895, rue Jacques-Cartier,
Gatineau, Qc.
www.nochemaya.com
Cote Jury 14/20
Les nuits du peuple maya ne devaient pas être aussi calmes que celles qui se coulent chez Noche Maya, ces semaines-ci. Un peu isolé sur la rue Jacques-Cartier, à Gatineau, temporairement sans permis d'alcool (pour des raisons administratives qui seront corrigées d'ici quelques jours), le dernier-né des restaurants mexicains de la région est bien tranquille.
Trop tranquille, même. Quelques clients de plus ne feraient pas de tort; ils mettraient de l'ambiance et donneraient une chance à la petite équipe du Noche Maya qui mérite sa chance. Elle veut bien faire et ce qui sort de la cuisine témoigne, ma foi, d'un effort louable d'offrir des plats typiquement mexicains que l'on ne trouve pas dans les établissements tex-mex qui ont la cote. On parle ici des Mexicali Rosa's (Cote Jury 12/20, juillet 2006) et autres Lone Star Cafe (Cote Jury 14/20, septembre 2001).
Noche Maya vient plutôt rejoindre une courte liste qui comprend, du côté d'Ottawa, Ahora (Cote Jury 13,5/20, septembre 2004) et en forçant un peu, Agave Grill (Cote Jury 14/20, mars 2009). Bref, il est difficile d'apprécier les frijoles, le nopal et le chile relleno sans chercher un peu.
À Gatineau, Noche Maya tente ainsi de défricher des sentiers peu battus. Et il le fait dans une petite maison de la Pointe-Gatineau qui a déjà vu quelques restaurants naître et mourir dans le passé.
Sous la voix douce de Luis Amaya qui enfile les grands succès hispanophones et américains à la basse (du mercredi au dimanche soir), on explique gentiment le menu pour les clients qui ne sont pas familiers avec certains des plats offerts.
Friture et mole
Les Mexicains sont friands de friture: ça se voit tout de suite avec les flautas de frijoles (6,95$), version locale des roulés impériaux asiatiques, mais fourrés de haricots noirs. Et au lieu de la sauce aux prunes, on trempe dans une salsa rossa (sauce rouge) tomatée et pas trop piquante. Si vous désirez plus fort, il faut demander la salsa verde, pour les gens avertis. En cuisine, on porte attention aux détails, à l'apparence de l'assiette. Ça rend les flautas intéressants et différents, à défaut d'être d'un grand intérêt culinaire. Essayez-le par vous-même pour vous faire votre propre idée.
Les Mexicains sont aussi des cracks des mole, des sauces élaborées dont la plus populaire est le mole poblano, à base de chocolat. Habituellement servi sur du poulet, comme le propose Noche Maya avec son pollo con mole (19,95$). Le chocolat donne la couleur à cette sauce riche, mais elle n'est nullement sucrée, comme nos idées préconçues nous feraient croire. On utilise du chocolat noir, des piments, des épices, des noix,etc. Il y a autant de recettes de mole que de familles au Mexique. Le résultat? Disons que c'est un goût pas mauvais, un goût qui s'acquiert, mais qui sera moins difficile à s'habituer que le kimchi des Coréens.
Pour les moins aventuriers, les crevettes tomatées (camarones a la diabla, 19,95$) ne désarçonneront pas. Elles plairont à tous les palais. Mais il n'y en a que six, et pas trop grosses, et l'appétit sera calmé par la généreuse portion de riz en accompagnement.
Il faut un peu de cran pour commander le steak maya (26,95$), surtout que nous sommes à quelques pas de la grilladerie Sterling (Cote Jury 17/20, avril 2008), un des grands spécialistes des steaks dans la région. Mais ce steak maya n'a rien à envier à ceux du Sterling: une généreuse portion de boeuf d'une tendreté exemplaire, servi à point, et relevé d'une petite sauce de piments séchés. Ou pour faire différent, à goûter avec l'excellente guacamole maison, cette riche pâte d'avocats bien mûrs, additionnés d'oignons, de tomates, de citron et d'autres épices. Une assiette succulente qui fait oublier son prix en apparence élevé, mais tout à fait justifié. Chez Sterling, vous paierez 5 ou 10$ de plus pour une aussi belle pièce de viande.
Bon d'accord, le décor n'est pas le même. Au faste douillet du Sterling, Noche Maya répond par une salle à manger qui n'a que des murs gaiement colorés et quelques décorations mexicaines pour s'égayer.
Parlant prix, ceux de Noche Maya semblent un peu élevés. On s'attendrait à payer 4 ou 5$ de moins l'assiette, du moins si l'on veut attirer une clientèle. Est-ce ce qui explique les soirées tranquilles de Noche Maya, alors que le mot aurait dû courir depuis l'ouverture, en avril dernier?
Les desserts de Noche Maya sont tous faits maison. Il y a le traditionnel flan, ou crème caramel. On s'amusera davantage avec le gâteau aux trois laits (tres leche, 5,95$), riche et dense à souhait.
Pour deux personnes, prévoyez entre 45 et 55$, plus consommations, taxes et service.











