Il est facile d'établir une telle corrélation en consultant les récentes statistiques du flamboyant attaquant russe, qui a été tenu à l'écart de la feuille de pointage lors des six matches présentés depuis la reprise des activités dans la LNH après la pause olympique, une série de rencontre où les siens ont une piètre fiche de 1-4-1.
Avant d'aller s'étendre sur une plage, Kovalev était pourtant « en feu » avec trois buts et quatre passes lors des quatre dernières rencontres avant le congé de deux semaines. Il avait aussi amassé trois buts et huit passes pendant la série de 11 victoires d'affilée d'Ottawa, à la fin janvier et au début février.
Son entraîneur Cory Clouston refuse cependant de voir une relation de cause à effet entre cette léthargie de Kovalev et les ratées de son club.
« Il n'est pas différent du reste de l'équipe, nous avons beaucoup de misère à compter des buts. Ce n'est pas l'affaire d'un seul gars qui en arrache. C'est toujours la même chose, on gagne et on perd en équipe. On pourrait pointer du doigt 10-12 autres gars sur qui on compte pour créer au moins un peu d'attaque, notre offensive est une affaire de comité. Mais dans son cas spécifique, il doit lancer plus souvent au filet et utiliser sa créativité », analysait Clouston hier à son retour à la Place Banque Scotia après un voyage peu fructueux (une victoire, deux défaites) dans l'Ouest canadien.
Pas le seul
Il est vrai que Kovalev n'est pas le seul Sénateur à se chercher depuis deux semaines. Lors de leurs cinq défaites (une en prolongation contre les visiteurs de ce soir, les Maple Leafs), ils n'ont compté que quatre buts. Daniel Alfredsson n'a pas compté (il a cependant six passes), Mike Fisher et Jason Spezza n'ont qu'un but chacun, notamment.
« Je pense qu'on essaie tous de trop en faire, estime Kovalev. Nous devons simplifier notre jeu et, plus important que tout, nous devons croire en ce qu'on fait. On n'a pas de confiance avec la rondelle, on la lance un peu partout sans regarder au lieu de se faire des passes. J'imagine que c'est un peu causé par l'inactivité des Jeux olympiques, on a perdu notre confiance en ne jouant pas pendant un certain temps. Et c'est un sport collectif où tout le monde doit bien jouer ensemble, ce serait plus facile de retrouver notre jeu dans un sport individuel. »
À son entraîneur qui dit qu'il doit lancer plus souvent, lui qui n'a que 10 tirs lors des six dernières rencontres, Kovalev réplique qu'il ne pense pas avoir nécessairement besoin de changer sa façon de faire : « Présentement, c'est difficile de créer de l'attaque parce qu'on passe aussi beaucoup de temps dans notre zone à courir après la rondelle, ce qui est bien plus épuisant que de jouer en offensive avec celle-ci. Avant les Olympiques, nous avions un bien meilleur jeu de transition, on mettait de la pression sur l'adversaire... Ensuite, lancer de partout ne donne rien, ce que ça prend, ce sont des tirs de haute qualité pour arriver à marquer. Lancer de la ligne bleue ou de la rouge, c'est donner la rondelle à l'adversaire », estime-t-il.
Avec Regin et Shannon
Lors de l'entraînement d'hier, Kovalev a retrouvé des compagnons de trio qui ont eux aussi été blanchis depuis le retour au travail, le centre Peter Regin et l'ailier gauche Ryan Shannon. Il avait cependant connu un certain succès à leurs côtés plus tôt cette saison.
« J'espère que nous allons demeurer avec les mêmes trios pour les (13) matches qu'il nous reste, ce n'est pas facile quand il faut se promener de trio en trio, espère le Russe qui a eu 37 ans le 24 février dernier, pendant la pause olympique. Il faut y aller avec ce qui fonctionne et ce qui a marché par le passé. Il faut qu'on retrouve nos moyens bientôt, je sais qu'il ne reste pas des tonnes de parties et que nous avons un certain coussin, mais c'est toujours mieux d'assurer sa place en séries rapidement, au lieu de se battre jusqu'aux derniers matches de la saison pour se tailler une place, comme je l'ai vécu lors des trois dernières années (à Montréal). »
Kovalev a la mémoire un peu courte : il a oublié qu'avec le Canadien en 2007-2008, il n'avait pas vécu ce stress puisque Montréal avait présenté le meilleur dossier de l'association de l'Est. Le Tricolore avait cependant été éliminé au dernier jour de la saison l'année précédente, puis il s'est qualifié in extremis au huitième rang l'an dernier.











