Pelican Fishery & Grill,
1500, rue Bank,
Ottawa
613-526-5229
www.pelicanfisheryandgrill.com
Cote Jury 12,5/20
Est-ce le temps qui a usé les bonnes habitudes, ou le confort d'une clientèle stable et peu exigeante? En un mot, cela a baissé d'un cran et l'expérience positive n'est plus qu'ordinaire. Si vous êtes dans ce coin de la rue Bank, près du quartier Alta Vista, c'est toujours mieux que les comptoirs de restauration rapide des environs, mais pour l'exploration des merveilleux produits de la mer, le dîneur sera rapidement las de ce menu qui manque tristement d'inspiration.
On croirait qu'un restaurant de poissons, compte tenu de ses liens avec les fournisseurs et son expertise en cuisine, s'arrangerait pour faire profiter sa clientèle de ses découvertes. Ce n'est certainement pas le cas ici. Et c'est bien triste.
La cuisine propose 10 entrées et autant de plats principaux. Tous ramènent dans des lieux communs. Les grandes assiettes mettent de l'avant du saumon, du flétan, de la truite: voilà pour les poissons. Des crevettes, des pétoncles, des moules et du homard: voilà pour le reste. La plus attirante offrande est la bouillabaisse (24$), généreuse et goûteuse. Évidemment, ce n'est pas ce qu'on trouvait sur les quais de Marseille où la recette a été concoctée un peu par hasard par les pêcheurs affamés qui faisaient cuire dans un gros bouillon les prises de la journée qu'ils n'avaient pas réussi à vendre, comme les rascasses. Pas de ça dans ce bouillon, ni crabes, ni écorce d'orange non plus - des éléments considérés essentiels par les puristes. Le résultat diffère donc de la tradition; on a simplement gardé l'idée de cuire des poissons et des crustacés dans un bouillon safrané. Pour faire chic, Pelican Grill ajoute un demi-homard. L'ensemble est assurément ce qu'il y a de plus intéressant dans ce petit resto qui partage un petit local voisin d'un marché Farm Boy, dans un centre commercial anodin. Dîneurs et clients de la poissonnerie entrent par la même porte; un muret à mi-hauteur sépare la salle à manger de l'espace de vente. La division des lieux est assez réussie car, des tables, on ne voit ni n'entend les clients.
Des entrées... et rien d'autre
Les murs sont sympathiquement décorés de photos géantes d'employés avec des poissons et autres fruits de mer. Le caractère tout simple des lieux est rehaussé par l'accueil familier du personnel où le français semble langue assez étrangère. Le menu arrive sur une feuille mal photocopiée, unilingue lui aussi. Les francophones ne se sentiront pas rejetés, mais pas très bienvenus non plus.
Le pain est de facture industrielle, les serviettes en papier: assez spartiate comme environnement.
Outre la bouillabaisse, la proposition la plus amusante est la poutine au homard, en entrée (8$). À remarquer le prix raisonnable: des restos branchés d'Ottawa exigent facilement 8$ pour une portion de frites. Ici, c'est une poutine assez bien faite, garnie d'une chair très noble. Étonnamment, cette modestie dans les prix ne se constate pas dans les plats principaux qui sont tous 2 ou 3$ plus cher que ce que l'on s'attendrait de payer. Un fish & chips de haddock à 14$? Des pétoncles de Digby en sauce à 25$? Surtout que bien des produits de la mer qui sont utilisés en cuisine sortent directement du congélateur; à ce prix, les dîneurs d'Ottawa n'ont-ils pas droit à du frais?
La solution? Faites comme les Espagnols dans leurs bars à tapas: commandez deux ou trois entrées, et laissez faire le menu principal. N'hésitez pas devant les croquettes de crabe (crab cakes, 7$), une manière d'apprêter les restes d'appétissante façon, ou la bisque de homard (5 ou 8$): elle est bien plus liquide que crémeuse mais la saveur du crustacé est nette.
Pour deux personnes, prévoir entre 45 et 55$, plus consommations, taxes et service.
Résultats
CUISINE: 6,5/10
SERVICE: 3,5/6
DÉCOR: 2,5/4











