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10-4 au Théâtre des Marguerites: Dans la plaisanterie pure et simple

À gauche, François-Xavier Dufour dans le rôle du... (Photo: François Gervais)

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À gauche, François-Xavier Dufour dans le rôle du tueur à gages de la mafia acadienne, accompagné de Robert Brouillette (à l'avant) et de Luc Boucher à l'arrière-plan.

Photo: François Gervais

Linda Corbo

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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Oublions la nuance, la subtilité et les quelques pointes de profondeur qui nous avaient été servies il y a quelques années au Théâtre des Marguerites, les spectateurs qui se rendront à cette adresse au cours de l'été doivent s'attendre à de la grosse plaisanterie, pure et simple. À la 8e saison de ce théâtre depuis sa réouverture, 10-4 représente la comédie qui, dans ce lieu, se rapproche le plus du théâtre d'été traditionnel.

Ceux qui aiment le genre apprécieront les ingrédients proposés, à savoir un rythme en accéléré, des quiproquos en enfilade, du jeu physique, des mimiques en majuscules et du claquage de portes dès la première scène, celle-ci étant toutefois présentée dans une forme originale pour un coup de départ en force du côté de la mise en scène.

Ceux qui préfèrent un peu plus de substance, même en été, tarderont toutefois à embarquer réellement dans cet univers de joyeux guignols, quoique l'arrivée en fin de première partie d'un personnage de tueur à gages nommé l'Acadien peut vraisemblablement rallier les plus sceptiques à cette soirée.

Fait à souligner, la mise en scène est ici l'oeuvre d'Olivier Aubin, qui signe aussi la mise en scène du Théâtre-du-Chenal-du-Moine de Sorel cet été, où l'on retrouve aussi tous les ingrédients d'un théâtre qui n'a d'autres prétentions que de baigner dans la grosse farce. Aux deux endroits, il mise sur des personnages aux caractères démesurés mais fait aussi place à certains flashes de mise en scène qui font plaisir à voir.

On s'entend donc pour se mettre le cerveau en vacances si l'on veut apprécier comme il se doit les personnages cabotins que l'on retrouve cette année à Trois-Rivières au sein d'une intrigue policière signée Paul Slade Smith, adaptée à la sauce québécoise.

La trame nous présente deux jeunes policiers (Marc-François Blondin et Émilie Gilbert), fraîchement sortis de l'École nationale de police du Québec à Nicolet. À leur première mission, ils se voient offrir la filature du maire de la ville (Luc Boucher) qui est soupçonné d'une fraude de 16 millions $, le tout avec, en coulisses, les actions d'une mafia acadienne qui se veut terrifiante.

Pour prendre l'homme la main dans le sac, on se met de mèche avec la nouvelle comptable de l'hôtel de ville (Isabelle Cyr), qui doit rencontrer le maire dans une chambre d'hôtel; on loue la chambre d'à côté et on y installe des caméras pour filmer le tout.

La scène est donc divisée en deux, de sorte que d'un côté, on observera le travail des pseudos-policiers et, de l'autre, l'action entourant les transactions douteuses qui doivent s'y produire. Évidemment, rien ne se passera comme prévu.

Comme on l'a fait souvent au cours des dernières années, on mise beaucoup à Trois-Rivières sur des comédiens de la relève, des gens que l'on découvre parfois quelques années plus tard au cinéma et à la télévision. Ce fut le cas de Patrice Bélanger notamment.

Cette année, la distribution compte quelques visages plus connus, avec Robert Brouillete et Isabelle Cyr, mais présente aussi des bouilles que l'on n'a pas eu l'occasion de voir souvent jusqu'à présent, du moins pas dans des rôles de premier-plan.

Or c'est parmi eux que loge ma révélation cet été au Théâtre des Marguerites, un coup de coeur nommé François-Xavier Dufour dont le personnage est tout bonnement tordant.

Le jeune comédien campe ici l'Acadien, tueur à gages de la mafia, qui se présente comme un homme menaçant au lourd accent. Or quand celui-ci est aux prises avec ses émotions, il se met à parler le chiac en cinquième vitesse, laissant tout le monde perplexe autour de lui. En fait, on n'y comprend rien.

À l'issue de la soirée, on se demandera d'ailleurs comment ce comédien parvient à se mettre ce texte en bouche. À chacune de ses apparitions, l'efficacité est au rendez-vous, le délire se met de la partie et les rires se décuplent dans la salle. Pour ma part, il a tout bonnement sauvé une soirée qui, sinon, tombe souvent dans quelques excès de bouffonnerie.

La pièce est présentée jusqu'au 4 septembre, du jeudi au samedi à 20 h, de même que quelques mercredis à prévoir à compter du 21 juillet.


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