Une impression d'oeuvre inachevée

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Une impression d\'oeuvre inachevée

Agrandir

Le chef Derek Benitz a lancé l'an dernier b/Side Wine & Small Plates dans la maison voisine de son Benitz Bistro, rue Somerset.

Patrick Woodbury, Le Droit

Pierre Jury
Le Droit

b/Side Wine & Small Plates,

327, rue Somerset ouest,

Ottawa, ON.

613-567-8100

 

www.bsidewine.com

Cote Jury 14/20

En ouvrant b/Side Wine & Small Plates, Derek Benitz a suivi la vague des chefs-restaurateurs qui dirigent plus d'un établissement en se réclamant d'un certain don d'ubiquité. Ils ciblent leurs restos en fonction de clientèles précises, plus ou moins haut de gamme, de lieux géographiques différents (dans la même ville, parfois pas).

Le chef Benitz a établi sa valeur en ouvrant en 2007 son éponyme Benitz Bistro (Cote Jury 17/20, septembre 2007). Il avait démontré là qu'il avait du talent et de l'imagination en cuisine. Et avec son épouse et partenaire Megan McManus, qu'ils avaient l'oeil pour créer un bel endroit. Ils ont récidivé l'an dernier en lançant b/Side Wine & Small Plates dans la maison voisine de Benitz Bistro, rue Somerset.

Le nom se veut un jeu de mots à deux niveaux: l'emplacement «à côté» du Bistro, et l'offre d'un menu dégustation composé de petites assiettes, parfois appelées sides par les anglophones. Ce type de menu s'inscrit dans la lignée d'autres établissements d'Ottawa comme Play Food & Wine (Cote Jury 15,5/20, mai 2009) et autres Must Tapas & Wine Bar (Cote Jury 14/20, mai 2009).

Avec b/side, le pari est relevé au plan du design. Alors que Benitz Bistro mettait le blanc à l'avant-scène (murs, nappes, mobilier, éclairage), b/side joue à l'inverse sur le noir. C'est beau, moderne. L'utilisation de genre de rideaux ajourés autour de la terrasse sur la rue fait en sorte que l'on repère b/side de loin.

Le menu propose une quinzaine de petits plats pour 6 à 10$, quelques fromages et cinq plats plus généreux, surtout des pâtes (14$). Le tout se classerait dans ce que l'on peut appeler la «nouvelle cuisine canadienne» avec l'utilisation régulière de produits locaux, de techniques classiques et de quelques influences qui se veulent internationales et que l'on peut associer à nos vagues d'immigration. Ainsi, on retrouve une touche indienne avec des calmars au tandoori et d'une trempette au curry pour des crevettes, satay de boeuf d'inspiration thaïe, pâtes italiennes, fromages du Québec, olives du pourtour méditerranéen (Maroc, Italie, Grèce),etc. Tout cela pourrait paraître confus, mais ne l'est pas. Ce chef sait où il va. Mais il y a des bémols à tous les moments de la sortie ce qui laisse sur une impression d'oeuvre inachevée, en deçà de ce que le chef Benitz sait offrir.

En appétit

Le service manque de fini. Le personnel est jeune et paraît hésitant (alors qu'à côté, l'oeil de MmeMcManus veille sur tout). Il aurait dû aviser que les plats choisis ne satisferaient pas les appétits et que nous aurions fait mieux d'en commander un ou deux de plus.

Sans compter qu'il a fallu acheter le pain. Quand on s'étonne de l'absence de pain comme est la coutume au restaurant, le personne invite à essayer les pains plats du menu, à un coût de 6$. Ils sont délicieux, certes, mais la présence de trois «trempettes» sans grand intérêt ne peut justifier le prix.

Les crevettes «popcorn» (10$) sont servies en friture, pas trop grasses. Mais ce ne sont vraiment que des morceaux de crevettes que l'on grignote comme des noix. Les galettes de crabe (10$) n'ont rien de spécial. Et le satay de boeuf (9$) se mange en trois bouchées. Les crostinis aux champignons (8$) sont chers pour ce que c'est: quatre ou cinq morceaux de pain sec garnis de champignons ordinaires taillés finement. La terrine d'omble de l'Arctique (8$), par contre, est bien réussie.

Mais tout ça donne l'impression de grignotises que l'on dégusterait négligemment en prenant un verre. Cela ne donne pas un repas complet. Pourtant, ce n'est pas la faute à la formule. Chez Play, notamment, deux plats-dégustation formaient un repas, et il faut un bon appétit pour en finir trois. Pourquoi cela ne se fait-il pas ici?

Pour se rassasier, il faut se tourner vers la soupe. Au coeur de l'été, ce jour-là, la soupe de concombre et de yogourt (6$) arrive froide, comme il se doit. Légère, avec ses saveurs douces et bien équilibrées.

Puis, il faut poursuivre avec les plats plus consistants, comme les pâtes ou un plat de viande, une picatta de porc (18$) généreuse avec une grosse pomme de terre Yukon Gold et ses légumes.

À l'heure des douceurs, trois propositions et une glace. La crème brûlée (7$) calmera la dent sucrée, mais n'a rien d'une grande spécialité de la maison.

Pour deux personnes, prévoyez entre 60 et 70$, plus consommations, taxes et service.

 RÉSULTATS

Cuisine: 7/10

Service: 4/6

Décor: 3/4

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer