Cette résidence du 6e Rang Est, dans le secteur Pointe-du-Lac, a été perquisitionnée par les policiers de la Sûreté du Québec. Elle appartiendrait à Normand Ouimet dit «Casper», un membre en règle des Hells Angels de Trois-Rivières.
Photo: Stéphane Lessard
Les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont aussi perquisitionné, hier, chez Guay Inc., à Anjou, l'une des plus grandes compagnies de grues au monde, qui se classe au premier rang au Canada. Guay Inc. a connu une ascension formidable depuis sa création en 1964, jusqu'à se hisser au 15e rang mondial. La compagnie a progressé grâce à la qualité de son travail, mais aussi en achetant des compétiteurs. Une de ces transactions l'a mise en contact avec le Fonds de solidarité de la FTQ, où la SQ a aussi perquisitionné hier. (La Presse)
Photo: La Presse
Le Fonds de solidarité de la FTQ a aussi eu la visite des enquêteurs de la police, de «l'escouade de la criminalité fiscale organisée», qui étaient déjà passés, il y a deux semaines, au siège social de la FTQ-Construction.
«S'ils peuvent nettoyer notre industrie, on va être bien contents!» a lancé spontanément hier matin Yves Mercure, nouveau président de la FTQ-Construction que La Presse venait d'informer de la série de perquisitions alors en cours.
Plus tard, M. Mercure a confirmé qu'il y a deux semaines, la police était aussi passée à la FTQ-Construction pour chercher les «états financiers des deux dernières années».
Hier la SQ a frappé à Montréal, Laval, Repentigny, Boisbriand, Terrebonne, ainsi qu'à Trois-Rivières.
La porte-parole de la SQ, Martine Isabelle, a confirmé hier que la police était à la recherche de preuves pour étayer une large enquête sur un réseau de «blanchiment d'argent» dans le secteur de la construction.
La Presse a révélé début mars l'existence de cette enquête amorcée il y a deux ans, une investigation sans lien avec les comptes de dépenses somptuaires du directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis.
Il n'y a pas eu d'arrestation hier, mais l'enquête est proche de sa conclusion, indique-t-on.
À Laval, le bureau d'avocats Deveau, Bourgeois, Gagné et Hébert, a aussi fait l'objet d'une perquisition effectuée en présence d'un représentant du syndic du Barreau, a expliqué hier soir Me Jean-François Gagné, associé.
À l'étude légale, Me Richard Hébert est le responsable des dossiers construction, a-t-il indiqué. La police cherchait les dossiers «d'un ancien client» du bureau, dans le secteur de la construction.
À Montréal, la police a saisi des documents chez Grues Guay, le plus gros grutier au Canada où avait travaillé comme agent d'affaires l'ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, il y a une douzaine d'années.
De sources policières, La Presse a appris que la SQ s'intéressait par ce coup de filet aux activités de Normand «Casper» Ouimet, en lien avec le secteur de la construction.
La police a d'ailleurs procédé à une perquisition hier au domicile de ce dernier à Trois-Rivières. M. Ouimet est lié aux motards criminels, au chapitre des Hells Angels en Mauricie. (Voir autres textes)
Or, selon des sources policières, M. Ouimet est «en lien avec les Grues Guay». Il est une connaissance de très longue date de Louis-Pierre Lafortune, vice-président aux ventes de Grues Guay - tous deux se connaissent littéralement depuis leur enfance.
Les deux hommes étaient devenus très proches aussi de Jocelyn Dupuis, directeur général de la FTQ-Construction, qui a dû démissionner en septembre 2008, tout de suite après qu'un policier à la retraite eut informé Michel Arsenault, président de la FTQ, des liens présumés de M. Dupuis avec une personne liée aux motards.
Hier, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a souligné à La Presse que «le Fonds (de solidarité) n'était pas sous enquête. L'enquête portait plutôt sur certains entrepreneurs de l'industrie de la construction qui avaient fait des demandes d'aide chez nous». Les policiers de la SQ - ils étaient quatre et sont passés tôt hier matin - ont saisi une liasse de documents provenant de la demande d'aide d'une compagnie en particulier, a précisé par la suite Josée Lagacé, porte-parole du Fonds.
«Il ne faut pas paniquer: la SQ a dit clairement que le Fonds de solidarité n'est pas ciblé, qu'il n'est pas sous enquête», a dit M. Arsenault.
Une perquisition à Trois-Rivières
Une résidence du 6e Rang Est, dans le secteur Pointe-du-Lac, a fait l'objet d'une perquisition hier, en lien avec l'enquête menée actuellement par la Sûreté du Québec dans le domaine de la construction. La résidence appartiendrait à Normand Ouimet, 39 ans, un membre en règle du chapitre trifluvien des Hells Angels.
Selon Michel Auger, spécialiste dans le dossier des motards criminalisés, Normand Ouimet est l'un des membres influents des Hells Angels, tant pour le chapitre de Trois-Rivières qu'au niveau provincial.
Ouimet, dit «Casper», semble faire l'objet d'une vaste enquête en lien avec ces perquisitions, puisqu'une autre de ses résidences, sur la rue Iberville à Repentigny, aurait aussi été visitée par les policiers et enquêteurs de la Sûreté du Québec.
Le corps policiers était plutôt avare de commentaires hier, puisque d'autres perquisitions restaient à venir dans ce dossier qui concerne des entrepreneurs et des compagnies de Montréal, Repentigny, Laval, Boisbriand, Terrebonne et Trois-Rivières.
Selon nos informations, Normand Ouimet serait soupçonné d'avoir infiltré des entreprises pour faire du blanchiment d'argent. Encore une fois, ces informations n'ont pas été confirmées par la Sûreté du Québec.
Hier après-midi, plusieurs enquêteurs et policiers étaient postés devant la résidence du 6e Rang Est et sont demeurés de nombreuses heures sur place, le temps de faire les vérifications nécessaires et, au besoin, saisir certains éléments pouvant permettre de prouver les soupçons qui pèsent sur ce membre du chapitre trifluvien.
Aucune arrestation n'a été effectuée dans cette enquête hier, ni dans la région ni ailleurs au Québec. L'opération visait plutôt la recherche de documents qui permettraient de faire certains liens entre les personnes soupçonnées de pratiques illégales.
Par ailleurs, le siège social des Grues Guay, dans l'arrondissement Anjou à Montréal, a aussi été visité par la Sûreté du Québec. Cependant, selon nos informations, il semble que la succursale trifluvienne de l'entreprise, située dans le secteur Trois-Rivières-Ouest, n'ait pas été visée par ces perquisitions.












