«On va carter», prévient, en souriant, le promoteur de ce nouveau bar shawiniganais, Claude Perron, qui se prépare aux côtés de son épouse à ouvrir toutes grandes les portes du cabaret La vie est belle.
Toute la fin de semaine, d'ailleurs, ils ont effectué les derniers préparatifs, à l'intérieur du local du boulevard des Hêtres abritant jadis la taverne Bellevue.
«On a pris le temps de se demander ce qu'on voulait vraiment. On cherchait quelque chose qui correspondait à nos envies et on l'a trouvé», raconte l'ancien propriétaire de l'auberge La Boulangère de Saint-Boniface.
À 57 ans, après quelques projets qui ont connu certaines difficultés, le coloré homme d'affaires a donc décidé d'oser.
«J'ai cherché et j'ai vu que ça n'existait pas. Les bars, tu sais, c'est pas tout le monde qui y va. Et on trouve qu'il n'y a pas de place pour les gens de cet âge-là. Quand la veillée commence à 23h, c'est pas toujours facile», fait remarquer Claude Perron.
À l'intérieur de l'établissement et au sein de la programmation qu'offrira le bar, tout a été orchestré pour la nouvelle clientèle cible. Et on promet d'être sérieux dans cette démarche. Pour entrer, les plus jeunes devront être accompagnés par des gens surpassant la barre imposée des 40 ans. Pas de passe-droit.
«Ce qu'on dit aux jeunes, c'est de sortir leurs parents», rigole le propriétaire, qui met tout en oeuvre pour la soirée d'ouverture prévue le 26 novembre prochain.
Une bonne idée
À l'Union des tenanciers de bar du Québec (UTBQ), le président de l'organisation croit qu'il s'agit d'une première initiative du genre dans la province. Qui plus est, Peter Sergakis est persuadé qu'il y a là une excellente idée.
«Je pense que c'est bon. Ces gens-là ne veulent pas nécessairement se mêler aux 18-25 ans», dit-il.
Le concept pourrait aussi s'avérer lucratif, selon lui. «Les gens de 40 ans et plus, ils ont plus d'argent. Ils sont plus aisés. Et ils ne cherchent pas le trouble», relance le président de l'UTBQ.
Claude Perron aussi a hâte de constater la réponse du public, à savoir si l'investissement en valait la peine. «On est inquiet et c'est normal. On espère que les gens vont bien réagir. Il faut gagner notre vie», lance-t-il.
Sur le plan légal
Pour Peter Sergakis, quoi que cette stratégie semble sans précédent, elle est tout à fait légale et ne devrait pas poser problème. «Légalement, il n'y a pas d'enjeux. Tu peux laisser entrer qui tu veux dans ton commerce privé», plaide le numéro un de l'UTBQ.
Du côté des propriétaires, on admet qu'aucune vérification en ce sens n'a été effectuée. «Honnêtement, je n'ai pas vérifié. Mais c'est pas fait dans un esprit d'interdiction, mais dans un esprit positif. Je ne m'en fais pas trop avec ça», explique Claude Perron.












