Sidney Crosby savoure la victoire de son équipe avec le Graal du hockey, la coupe Stanley.
ASSOCIATED PRESS
Marian Hossa aussi, parce qu'il aura finalement misé sur la mauvaise équipe.
Dans un match du genre, ce sont souvent les joueurs de soutien qui s'illustrent, répétait-on ces derniers jours. On se demandait lequel d'entre eux, à défaut d'un grand match de la part d'un Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Henrik Zetterberg ou Pavel Datsyuk, allait se mettre de l'avant.
Eh bien, c'est Talbot qui l'a fait. Celui-ci a sonné la charge avec un doublé en deuxième période, et les Penguins l'ont emporté 2-1 face aux Red Wings de Detroit, vendredi, à l'occasion de l'ultime match d'une finale chaudement disputée.
Les Penguins ont ainsi décroché la coupe Stanley pour la troisième fois de leur histoire et pour la première fois depuis 1992. C'était évidemment à l'époque de Mario Lemieux.
Toujours prêt
«Je ne saurais expliquer les raisons pour laquelle il répond de cette façon dans les situations corsées, a dit l'entraîneur des Penguins Dan Bylsma de Talbot. Mais c'est quelque chose qu'il fait bien. Il est toujours prêt à répondre à l'appel dans un tel contexte, il n'a pas peur d'y aller le tout pour le tout.»
«C'est sûr que tu veux connaître un match du genre, mais tu sais jamais comment ça va se passer, a ajouté Talbot. On a gagné et c'est ce qui importe.»
Cette première finale en 25 ans mettant aux prises les mêmes rivaux que l'année précédente s'est donc terminée à l'avantage de l'autre équipe. Après les Wings l'an dernier, ç'a été au tour des Penguins cette année. Il faut dire que cette jeune équipe en pleine ascension a joué avec beaucoup plus d'assurance qu'il y a 12 mois.
Zetterberg est fier des Red Wings
«J'aurais aimé mieux me retrouver du côté des gagnants encore cette année, a dit Henrik Zetterberg, l'un des meilleurs joueurs des Wings au cours des séries. Mais je suis fier de notre équipe. On a un bon groupe de joueurs, qui va être excellent pour encore plusieurs années.»
Quant à Hossa, il s'est retrouvé du côté des perdants pour la deuxième année d'affilée.
Jonathan Ericsson a réduit l'écart pour les Wings en milieu de troisième. Ceux-ci ont longuement bourdonné en zone adverse pendant la dernière période. Ils ont forcé Marc-André Fleury à s'illustrer jusque dans les toutes dernières secondes du match.
Fleury, fort solide, a bloqué 22 tirs et Chris Osgood, 16.
Plusieurs occasions
«On a plusieurs occasions de buts, mais (Fleury) a été excellent, a dit le vétéran des Wings Kirk Maltby. On a ensuite manqué de temps.»
«Je ne sais pas si on a manqué de temps. Je crois plutôt qu'on a semblé manquer d'énergie durant pas mal toute la série, a avancé le pilote des Wings Mike Babcock. Nous avons rivalisé, mais nous n'avons jamais atteint notre niveau optimal.»
Sidney Crosby s'est blessé, apparemment au genou, lors d'une mise en échec décernée par Johan Franzen en période médiane. Il n'est pas revenu au jeu avant la deuxième pause. Les Penguins menaient alors 1-0. Il est toutefois revenu au jeu en troisième, bien que seulement à mi-chemin de l'engagement.
Tendance renversée
La formation de l'entraîneur recrue Dan Bylsma a donc fait fi de la tendance observée jusqu'ici dans les septièmes matchs de finale de la Coupe Stanley. Elle est seulement la troisième équipe sur 15 à remporter un tel match décisif sur la patinoire de l'adversaire.
Elle a dû renverser une tendance lourde au Joe Louis Arena, toutefois, pour ce faire. Dans les six matches précédents disputés en finale de la Coupe Stanley entre les deux équipes à cet endroit, les Penguins avaient été dominés 1-5 au chapitre des victoires, 21-6 pour les buts et 213-159 pour les tirs. Ils avaient été limités à un but ou moins - y compris trois blanchissages - à cinq reprises.
Hier, après une première période sans but, les Penguins ont toutefois pris le contrôle du match en deuxième. Les revirements et les jeux ratés ont fait la différence, menant aux deux filets de Talbot.
Le premier après que Malkin eut fait dévier un dégagement de Brad Stuart, et le deuxième, quand un défenseur des Wings n'a pu bloquer un dégagement. Ce qui a mené à une contre-attaque à deux contre un initiée par Talbot. Celui-ci a décidé de tirer au lieu d'effectuer une passe.
Comme le Canadien de 1971
Les Penguins sont seulement la deuxième équipe de l'histoire, après le Canadien de Montréal de 1971, à remporter un septième match à l'étranger après que l'équipe locale eut signé la victoire dans les six premiers affrontements d'une série finale.
Crosby et ses coéquipiers ont d'ailleurs imité le Canadien de cette année-là à plusieurs égards. Avant les Penguins, cette édition-là du Tricolore avait été la dernière à avoir remporté la finale après s'être retrouvée en déficit de 2-0 au début de la série; à avoir remporté la coupe avec un entraîneur recrue embauché en cours de saison (Al MacNeil); et à avoir remporté deux septièmes matchs à l'étranger dans les mêmes éliminatoires.
Fiche parfaite
Au cours de leur histoire, les Penguins n'ont jamais perdu un septième match disputé à l'étranger. Ils ont maintenant une fiche de 5-0 dans de telles circonstances.
Bylsma est devenu le 14e entraîneur-chef recrue à décrocher la coupe Stanley. Il est seulement le deuxième, après MacNeil, à avoir été embauché en cours de saison.
Bylsma, 38 ans, a remplacé Michel Therrien le 15 février dernier.
Talbot de Lemoyne, Marc-André Fleury, de Sorel, Kristopher Letang, de Montréal, Pascal Dupuis, de Laval, Philippe Boucher, de Saint-Apollinaire, et Mathieu Garon, de Chandler, verront tous leur nom être inscrit sur la coupe Stanley. C'est le plus grand nombre de hockeyeurs québécois à obtenir ce privilège depuis que le Canadien de Montréal a remporté ce trophée en 1993.
Quatre vétérans de 750 matche|s ou plus dans la LNH (saison régulière et séries) ont touché à la coupe Stanley pour la toute première fois. Outre Boucher, il y a les défenseurs Sergei Gonchar et Hal Gill, ainsi que l'attaquant Miroslav Satan.
Malkine champion marqueur
Malkine, des Penguins, a signé le doublé des championnats des marqueurs en saison régulière (35-78-113) et en séries (14-22-36) - une première depuis que Mario Lemieux a réalisé l'exploit en 1992.
Il a inscrit le total de points le plus élevé dans les séries depuis 1993, quand Wayne Gretzky avait amassé 40 points (15-25) en 24 matchs avec les Kings de Los Angeles. On lui a décerné un trophée Conn Smythe bien mérité.











