours», a-t-il ajouté.

Pierre Boivin a néanmoins soutenu que quel que soit le résultat de la démarche, la pérennité du club de hockey était assurée.

Le président de l'équipe a confié au quotidien La Presse que BMO Marchés des capitaux explorait plusieurs possibilités, comme c'est habituellement le cas dans un tel exercice: recapitalisation, restructuration du montage financier, arrivée de nouveaux investisseurs, voire la vente d'un ou de plusieurs des actifs du groupe de George Gillett.

Outre le Canadien, dont elle détient 80,1 pour cent du capital-actions, la famille Gillett contrôle le Centre Bell, le Groupe Spectacles Gillett, l'équipe de soccer britannique Liverpool FC, l'écurie Gillett Evernham Motorsports (NASCAR), de même que des entreprises du secteur alimentaire, des clubs de golf et des stations de ski.

Dans son discours au Cercle canadien, Pierre Boivin a assuré qu'il était à l'aise avec les «idées nouvelles» et les «controverses», mais il s'est montré fort peu loquace sur cette nouvelle explosive.

«Aujourd'hui, plusieurs d'entre vous se seriez attendus à ce que je vous parle de la performance de notre équipe ou peut-être de la nouvelle du jour quant aux démarches financières de notre propriétaire, a-t-il admis. Mais vous comprendrez que je m'abstiendrai de le faire car ce n'est pas le moment.»

Pendant une trentaine de minutes, il a donc discouru sur l'engagement social du Canadien, un thème choisi il y a plusieurs mois, dans le cadre du centenaire de l'équipe.

A cet égard, M. Boivin a tenu à défendre le programme scolaire Les Canadiens à l'école, qui a récemment fait l'objet d'une polémique en raison de la décision de Québec de le financer en partie.

«La brève tempête médiatique survenue en février s'est traduite par plus de 500 nouveaux enseignants qui ont découvert le programme et s'y sont inscrits», a-t-il révélé, en soulignant que 4600 professeurs et 120 000 élèves se servaient actuellement du programme, dans 1500 écoles québécoises.

C'est aussi BMO Marchés des capitaux qu'on avait retenu lors de la précédente mise en vente du Canadien et du Centre Bell, au début des années 2000. Lundi, le président du conseil d'administration de la banque d'affaires, Jacques Ménard, a assisté au discours de Pierre Boivin, mais il s'est éclipsé avant que les journalistes ne puissent lui adresser la parole.

Acheteurs potentiels

Bruno Delorme, professeur de gestion à l'Université Concordia, ne croit pas que la vente éventuelle du Canadien se traduira par un déménagement de l'équipe, puisque c'est la présence de celle-ci dans le marché montréalais qui fait sa force.

Selon M. Delorme, quelques Québécois pourraient être intéressés à acquérir le club. «Le prochain acquéreur - qu'il soit québécois, canadien, nord-américain ou mondial - va l'acheter s'il peut voir les retombées d'un tel investissement», a-t-il souligné. Même si les équipes de sport ne sont pas aussi rentables que d'autres entreprises, leur intérêt réside dans leur grand potentiel d'appréciation à moyen terme - une valeur qui se matérialise au moment de leur revente, a expliqué le professeur.

«Il faut séparer les coups de coeur du côté business», a-t-il fait remarquer.

Sans avancer de nom, Bruno Delorme a dit penser à une entreprise spécialisée dans le contenu technologique, qui pourrait vendre la retransmission des matchs du Canadien sur des plateformes comme les téléphones cellulaires.

Parmi les acheteurs potentiels de l'équipe, on peut nommer Guy Laliberté (fondateur du Cirque du Soleil), René Angelil (imprésario de la chanteuse Céline Dion), la famille Saputo (produits alimentaires, propriétaire de l'Impact de Montréal) et la famille Bronfman, milliardaire.

Il y a aussi Jim Balsillie, cofondateur de Research In Motion (TSX:RIM), fabricant du téléphone intelligent BlackBerry, mais ses relations avec la Ligue nationale de hockey (LNH) ont tourné au vinaigre à la suite de ses tentatives ratées d'acquérir les Penguins de Pittsburgh et les Predators de Nashville, ces dernières années.

Il a été impossible de joindre les porte-parole de ces gens d'affaires, lundi. Renée-Claude Ménard, du Cirque du Soleil, a pour sa part indiqué que «comme toujours, Guy Laliberté ne commente pas les rumeurs».

Selon la plus récente évaluation du magazine américain Forbes, publiée en octobre, le Canadien vaut 334 millions $ US, en troisième place derrière les Maple Leafs de Toronto et les Rangers de New York. Certains experts estiment toutefois ce chiffre trop élevé, en raison notamment de la récente baisse de la valeur du dollar canadien et de la crise mondiale du crédit.

En novembre, M. Balsillie, qui cherchait alors depuis deux ans à acquérir une concession de la LNH, avait affirmé que le Canadien était à vendre, ce que George Gillett avait nié avec véhémence.

En décembre, le Sports Business Journal a rapporté que M. Gillett tentait de refinancer une dette personnelle de 75 millions $ US pour laquelle il avait donné en garantie sa participation dans le Liverpool FC.

C'est en janvier 2001 que George Gillett s'est porté acquéreur du Canadien. Il n'y avait investi lui-même que quelques dizaines de millions de dollars. Deux banques de même que la Caisse de dépôt et placement du Québec lui avaient consenti un prêt de 140 millions $.

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