Au contraire, Lucie DeBons, présidente de ce regroupement et conseillère municipale dans le district du Rocher, comprend qu'une personne explose après la longue liste de méfaits observés dans cette zone commerciale depuis l'automne.
«Il faut fouetter la Sûreté du Québec et lui demander de faire un peu plus de surveillance», suggère-t-elle. «Depuis l'automne, on n'a pas assez de nos deux mains pour compter les commerces qui se sont fait péter leurs vitrines sur la 6e Avenue.»
Mme DeBons travaille elle-même au comptoir Sears, où des malfaiteurs se sont introduits illégalement à deux reprises pour la voler. La présidente raconte que Chaussures Pitt, la Bijouterie Daneault, l'agence de voyage Beaumont, Tissus Berthiaume, les Délices à Jojo et la librairie Matteau ont reçu la visite des malfaiteurs au cours des derniers mois.
Dans ce contexte, Mme DeBons comprend la nervosité qui règne chez les commerçants, surtout quand on sait que le propriétaire de Grand-Mère Auto-Neige s'était déjà fait voler trois scies à chaîne à la fin février avant de prendre une arme à feu cette semaine. Voilà pourquoi elle ne condamne pas cette témérité, bien au contraire.
«Je trouverais dommage que des accusations soient portées contre M. Désaulniers pour avoir voulu sauver ses biens», lance-t-elle. «Tous les commerçants saluent sa bravoure. S'il a besoin de quoi que ce soit, on va se lever haut et fort.»
À la Sûreté du Québec, la porte-parole Éloïse Cossette ne partage évidemment pas cet avis.
«Ça ne vaut pas la peine de courir de tels risques, comme une poursuite judiciaire, des blessures», rappelle-t-elle. «Va-t-on laisser notre vie pour un vol? La meilleure chose à faire est de noter le plus de détails possibles sur les auteurs d'un crime et d'appeler rapidement les policiers.»
Sentiment d'insécurité
Jacques Grenier, conseiller du district de la Rivière, a arpenté la 6e Avenue de long en large cette semaine et il n'aime pas ce qu'il entend.
«Ce qui se dégage, c'est un sentiment d'insécurité. Plusieurs me disent que dans le temps de la police municipale, on était bien servi. Ça fait drôle d'entendre ça aujourd'hui!», raconte celui qui a travaillé pendant 22 ans au poste de Sécurité publique de Grand-Mère... et qui n'entendait alors jamais pareil compliment!
«On sent comme un vent de panique au centre-ville», ajoute-t-il. «Les gens ne parlent que de ça! J'ose espérer que la SQ augmentera ses effectifs durant quelques jours.»
L'ex-policier convient toutefois que les citoyens doivent faire leur part dans ce genre de dossier.
«Il faut aussi solliciter l'aide des gens pour solutionner des vols», souligne M. Grenier. «Ce sont habituellement les mêmes groupes qui font ça. Quand on les arrête, il y a une accalmie.»










