Pour le président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Stéphane Lemaire, ce phénomène est entre autres attribuable au problème de la surpopulation des prisons.
Il ajoute que la popularité des médicaments sur le marché noir en milieu carcéral y est aussi pour quelque chose.
«Tout le monde va voir le médecin. Même s'ils ne sont pas malades, ils se trouvent des maladies parce qu'il faut qu'ils se fassent prescrire des médicaments. C'est un commerce illicite en détention», mentionne-t-il.
Comme ils ne savent pas où donner de la tête en raison du surplus de détenus et des fréquents transferts entre les différents centres, il est difficile pour les agents de la paix et les membres du personnel médical de démasquer ceux qui jouent les malades.
«On a souvent affaire à de bons manipulateurs. Il a cependant une collaboration avec le service de santé. On peut donc cibler les acteurs, mais lorsqu'un gars est transféré d'ailleurs, on ne le connaît pas. On ne connaît plus notre clientèle. C'est un gros problème», déplore-t-il.
Sans pointer personne du doigt, le dirigeant syndical considère que la façon dont le personnel médical et les médecins des prisons effectuent le triage et prescrivent les médicaments laisse peut-être à désirer.
«Certains maux demanderaient des analyses plus dispendieuses. C'est peut-être plus simple des fois de prescrire les médicaments. Mais je ne pointe personne. C'est difficile de travailler dans un contexte carcéral. Il y a de la pression, de la manipulation et ça peut être impressionnant», précise-t-il.
L'augmentation depuis quelques années du nombre de criminels souffrant de problèmes psychiatriques entre aussi en ligne de compte.
«Avec le phénomène de la désinstitutionnalisation dans les hôpitaux psychiatriques, bon nombre d'individus se retrouvent dans le milieu correctionnel. Ce sont souvent des individus désorganisés. Et un gars qui arrive et qui voit des martiens, c'est certain qu'il doit aller voir l'infirmière. Nos secteurs débordent de ces gens-là», dit-il.









