Le secret olympique de La Tuque

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Dany Bouchard... (Photo: Marc Rochette)

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Dany Bouchard

Photo: Marc Rochette

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(La Tuque) Dès la semaine prochaine, un Latuquois suivra avec un intérêt particulier les Jeux olympiques d'hiver de 2010 qui auront lieu du 12 au 28 février à Vancouver. Car il y a maintenant 16 ans, Dany Bouchard vivait lui-même le rêve olympique... pour une deuxième fois!

Pourtant, rien ne prédestinait nécessairement le fils de Robert Bouchard et Marie-Paule Paquet à se rendre au sommet des compétitions mondiales. «Je n'étais pas vraiment sportif comme tel et je n'avais jamais pensé devenir un athlète olympique», raconte avec humilité l'homme de 42 ans qui vit toujours dans sa ville natale.

Contrairement à son frère aîné Mario et en dépit de parents entraîneurs, ce fils de papetier n'aura pas attrapé la piqûre du hockey dans son jeune âge.

«Mes parents faisaient aussi du ski de fond et j'avais gagné une compétition du club Optimiste alors que j'avais sept ou huit ans», se rappelle-t-il.

Celui-ci était loin de se douter que cela viendrait marquer le début d'une prolifique carrière de fondeur qui aura duré une vingtaine d'années. «Mes amis, c'est ça qu'ils faisaient», ajoute la vedette désormais légendaire du club de ski de fond La Tuque Rouge.

Au niveau élite, il se joint à l'équipe du Québec en 1982 et, un an plus tard, à l'équipe nationale canadienne. Dès son adolescence, ce sera donc la ronde des entraînements, des compétitions et des voyages et ce, jusqu'à sa retraite au milieu des années 90.

Parallèlement, pour garder une condition physique optimale tout au long de l'année, il aura participé à des épreuves de course à pied sur longue distance.

Si sa vie d'athlète ne l'aura pas empêché de compléter ses études secondaires à La Tuque et de travailler durant l'été, tantôt pour la ville, tantôt à l'usine, en demeurant au domicile familial, il n'aura pu donner suite à son inscription au Cégep de Shawinigan en formation technique, faute de temps.

«J'aimais ça voyager, mais sur une dizaine d'années, tu reviens toujours à la même place, tu ne visites pas en tant que tel et ce n'est pas évident avec les compétitions et les mêmes compagnons», confie-t-il.

Or, c'est en effectuant l'année dernière un premier voyage en 13 ans, au Mexique, que Dany Bouchard dit avoir réalisé à quel point «il a fait une belle vie» comme fondeur international, ayant parcouru tant de kilomètres en avion.

Mais sur ses skis, il en aura aussi fait du millage... jusqu'aux Jeux olympiques d'hiver à Albertville en 1992. «À l'automne 1991, pour me classer, ce fut l'une de mes meilleures coupes du monde, ça a super bien été», se plaît-il à souligner.

À son avis, la beauté de cette première expérience, c'est que les attentes à son endroit n'étaient pas trop élevées et que, par conséquent, «je n'avais pas trop de pression».

«Je m'étais fixé comme objectif d'être parmi les 25 premiers et j'ai terminé 25e dans la course 10 kilomètres classique», a-t-il fièrement rapporté.

Même s'il considère que les cérémonies des Jeux sont «quelque chose à voir», Dany Bouchard trouve que les spectateurs sont davantage en mesure d'apprécier leur déroulement.

«Et le désavantage du ski de fond, c'est qu'on a plusieurs courses et qu'on est tellement occupé durant les deux semaines», fait-il remarquer pour expliquer le peu d'occasions de découvrir le pays olympique.

D'ailleurs, il aura préféré ses jeux français à ceux de la Norvège, à Lillehammer, en 1994, où, étant le seul représentant canadien en ski de fond, il aura moins bien performé alors que son sport était le point de mire des médias.

Par la suite, ce fut le questionnement. «Ça vaut-tu la peine de continuer? Ai-je atteint mon plafond?», se demande-t-il. Et sa décision de poursuivre fut la bonne, obtenant un premier titre de champion canadien à l'hiver 1996.

Sauf qu'entre-temps, il avait rencontré sa conjointe latuquoise Élaine Froment en marge d'une compétition à Vancouver, s'installant à Trois-Rivières pour qu'elle décroche son baccalauréat en enseignement.

Ce qui fait que durant sa dernière saison, avec le déménagement à Opitciwan, pour un emploi d'enseignante, et la naissance «de la petite», «ça me tentait moins de partir».

Une fois ses skis accrochés, Dany Bouchard profitera du mandat de sa conjointe à Parent pour travailler à la scierie de l'endroit.

Après avoir complété sa formation collégiale en pâtes et papiers en 2000, c'est l'entrée à l'usine de La Tuque. Il y travaille toujours alors que sa conjointe est directrice d'école.

Aujourd'hui, le père de Camille, 14 ans, et Noémie, 10 ans, fait «plus de raquette que de ski de fond» et reste attaché aux avantages que lui procure le quotidien latuquois.

«Et j'ai reçu énormément d'appuis du milieu durant mes années de compétition», conclut celui qui, sans être nostalgique, va tout de même regarder les Jeux de Vancouver, d'autant plus que cette ville lui rappellera une certaine rencontre qui vaut bien plus que de... l'or.

 

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