Ce Marocain d'origine devient ainsi la deuxième personne au Canada, et la première au Québec, à écoper de la peine maximale pour ce genre de crime depuis l'adoption des mesures antiterroristes dans la foulée du 11 septembre 2001. Les autres causes de terrorisme, deux en fait (l'affaire Khawaja et le projet Osage) ont été jugées en Ontario.
Au terme de son procès, l'automne dernier, Namouh, 37 ans, a été déclaré coupable de complot en vue de commettre un attentat, de participation aux activités d'un groupe terroriste et de facilitation de ces activités, et d'extorsion par association. Les faits se sont produits entre les mois de novembre 2006 et septembre 2007 dans les régions de Maskinongé et de Trois-Rivières, où a habité Namouh.
En plus de faire la promotion du djihad par internet pour le Global Islamic Media Front, ses clavardages démontrent qu'il était sur le point de quitter le Canada pour commettre un attentat outre-mer, vraisemblablement en se faisait exploser lui-même dans une opération kamikaze. «Mon cher frère, je te charge de mon fils et donnez-moi une voiture pleine», a-t-il écrit à un complice en Autriche, en août 2007.
«Conspirer pour commettre un attentat terroriste à l'explosif avec comme conséquences prévisibles la mort de nombreuses personnes innocentes et des dommages matériaux importants est un crime très grave qui va à l'encontre des valeurs les plus fondamentales de notre société. Que l'attentat devait avoir lieu dans un autre pays ne change rien à la situation», a fait valoir le juge Leblond. Le magistrat a relevé le zèle et l'enthousiasme qu'a démontrés Namouh dans ses activités. L'homme avait 35 ans au moment des faits, il n'a donc pas l'excuse de la jeunesse. De plus, le fait que ses crimes se soient étalés sur près d'un an démontre qu'il ne s'agit pas d'un incident isolé.
Manque de crédibilité
Le juge a par ailleurs trouvé que l'accusé avait totalement manqué de crédibilité dans le témoignage qu'il a rendu au cours des audiences sur sa peine. Namouh s'était dit opposé à la violence. «Le discours violent est partout dans la preuve», a signalé le juge.
Namouh a accueilli la décision sans broncher. Le procureur de la Couronne, Dominique Dudemaine, est très satisfait, tandis que Me René Duval, qui défend Namouh, trouve pour sa part la peine extrêmement sévère et pense à en appeler. L'avocat s'est plaint du peu de moyens qu'on a accordés à son client «indigent», qui n'a eu qu'une aide juridique «frugale».
Notons enfin qu'un ordre d'expulsion a été prononcé contre Namouh. Né au Maroc et deuxième d'une famille de sept enfants, l'homme a une formation de machiniste. Il a un fils d'une dizaine d'années dont la mère est au Maroc. Il est arrivé au Québec en 2003 après avoir épousé une Québécoise beaucoup plus âgée que lui. Cette union n'a pas duré.










