On aurait pu s'attendre à ce que les candidats sortent un lapin de leur chapeau ou enfin nous réservent la phrase «punch» qui aurait volé la vedette du débat, mais ce fut plus ou moins le cas. Les candidats ont préféré s'en tenir aux programmes qu'ils avaient à défendre et aux critiques maintes fois formulées par le passé qu'ils avaient à adresser à l'adversaire. Pas de grande nouveauté, mais des échanges qui auront tout de même permis une meilleure compréhension des différentes positions des candidats.
«On dit que la Ville est gérée comme une entreprise. Ce n'est sûrement pas une entreprise à propriétaire unique, si les propriétaires sont les citoyens. Or, quand une proposition arrive, cette proposition est sujette à passer au vote», a lancé André Carle, préoccupé par le sentiment de certains citoyens de ne pas être consultés. Inquiet de voir les nombreux scandales éclater aux quatre coins du Québec, M. Carle a aussi déploré que dans certaines spécialités, 90 % des contrats de la Ville sont souvent octroyés aux mêmes entreprises.
Pour sa part, Yves Lévesque a reproché à son adversaire de ne pas être en mesure de nommer un seul projet dans son programme de l'ampleur du complexe sportif Alphonse-Desjardins, où la Ville devient partenaire des organismes publics comme la commission scolaire.
Yves Lévesque a voulu remettre à André Carle les politiques familiale et de développement social de la Ville, en lui demandant comment il comptait les mettre en place puisqu'elles existaient déjà. Ce à quoi M. Carle a répliqué que c'était plutôt dans la mise en application des politiques qu'il y avait souvent des lacunes observées.
Au niveau du développement économique, André Carle a semblé accuser le maire de jeter de la poudre aux yeux des électeurs, alors que le développement du parc industriel n'est pas si reluisant qu'Yves Lévesque voudrait le laisser entendre. «Si on parle de développement économique, on fait juste brasser la terre», a lancé M. Carle, soulignant que les entreprises implantées dans le parc industriel sont souvent originaires de Trois-Rivières et ne se sont que déplacées sur le territoire. «Premier Aviation, l'entrepôt de Sobeys, ce sont toutes des nouvelles entreprises à Trois-Rivières», a plutôt répliqué Yves Lévesque.
Les deux hommes ont clairement des visions opposées lorsqu'il est question du mandat et de la raison d'être de la Société de développement économique. Pendant qu'Yves Lévesque martèle l'efficacité d'un guichet unique pour traiter avec les clients et investisseurs intéressés à travailler avec la Ville, André Carle estime qu'il serait plus que temps d'avoir une vision plus large de collaboration avec toute la région. «La Technopole me dit que les ponts sont coupés avec la Ville de Trois-Rivières depuis que la SDÉ s'occupe de tout le développement économique. Quand on met dans les mains d'un seul organisme toutes les destinées économiques d'une ville, on fait fausse route», croit M. Carle.
Ce dernier a été questionné sur sa déclaration voulant que les événements culturels se multiplient et soient souvent trop concentrés au centre-ville. «Quel événement allez-vous éliminer?» a questionné Yves Lévesque. Sans condamner aucun événement, André Carle a plutôt fait part de son intention d'exploiter au maximum le parc de l'Exposition pour les activités culturelles futures. Yves Lévesque a renchérit: «On a créé un fond pour le développement du parc de l'Exposition alors si vous êtes élu maire, vous pourrez vous en servir, on est bien content», a lancé le maire sortant sur un ton ironique.
Appelés à répondre à des questions du public, les deux candidats se sont prononcés sur ce qu'ils comptaient faire pour intéresser les jeunes à participer aux instances municipales. Yves Lévesque a vanté les mérites de la conseillère Joan Lefebvre qui, selon lui, représente bien la jeunesse et la fougue à la Ville. Il a aussi rappelé que la Ville avait ouvert les bras aux jeunes, notamment avec l'implantation du Festival Urbain destiné à la jeune génération. André Carle a plutôt rappelé à Yves Lévesque qu'il avait manqué une belle occasion d'intéresser les jeunes à la politique municipale en ne se présentant pas au débat organisé devant les étudiants de l'UQTR.
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