Chapeautée par Mobilisation Enfants du monde et organisée en collaboration avec les Bonnes Oeuvres du Coeur de Casablanca, la mission humanitaire regroupait du personnel de l'hôpital Sainte-Justine. Et dans le groupe, on retrouvait une Latuquoise, Myriam Brassard.
«Ce fut une superbe expérience humaine et il fallait se débrouiller avec moins», raconte aujourd'hui cette cardiopédiatre.
«Ils nous ont réservé les plus grosses pathologies à voir. L'obstacle, c'est le temps et les ressources qu'on a. On ne pourra voir tous ces patients-là. C'est difficile de refuser les gens, surtout quand on vient d'un pays où tout le monde a accès aux soins de santé», avait-elle confié à l'équipe de l'émission Découverte, de Radio-Canada, diffusée le 26 novembre 2006.
Un an plus tard, Myriam Brassard répétait l'expérience, toujours à titre de cardiologue échographiste.
Tout un cheminement pour celle qui a vu le jour le 2 janvier 1968 à La Tuque et qui a grandi sur la rue Champlain, au quartier Bel-Air. Fille de Philippe Brassard et Jacqueline Veillette et cadette d'une famille de trois enfants, les autres étant Danièle et Gilles, sa jeunesse aura été marquée par le sport et la musique.
Quand elle n'était pas sur la piste d'athlétisme pour y faire un sprint, ou encore, un relais quatre fois 100 mètres, Myriam Brassard jouait tantôt au sein de l'Harmonie de l'école, tantôt pour l'Harmonie de La Tuque, ce qui lui aura permis de vivre une aventure artistique outre-mer, avec sa flûte traversière, soit en Suisse au milieu des années 80, au Festival mondial de musique de jeunes.
D'ailleurs, elle conserve de bons souvenirs de ses professeurs d'éducation physique, tels que Roland Lacoste, Yvon Boisvert et Yvon Morel, et de son directeur musical, Marc Gervais.
Son destin professionnel n'aura jamais fait de doute dans son esprit. «Je savais que ce serait en santé car j'aimais la biologie», affirme celle qui, après ses études collégiales à Trois-Rivières, aura opté pour l'Université McGill, à Montréal, même si elle avait été aussi acceptée aux deux autres institutions ciblées.
L'été, l'étudiante aura travaillé chez Électrovision, à La Tuque, ainsi qu'à l'hôpital de l'endroit où Dr Charles Grégoire l'aura prise sous son aile.
«Quand tu commences en médecine, tu ne sais pas où ça va te mener. Je suis devenue mordue de la pédiatrie générale et de la cardiologie où c'est concret, logique et rapide», explique-t-elle.
Par la suite, ce sera une formation en échocardiographie pédiatrique et foetale, successivement à Toronto et Boston, au Children's Hospital de l'Université Harvard, avant d'être rattachée depuis dix ans à l'hôpital Sainte-Justine, en cardiologie pédiatrique.
Encore là, la Latuquoise est impliquée dans un projet particulier, soit celui de venir deux fois par mois à Trois-Rivières pour y tenir une clinique satellite, grâce à la Fondation En Coeur. Un mandat qu'elle apprécie d'autant plus que cela la rapproche de sa région d'origine et de sa marraine Micheline Veillette, à Grand-Mère.
«En pédiatrie, c'est sûr que tu vas rire chaque jour. Et c'est vrai qu'il y a des émotions négatives, mais les relations humaines sont extraordinaires, il y a cette implication des parents dans le diagnostic des enfants et ceux-ci remontent tellement vite», partage celle qui a multiplié les articles spécialisés, les tâches d'enseignement et les bourses d'excellence.
Oui, elle a cette passion indéniable pour la santé des enfants. Mais Myriam Brassard dit avoir cet «attachement inconditionnel à son Lac-à-Beauce» où elle retourne à chaque été.
Comme quoi son coeur, manifestement grand, est aussi... à La Tuque.











