Fusion et confusion autour des îles

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Le Cafe Savana, rue Gilmour à Ottawa. L'endroit... (Martin Roy, Le Droit)

Agrandir

Le Cafe Savana, rue Gilmour à Ottawa. L'endroit détonne, dans un coin austère du centre-ville, et le menu n'est pas sans intérêt, mais trop cher pour ce qu'il offre.

Martin Roy, Le Droit

Pierre Jury
Le Droit

Cafe Savana,

431, rue Gilmour,

Ottawa

613-233-9159.

 

www.savanacafe.com

Cote Jury 14/20

Il y a de ces endroits que certains aiment et qui laissent d'autres, soyons gentils, indifférents. Savana Cafe allait être une découverte, même après plus de 20 années passées dans le paysage culinaire d'Ottawa. Vingt ans à offrir à une certaine clientèle qui lui est fidèle une cuisine baptisée «caribéenne éclectique», ou «fusion tropicale». Ce qui donne à Savana Cafe la permission d'offrir un peu n'importe quoi... tant que ça vient de l'hémisphère sud.

C'est ainsi que l'on retrouve côte à côte sur ce menu des nouilles thaïlandaises, une soupe kalaloo de Trinidad, du steak très nord-américain et un ceviche péruvien! C'est exactement pourquoi les critiques de la cuisine fusion font toujours le jeu de mot facile: fusion, confusion...

Chez Savana, ça va dans bien des directions en même temps. Le bon côté des choses, c'est que de façon générale, les plats sont bien faits et plein de saveurs. Peut-être même trop de saveurs. Un peu cher aussi, mais nos papilles ne s'ennuient pas. Nos yeux non plus, à tout absorber ce que les murs offrent au regard. Des couleurs vivantes, plein de petits et grands tableaux représentant chacun, qui sait, un souvenir de voyage, une idée des îles du sud, une image typique. Un peu étonnant comme paysage visuel dans ce coin du centre-ville - on est à quelques pas de la rue Bank, tout de même - où les édifices en hauteur sans cachet côtoient des maisons victoriennes qui ont été converties pour abriter des bureaux, ou un restaurant comme Savana Cafe. Mais disons que le passage du temps a laissé sa marque. Un brin de couleur pour rafraîchir quelques coins de la salle à manger, et les toilettes tout particulièrement, ferait grand bien.

Savana Cafe a célébré récemment l'arrivée d'un nouveau chef, Michael Radford, transfuge de l'excellent E18hteen où il agissait comme sous-chef à Matthew Carmichael, doublement primé chef de 2009 lors du récent concours Des chefs en or (Gold Medal Plates) et des Epicurean Awards.

Beaucoup de saveurs

En entrée, les croquettes de morue frites («salt fish an ackee», 12$) sont exceptionnelles. Trop souvent, les croquettes ne sont qu'une excuse pour passer divers restants de poisson que l'on hache, assaisonne et lance dans l'huile brûlante. Ce n'est pas le cas ici. Chaque bouchée est tout en finesse et le bain en friture n'a laissé aucun gras résiduel. La seule tristesse, c'est qu'il n'y a que quatre croquettes et vous avez beau les tailler en deux, ça ne fait que huit bouchées que l'on trempe délicatement dans la purée de ce légume caribéen qu'est l'ackee, et le délicat aïoli qui vient avec.

Si tout était aussi bien, on en oublierait la note, mais ce n'est pas le cas.

Le pad thaï (12$) de Savana Cafe est vanté par plusieurs, au point qu'ils laissent croire qu'on le fait mieux ici que dans tous les restaurants thaïs en ville. Ces nouilles ne sont pas mauvaises mais n'ont rien d'exceptionnel. Passons.

Un hambourgeois aux épices du sud (13$) est goûteux, certes, mais mélange trop de saveurs pour qu'on les distingue nettement. Un fromage à la crème aux épinards et au jalapeno? Une sauce au poivre aux odeurs de la Barbade? Le tout se confond dans un mélange confus. C'est un bon hamburger, oui, le reste se perd dans la bouche. Quant aux frites doubles, elles mélangent pommes de terre blanches, probablement des russet, et pommes de terre sucrées. Ce sont de bonnes frites maison, oui, mais on n'a pas inventé là le bouton à quatre trous!

Un autre plat goûté est resté sans autre souvenir, quelques jours plus tard, que de bonnes pommes de terre, des rattes, sous un mélange trop peu généreux pour le prix qu'on en demandait.

Des indices donnent l'impression qu'il faudrait revenir en soirée pour apprécier des plats plus élaborés. Mais le «roti» caribéen est-il élaboré? Pas du tout. Une crêpe épaisse dans laquelle on met des pommes de terre et du poulet en sauce, le «roti» est le shawarma des îles. Là, il se vend 5$ aux coins des rues. Il faut vraiment être nostalgiques pour le payer 19$, comme le propose Savana Café, même avec des bananes plantain frites et quelques légumes verts.

Au temps des douceurs, le brownie au chocolat noir Lindt (7$) satisfera les plus chocophiles. Pas de grande finesse ici, mais une explosion de chocolat. Quant à la crème brûlée au chocolat blanc (7$), elle ne sourira qu'aux plus affamés: le miroir est épais, le mélange est chaud au dessus et froid en dessous, la texture trop épaisse. Et les saveurs annoncées de citronnelle et de gingembre? Imperceptibles. Ce qui rappelle qu'il faut mieux offrir moins et le réussir, que de tenter plus et le rater.

En terminant, le menu et le service ne sont qu'en anglais.

Pour deux personnes, prévoyez entre 45 et 55$, plus consommations, taxes et service.

Précision

Dans la critique de Lyna Le Sushi, la semaine dernière, j'ai écrit que le thon n'était pas au menu. C'est faux et plusieurs lecteurs me l'ont noté. Quant aux sashimis, il y en a bel et bien, cachés dans une liste de makis. Mes excuses.

RÉSULTATS

Cuisine : 7,5/10

Service : 4/6

Décor : 2,5/4

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer