Wemotaci honore ses combattants du feu

Des danses traditionnelles ont conclu la cérémonie en... (Photo: Gabriel Delisle)

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Des danses traditionnelles ont conclu la cérémonie en l'honneur des combattants du grand incendie de Wemotaci devant le mont du même nom calciné le mois dernier.

Photo: Gabriel Delisle

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(Wemotaci) Les cendres sont retombées à Wemotaci. Bien que toujours allumé, le feu ne menace plus la communauté. Près d'un mois après le retour à la maison, les Atikamekws de Wemotaci reprennent finalement leurs habitudes. Chacun vit cette épreuve différemment, mais tous se sont retrouvés dans cette tragédie.

Quelques centaines de personnes étaient réunies hier afin d'honorer 150 pompiers et bénévoles qui ont contribué à sauver le village ou accueilli la population en exil. Un monument marquera à jamais leurs dénouements. Chacun d'eux s'est vu décerner une médaille.  

Rappelons que pendant 11 jours, du 26 mai au 5 juin, les 1 300 Atikamekws de Wemotaci ont été forcés à l'exil. Si la majorité d'entre-deux a été hébergée chez des parents ou des amis, quelques centaines de personnes ont cohabité dans de vastes dortoirs communs d'abord à l'école secondaire Champagnat puis au Colisée municipal.  

Plus que jamais, les citoyens de Wemotaci sentent leur communauté unie et prête à réaliser de grandes choses. «On remarque le regain de fierté. Je n'ai jamais vu les habitants aussi soudés», estime le chef du conseil de bande de la nation atikamekw de Wemotaci, Simon Coocoo.

La cérémonie d'hier revêtait un important caractère spirituel. Celle-ci s'est déroulée au son des tambours au pied du mont Wemotaci, un lieu de rencontre depuis des temps immémoriaux pour les Atikamews, lui-même incendié il y a près d'un mois.

La grande chef du conseil de la nation atikamekw, Éva Ottawa, évoque ce caractère sacré du lieu. «C'est une journée très spéciale pour les gens de la communauté surtout à cet endroit», affirme-t-elle. «Nous devons souligner le travail des combattants qui ont vraiment sauvé le village et une partie de leur environnement. Leur travail a apaisé le coeur de ceux qui étaient évacués à La Tuque.»

De son côté, le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, n'a pas voulu manquer la cérémonie. «J'ai senti un rapprochement entre nos deux communautés pendant l'évacuation de la population à La Tuque. Les pompiers que nous honorons aujourd'hui sont de véritables héros», souligne-t-il.

Aînée et shaman respectée de la nation atikamekw, Marie Coon insiste sur ce nouveau départ. «Le feu qui peut être très destructeur peut aussi être purificateur. Nous sommes aujourd'hui plus près l'un de l'autre. Le peuple en entier en sort gagnant», déclare-t-elle.

Le chef de ces pompiers volontaires bénévoles, Dany Chilton, croit que cette épreuve marque une rupture dans l'histoire de la communauté. «Le vrai miracle de Wemotaci, c'est le travail et le courage de son peuple», dit-il. «Le feu a changé notre vision de la vie. J'ai été témoin de la vraie nature des gens d'ici. De l'entraide, de la solidarité et de la compassion dont nous avons fait preuve l'un envers l'autre.»

La journée de festivités d'hier s'est terminée par un souper traditionnel suivi d'un spectacle de la solidarité. Plusieurs artistes locaux se sont joints au rappeur Samian ainsi qu'à Florent Vollant le temps d'un spectacle.

Les familles recevront une indemnisation de 450 $

Chaque famille de Wemotaci recevra dans les prochaines semaines près de 450 $. Les sommes peuvent légèrement varier selon le nombre de personnes de chaque ménage. Ces indemnisations seront émises par le ministère des Affaires indiennes et du Nord du Canada essentiellement pour combler la perte de nourriture engendrée par les 11 jours d'évacuation de la réserve. «C'est bien plus que les 150 $ par famille que ce que le ministère nous offrait au début», estime le chef du conseil de bande de Wemotaci, Simon Coocoo. Par ailleurs, le chef ne sait toujours si la communauté sera indemnisée pour les autres frais liés à l'évacuation. «Des négociations sont toujours en cours avec le ministère. Mais, c'est toujours très long avec eux», ajoute le chef Coocoo.


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