Jean-Michel Ménard et Annie Lemay devraient être fixés sur leur sort d'ici trois mois. Curling Canada tiendra deux tournois de sélection olympique.
Â
Un premier en novembre en Colombie-Britannique où quatre formations masculines et autant chez les femmes accéderont à des essais finaux en décembre à Edmonton.
Ménard est le capitaine de sa propre équipe qui compte une victoire en quatre participations au Brier le championnat canadien masculin de plus qu'un titre de vice-champion du monde. Quant à Lemay, elle occupe le poste de deuxième au sein du redoutable quatuor de Marie-France Larouche, de Québec.
Une situation bien particulière
«C'est assez particulier comme situation. Tu ne retrouves pas ça dans n'importe quelle maison dans le coin, a avoué Ménard en parlant des défis olympiques respectifs de son épouse et lui.
«C'est excitant. Mais en même temps, c'est un sujet dont on ne parle pas vraiment à la maison. Ça ne fait pas partie des conversations à chaque repas.»
Il faut dire que la paire âgée dans la jeune trentaine se retrouve avec les mains pleines à la veille de la nouvelle saison qui se met en branle aujourd'hui à Brockville, site de la Classique Shorty Jenkins. La petite Marie-Soleil a vu le jour il y a deux semaines.
La fillette est le premier enfant de ces deux tourtereaux qui ont fait la connaissance, vous l'avez deviné, sur une surface glacée.
«C'était le tournoi de la rentrée de Boucherville, le 31août 1996», s'est rappelé Jean-Michel Ménard.
Les deux ont grandi dans des familles qui carburent au curling. Et au fil de leur carrière, ils ont gagné leur lot de compétitions nationales.
Mais là , se qualifier en vue des Jeux olympiques, c'est une autre paire de manches. Autant le quatuor de Ménard et celui dont fait partie Lemay devront se farcir des gros noms du curling canadien à plusieurs reprises. Certaines équipes, surtout celles dans l'Ouest canadien, ont décidé de mettre tous leurs oeufs dans le même panier.
«Il y a des joueurs qui ont abandonné leurs emplois, d'autres ont pris une année sabbatique afin de se concentrer sur les qualifications et jouer le plus grand nombre de tournois possibles», a fait remarquer Ménard, qui n'a pas emprunté cette voie. Il continue à se présenter à son bureau de fonctionnaire chaque matin.
Même philosophie
En fait, c'est la même philosophie que lors des saisons précédentes.
«Nous n'avons jamais été le genre d'équipe qui joue tous les week-ends. Nous avons toujours essayé de nous donner un horaire équilibré. Nous ne voulons pas nous brûler. Tout le monde a un travail.»
Et certains ont maintenant une famille.
Dans le cas de Lemay, elle reprendra officiellement l'action dans trois semaines lors d'un tournoi au club de la GRC, à Ottawa. En fin de semaine, c'est une autre Gatinoise, Chantal Osborne, qui la remplacera aux côtés de Larouche, Nancy Bélanger et de l'Aylmerois Joëlle Sabourin, qui lance les pierres de première.
«Je suis allée glisser et lancer quelques pierres en début de semaine», a noté Lemay. Elle n'est pas inquiète à la suite de son récent accouchement. La forme reviendra rapidement.
Une bonne idée du défi à relever
De toute façon, elle a déjà une petite idée du défi qui l'attendra en novembre. Ce n'est pas la première fois que Larouche, Bélanger et elle se retrouvent dans la course pour représenter le Canada aux Jeux.
«En 2001 puis en 2004, nous avions connu très peu de succès», s'est-elle souvenue.
«J'espère que ça ira mieux cette fois-ci. Notre préparation est meilleure. Nous nous connaissons mieux. Et une fille comme Joëlle a amené beaucoup de maturité à notre équipe.»
Mais il y a aussi les performances sur la glace qui sont meilleures.
«Nous avons eu un beau parcours l'an dernier. Nous avons trouvé des façons de gagner, ce qui n'était pas le cas dans le passé. Nous avons aussi raffiné notre jeu.»
Â


















