Mélanie Robillard avait fait jaser en 2005 en acceptant de poser en petite tenue dans un calendrier visant à mousser son sport tout en finançant les activités de son quatuor. Cette fois-ci, elle est devenue la première athlète de la région à assurer sa participation aux Jeux olympiques, l'hiver prochain, à Vancouver.
Robillard, 26 ans, défendra toutefois les couleurs de l'Allemagne, et non celle du Canada. Elle a aidé ce pays à se qualifier en vue des Jeux, il y a trois semaines, lors des championnats du monde à Gangneung, en Corée du Sud. L'équipe dont elle fait partie a terminé sixième.
Une situation assez incroyable
«C'est assez incroyable ce qui arrive. Je ne pensais jamais pouvoir me rendre jusque-là un jour», a-t-elle avoué, hier matin, lors d'un entretien téléphonique.
Robillard se trouvait à Bruxelles, en Belgique, où elle habite depuis cinq ans. Elle avait décidé de suivre sa famille en Europe.
Son père Jean, un ancien joueur de curling sur la scène nationale, venait d'accepter de quitter la Gendarmerie royale du Canada (GRC) afin de se joindre à l'OTAN. Là-bas, elle a étudié en criminologie tout en continuant à jouer au curling.
Puis, il y a deux ans, une des vedettes de cette discipline en Allemagne, la skip Andrea Schopp, lui a fait signe. Elle voulait la recruter en tant que deuxième au sein de son quatuor.
«Elle (Schopp) avait entendu parler de moi. J'avais déjà participé à plusieurs camps d'été de curling. Elle se cherchait une joueuse et elle savait que j'avais déjà joué à un certain niveau au Canada.»
Robillard a participé à deux reprises au championnat provincial junior de l'Ontario, atteignant la finale en tant que première du quatuor de Jenn Hanna en 2000. Puis deux ans plus tard, elle était la capitaine de sa propre équipe.
«C'est très très difficile d'obtenir cette chance (de participer aux Jeux). Je n'aurais pu l'obtenir aussi rapidement en demeurant au Canada, a dit l'ancienne étudiante du Lycée Claudel, à Ottawa. En déménageant en Europe, des portes se sont ouvertes en ma faveur.»
Le fait que sa mère est d'origine allemande a aussi aidé.
Le succès est venu rapidement
Robillard a goûté aux succès assez rapidement dans son nouvel environnement. Elle a participé au championnat du monde une première fois l'an dernier. Elle a aussi obtenu une médaille d'or au championnat européen mixte en tant que première du quatuor victorieux.
C'est son père qui l'a initiée au curling dans la capitale nationale. Il en a fait de même avec son frère Sébastien, un skip qui demeure maintenant à Montréal.
«Nous allions à l'école le samedi afin d'apprendre l'allemand. Le dimanche, il fallait trouver un sport à pratiquer, s'est souvenu Robillard, qui a disputé son premier match à l'âge de sept ans au club de la GRC.
Là-bas, elle a côtoyé notamment deux jeunes qui se retrouvent aussi parmi l'élite mondiale.
Dawn Askin est maintenant la première au sein du quatuor numéro un au Canada, celui de la skip Jennifer Jones. Puis il y a John Morris, troisième du quatuor de Kevin Martin, vice-champion du monde.
Robillard pourrait retrouver ses deux anciennes connaissances aux Jeux. En prime, elle aura la chance de remettre les pieds au Canada.
«Je ne me rends pas encore compte de ce qui s'est passé, que je me suis qualifiée», a-t-elle répété.
Son coeur demeure encore attachée à son pays natal. Elle aime se placer devant un écran d'ordinateur et suivre le Brier et le Tournoi des coeurs en direct sur le web.
Elle a déjà noté une différence entre les styles de jeu canadien et européen.
«Au Canada, c'est un peu plus agressif. Il y a plus de pierres en jeu.»












