«C'est une blessure au haut du corps, commentait laconiquement Daniel Alfredsson tard samedi soir, à la Place Banque Scotia. Je ne pense pas qu'elle soit très grave. Une question de jours, probablement.» Traduction : je serai de retour sur la glace d'ici la fin de la semaine, sans doute, et je ferai fi de la douleur persistante parce que je ne peux abandonner mes coéquipiers à ce stade de la saison.
Le capitaine est fait ainsi.
Le 30 décembre 2005, il avait pris un lancer frappé de Zdeno Chara en plein dans la cage thoracique. Le géant qui revendique le lancer frappé le plus puissant de toute la Ligue nationale de hockey lui avait fêlé quelques côtes. Douze jours plus tard, il effectuait un retour.
Le 3 avril dernier, durant l'avant-dernier match de la saison régulière, il a encaissé une dure et vicieuse mise en échec de Mark Bell, durant un match disputé au Air Canada Centre de Toronto. Onze jours plus tard, il était de retour. Il patinait tout croche, mais il a quand même été un des moins pires joueurs de son équipe, durant sa courte présence en séries.
Il a enfin subi une intervention chirurgicale arthroscopique à un genou, il y a environ deux mois. Ses médecins lui avaient parlé d'une convalescence de plusieurs semaines. Il a finalement raté un seul match.
Cette fois, c'est une mise en échec douteuse de Jere Lehtinen qui l'a envoyé à l'infirmerie, durant la deuxième période du match de samedi. Match remporté 5-4 en prolongation par les Sénateurs contre les Stars de Dallas, soit dit en passant.
Durant une supériorité numérique, Alfredsson s'est retourné face à la rampe afin de s'emparer d'une rondelle libre. L'attaquant finlandais des Stars l'a ciblé. Il a effectué quatre ou cinq bonnes enjambées à pleine vitesse avant de le frapper.
Le capitaine des Sénateurs est resté allongé sur la glace pendant deux longues minutes avant d'être raccompagné au vestiaire par deux coéquipiers.
Lehtinen n'a pas été puni, même si l'incident est survenu devant un juge de lignes.
Deux minutes pour mise en échec illégale contre la rampe auraient été de mise. Sinon, deux minutes pour assaut auraient fait l'affaire.
«Les mises en échec par derrière sont toujours dangereuses. 'Alfie' est notre capitaine et nous ne voudrions certainement pas le perdre pour une période prolongée. Je ne sais vraiment pas pourquoi les officiels n'ont pas sévi. Je leur ai demandé de venir me voir au banc pour m'expliquer et ils ont refusé», a commenté l'entraîneur-chef des Sénateurs, Craig Hartsburg, durant sa conférence de presse d'après-match.
Les coéquipiers d'Alfredsson qui se trouvaient sur la patinoire au moment de l'incident n'ont pas cherché à venger leur capitaine blessé. Lehtinen n'a pas eu trop de problèmes pendant le reste de la partie, non plus.
«La meilleure façon de réagir, quand ce type de situation survient, c'est de terminer le match en jouant de façon robuste et constante, croit Hartsburg. C'est ce que nous avons fait. Ce fut un de nos matches les plus rudes de toute la saison.»
sstlaurent@ledroit.com












