Le matin de la visite du «Nouvelliste», l'homme ne tenait pas en place. Il avait en main le prospectus d'une rutilante dameuse à ski de fond, dernière acquisition de la Ville de Shawinigan. Un achat qu'avait toujours refusé de faire l'administration précédente malgré les demandes répétées du président du Club de ski de fond et de raquette Le Rocher.
«Ils me l'ont achetée, ils me l'ont achetée!», répétait-il, n'en croyant visiblement pas encore ses yeux, aussi heureux qu'un petit garçon devant sa première paire de patins, le matin de Noël.
«Maintenant, il reste juste à terminer l'extérieur du garage et on va faire une conférence de presse pour la montrer.»
C'est que l'homme a l'habitude des médias, des cocktails, des 5 à 7 et des fêtes en général car, comme il aime à le faire remarquer, il ne faut jamais oublier de remercier correctement les bénévoles.
Et lorsqu'il mentionne les bénévoles, il sait de quoi il parle, puisqu'il en a déjà eu plus de 70 sous sa supervision, entre autres lors de grandes corvées de nettoyage du Parc de la rivière Grand-Mère.
«On ne voit plus ça aujourd'hui», note celui qui a commencé à s'impliquer dès son adolescence, alors que les frères des Écoles chrétiennes cherchaient des élèves pour entretenir la glace de l'aréna de l'Oeuvre des terrains de jeux. Ce fut presque une révélation! Depuis, Réal Daneault n'a jamais arrêté d'organiser, fonder, célébrer, relancer toutes sortes d'organisations, principalement sportives.
Adulte, devenu technicien en électricité et enseignant, il est élu président du Club de pêche Le Sunset, (près du lac Édouard) où on le retrouve au volant d'un tracteur, occupé à entretenir des chemins forestiers. Il aménage ensuite une salle de jeux pour les élèves de L'école des Métiers de Grand-Mère... et en assure la surveillance tous les midis. «Ça, c'était pas prévu», note-t-il au passage en riant franchement.
C'est en 1983 qu'il devient président fondateur du Club de ski de fond le Rocher. En 1992, il fonde le comité de loisir de la Pointe-à-Comeau et devient responsable de la construction d'un local communautaire. En 1995, le Centre d'action bénévole de Grand-Mère lui remet le «Prix Frank Gauthier» pour souligner son engagement.
Loin d'être une conclusion, ce prix le motive à fonder le Comité de développement du Parc de la rivière Grand-Mère où il organise l'amusante course de pitounes.
Conseiller municipal à Grand-Mère, il est réélu dans la nouvelle ville fusionnée de Shawinigan, mais démissionne au bout d'un an, déçu du peu de place fait au secteur Grand-Mère.
En 2003, il participe à la réfection des locaux du Centre de bénévolat de Grand-Mère. En 2005, il sauve la fête de la Saint-Jean-Baptiste avec plus de 80 bénévoles qui a lieu au Parc de la rivière Grand-Mère. À ce sujet, il aimerait bien que la Ville creuse le lit de cette petite rivière, maintenant ensablée pour lui redonner toute sa beauté.
C'est aussi à Réal Daneault qu'on doit la fameuse «Remontée de la rivière Saint-Maurice». C'est avec beaucoup de fierté qu'il extirpe d'une pile de papiers un long plan de la rivière Saint-Maurice, qu'il connaît comme le fond de sa poche. Lorsqu'il parle de ce cours d'eau, M. Daneault manque de qualificatifs pour décrire sa beauté. Il espère d'ailleurs qu'un jour les élus de la région s'occuperont sérieusement de le mettre davantage en valeur.
Mais d'ici là, il faut l'excuser, il a un garage à terminer et des kilomètres de nouvelles pistes de ski de fond à ouvrir.











