Il s'agit d'une lourde perte pour la formation qui misait sur cet homme pour faire le plein de jeunes joueurs au Québec. Il venait justement de recruter un receveur vedette des rangs collégiaux AA à Lévis-Lauzon, Renaud Labrecque, qui était sollicité par cinq autres universités.
Piché, 43 ans, tenait à accroître le temps de qualité auprès de sa femme et deux jeunes filles âgées de six et neuf ans. « Il arrive un moment dans ta vie où tu te poses des questions, que tu réalises que le temps passe vite, que tu vieillis, a expliqué le père de famille au sujet de sa démission.
« Tu fais 3500 heures par année. C'est sans compter les appels de joueurs en soirée que tu reçois chez vous, ceux des anciens et les crises à gérer. Tu as de bonnes raisons de faire ce travail. Les résultats sont intéressants. Mais à un moment, la vie t'envoie parfois certaines opportunités. Tu dis ok. C'est peut-être le temps de passer à autre chose. »
Piché n'a pas voulu élaborer sur le nouveau défi professionnel qui l'attend. Dans le passé, il a refusé plusieurs offres d'universités rivales qui tentaient de le déraciner.
Sa démission a surpris un peu tout le monde sur la scène du sport universitaire canadien.
L'homme originaire de Montréal avait le logo du cheval rouge des Gee Gees tatoué sur la poitrine. D'abord un receveur pendant quatre saisons à la fin des années 1990, il a ensuite été entraîneur adjoint dès 1994, quittant en 2001 pour ensuite prendre les commandes en 2002.
À son arrivée en tant qu'entraîneur-chef, l'équipe n'était plus l'ombre de la puissance qui avait remporté la coupe Vanier deux ans auparavant. Le recrutement faisait défaut. Le financement aussi. Piché a réussi à attirer des vedettes, à redorer l'image des Gee Gees, qui ont atteint la demi-finale nationale en 2006. Cette année-là, il a été nommé entraîneur-chef de l'année dans les rangs universitaires canadiens.
La saison suivante, l'Université d'Ottawa a signé une saison parfaite, remportant ses huit matches en saison régulière.
« Un grand vide »
« Ce départ va laisser un grand vide, a reconnu le directeur du service des sports de l'Université d'Ottawa, Luc Gélineau. C'est sûr, je suis déçu. Denis excellait à recruter dans toutes les provinces. Il a conservé une très bonne fiche (44 victoires et 20 défaites) et il a donné une belle visibilité au programme. Mais quand tu regardes les heures que tu dois mettre dans ce travail, je comprends entièrement sa décision. »
Ailleurs au pays, certaines équipes universitaires peuvent miser sur quatre ou cinq entraîneurs à temps plein. À l'Université d'Ottawa, deux anciens joueurs se partageaient un poste à plein-temps pour seconder Piché, qui devait assurer les suivis académiques, la quête de financement et le recrutement.
Un de ses adjoints devrait lui succéder sur une base intérimaire en vue de la saison 2010. Une annonce est prévue la semaine prochaine.
Une recherche sur la scène nationale sera effectuée jusqu'à l'automne pour dénicher un nouvel entraîneur-chef qui prendrait la relève l'année suivante.










