En trois saisons passées en Outaouais, il a amassé 424 points en 197 matches. Il demeure le meilleur compteur de l'histoire des Olympiques. L'ère Luc Robitaille a coïncidé exactement avec le début d'une dynastie qui a rapporté six autres coupes à l'organisation la plus titrée de la LHJMQ. Avant de faire un trait sur sa carrière junior, Robitaille et la troupe de Pat Burns avaient pulvérisé leurs adversaires en 15 matches consécutifs, un record des séries éliminatoires qui tient toujours.
«Lucky Luke» avait pris le premier rang des compteurs avec une récolte de 44 points. Ce n'est pas pour rien que son chandail #15 est maintenant fixé au plafond du Centre Robert-Guertin.
À 20 ans, le Montréalais d'origine a transporté ses succès dans la Ligue nationale (LNH) en marquant 45 buts dès son année recrue chez les Kings de Los Angeles.
Alors que plusieurs jugeaient qu'il «manquait de patin» pour réussir au niveau supérieur, Robitaille a mis la main sur le trophée Calder. Au cours de son illustre carrière de 19 saisons, il aura fait taire ses dénigreurs en atteignant le plateau des 40 buts à huit reprises et celui des 50 buts en trois occasions. Il aura porté les uniformes des Kings, des Penguins de Pittsburgh, des Rangers de New York et des Red Wings de Détroit pour devenir le meilleur franc-tireur évoluant à l'aile gauche de tous les temps. En carrière, il aura fait les délices de nombreux poolers en marquant 668 buts.
Ce soir, Luc Robitaille sera immortalisé à jamais alors qu'il fera son entrée au Temple de la renommée du hockey.
«C'est le plus grand honneur qui peut être décerné à un joueur de hockey. Jamais je n'avais pensé avoir une place au Temple de la renommée. Quand j'étais jeune, je n'y étais jamais allé. On habitait à Montréal et nous n'avions pas assez d'argent pour aller se promener à Toronto. Moi, je voulais juste jouer au hockey. Je ne croyais pas faire carrière au hockey professionnel», a lancé Robitaille à la veille de son intronisation dans le Temple des Grands.
Dans la LNH, Luc Robitaille a accompli des tas de trucs en côtoyant le meilleur joueur de hockey au monde chez les Kings de Los Angeles: Wayne Gretzky. En 1993, sa saison la plus productive avec 63 buts, il avait atteint la finale de la coupe Stanley contre le Canadien de Montréal. Il a remporté la coupe avec les Red Wings en 2002. Mais ce véritable bout en train maintenant âgé de 43 ans assure que son premier match à vie dans la LNH va demeurer son plus haut fait d'armes.
«C'était un accomplissement exceptionnel pour moi. Ce premier match restera gravé dans ma mémoire à jamais. C'était la concrétisation d'un rêve », a souligné celui qui avait été le choix de 9e ronde (171e au total) des Kings en 1984.
Robitaille est tellement fier d'avoir fait carrière dans la meilleure ligue au monde. Lorsqu'on lui demande s'il entre au Temple dans l'uniforme des Kings, des Penguins, des Red Wings ou des Rangers, il répond: «J'entre dans l'uniforme d'un joueur de la LNH.»
Même si le hockey a beaucoup changé depuis le dernier lock-out et que le jeu est dorénavant axé sur la vitesse, Charles Henry croit que Robitaille arriverait encore à se démarquer dans la LNH d'aujourd'hui. «Luc pouvait marquer des buts de toutes les façons imaginables. Son surnom de 'Lucky Luke' lui colle à la peau. Un joueur ordinaire va souvent rater le filet quand son tir dévie sur un patin, mais dans le cas de Luc, cette déviation finissait souvent par entrer!»
Grâce aux Olympiques
Robitaille a connu la gloire dans la LNH, mais jamais il n'oubliera ses racines outaouaises.
«Je ne serais pas rendu où je suis aujourd'hui sans être passé par Hull. J'ai tracé mon chemin vers la Ligue nationale grâce aux Olympiques, à Pat Burns et à Charles Henry. Je leur dois ma carrière», a indiqué celui qui a toujours garder contact avec ses anciens coéquipiers de Hull, dont Guy Rouleau (avant sa mort), Sam Lang, Stéphane Richer, mais surtout Luc Chénier, qu'il avait surnommé «Butterball» parce qu'il trouvait qu'il marchait comme une dinde!
Devenu homme d'affaires et directeur des opérations commerciales chez les Kings de Los Angeles, Robitaille habite toujours en Californie avec son épouse et ses deux fils âgés de 21 et 14 ans. Les deux ne jouent pas au hockey, mais sont dans l'industrie du spectacle. Tout ce beau monde sera à Toronto ce soir pour célébrer le grand moment.
On a beau le surnommer 'Lucky Luke', quand on entre au Temple, la chance n'a rien à voir avec l'ensemble de l'oeuvre.













