Mais les Viets ne mangent pas que de la soupe pho. Ils ont aussi un sandwich qui se mange sur le pouce, le «bánh mí». Le nom serait une forme modifiée de «pain de mie», un des héritages qu'auraient laissés les Français pendant leur occupation de l'Indochine (ancien territoire qui regroupait le Laos, le Vietnam et le Cambodge) jusqu'au début des années 1950. Les Vietnamiens ayant essaimé un peu partout, notamment en Amérique du nord, ils ont amené avec eux leurs sandwiches que nous appelons «sous-marins». Aux États-Unis, ils ont pris divers noms: «Saigon Sub», «Vietnamese Sub», «Vietnamese Po'Boy», «Vietnamese Hoagie»,etc. À New York, c'est la nouvelle rage et les «foodies» se ruent notamment chez Baoguette.
Pas trop déroutant comme sandwich: un pain blanc croûté et des charcuteries, auquel les Vietnamiens ont ajouté des ingrédients qu'ils apprécient, comme des carottes et autres légumes marinés, et de la coriandre qui donne une fraîcheur et une saveur toute particulière en bouche.
Co Cham Submarine existe depuis un peu plus de 10 ans sur la rue Somerset, et depuis trois ans à sa nouvelle adresse. Il prospérait dans une relative obscurité jusqu'à ce que la vague des bánh mí ne frappe la capitale.
À 2,25$ le sandwich, pas étonnant que l'on s'intéresse au bánh mí. Chez Co Cham, les charcuteries s'inspirent de bien d'autres de facture industrielle. Les plus audacieux tenteront le bánh mí aux sardines. Les légumes sont frais. Mais comme c'est le pain qui fait le sandwich, ce petit pain croûté n'a rien d'époustouflant. L'ensemble n'est pas mauvais mais c'est de toute évidence le prix qui attire la clientèle.
L'affiche dit «Submarine» mais ce sont les soupes pho et ses variantes, finalement, qui séduisent davantage.
Là comme dans bien des restaurants chinois où l'on commande par numéro, le dîneur expérimenté y va un peu à tâtons. Il y a bien une liste des ingrédients mais ça n'indique pas vraiment au néophyte ce que l'ensemble goûtera. La soupe # 42 (7,50$), recommandée comme étant une des plus populaires, ne décevra pas. Plus de viande que jamais constaté dans une pho à Ottawa, et un excellent bouillon de boeuf. Les fèves germées et le basilic thaï sont d'une extrême fraîcheur. Alors qu'on peut d'habitude choisir la taille de la portion, pas chez Co Cham: c'est toujours grand et c'est si généreux qu'on finira à peine la moitié. Hautement recommandé pour les gros appétits, à condition de ne pas se laisser tenter par des entrées comme de très bons roulés frais garnis de porc (2.95 $) ou de crevettes (3,25$). On aura savouré de meilleures sauces aux arachides ailleurs, toutefois.
Au dessert, la gentille serveuse (qui s'excuse de ne pas avoir appris le français de ses parents vietnamiens) propose une sucrerie à base de riz sucré et de fèves à oeil noir (2,25$). Ceux qui aiment les desserts du genre tapioca seront séduits.
Si la décoration de certains restaurants asiatiques laisse souvent à désirer, ce n'est pas le cas chez Co Cham. C'est petit à peine une vingtaine de places mais les jolies tables chinoises et le souci de décoration rendent l'endroit accueillant. Et donnent un air de propreté.
Pour deux personnes, prévoyez entre 15 et 25$, plus consommations, taxes et service.
Co Cham Submarine
780, rue Somerset ouest
Ottawa, Ontario
613-567-6050
Cote Jury : 14,5/20
RÉSULTATS
Cuisine : 7,5/10
Service : 4,5/6
Décor : 2,5/4











