La CSN-Construction a notamment révélé qu'un de ses membres qui travaillait sur le chantier de Chute-Allard en 2006 avait subi un tel traitement de la part de confrères affiliés à la FTQ qui voulaient le convaincre de quitter le chantier. Les membres de la FTQ-Construction représentaient la majorité des travailleurs sur ces deux chantiers. Une plainte avait d'ailleurs été déposée devant la Commission de la construction du Québec (CCQ). Rappelons qu'entre 2005 et 2009, plusieurs centaines d'ouvriers ont travaillé à la construction de ces deux centrales situées sur la rivière Saint-Maurice en Haute-Mauricie.
«C'est une des premières plaintes que nous avions faites en vertu de la loi 135 qui était entrée en vigueur en mars 2006. Nous avions préparé la cause, dont le témoin principal était l'employeur car il avait tout vu ce qui s'était passé. Mais le jour de l'audience, il a soudainement perdu la mémoire lorsqu'est venu le temps de témoigner», raconte le président de la CSN-Construction, Aldo Paolinelli.
Bien qu'il ait été déçu à l'époque de voir cette plainte rejetée en raison de la soudaine perte de mémoire du témoin principal, le dirigeant syndical comprend que des gens aient peur pour leur sécurité et qu'ils soient réticents à dévoiler ce qu'ils savent.
«Ils ont peur de parler. Il y en a même qui ont dû changer de syndicat afin de pouvoir garder leur travail. Nous sommes au courant de l'existence de plusieurs cas que nous ne pouvons pas prouver parce que nous n'avons pas de preuves. Et ces dossiers sont très difficiles à prouver. Ça prend notamment des témoignages en béton», précise-t-il.
Alors qu'il est beaucoup question ces temps-ci de ce qui se passe sur les chantiers de la Côte-Nord, M. Paolinelli soutient que cette problématique est présente ailleurs au Québec.
Question d'enrayer la problématique qui envenime considérablement les relations de travail sur certains chantiers, le syndicaliste croit que l'assignation des travailleurs ne devrait pas être la responsabilité des organisations syndicales.
«Ça devrait être confié à un organisme indépendant ou à un autre qui fonctionne de manière impartiale comme la Commission de la construction du Québec. Contrairement à tout ce qu'on dit, la CCQ a tous les outils pour référer les bons travailleurs aux bonnes compagnies. Nous croyons que c'est le meilleur moyen afin que les travailleurs soient affectés en fonction de leur disponibilité et non de l'organisation syndicale à laquelle ils appartiennent», indique M. Paolinelli.
Du côté de la CCQ, on n'a pas été en mesure de confirmer si une plainte avait bel et bien été déposée concernant le cas qui serait survenu en 2006. Joint au téléphone en fin de journée hier, un représentant de la FTQ-Construction pour la région de la Mauricie a quant à lui tout simplement dit qu'il n'était pas au courant de cette histoire et n'a fait aucun autre commentaire.










