C'est à la suite du tremblement de terre qui a ravagé Haïti que le groupe de la Mauricie a décidé de suivre cette formation. «On était déja très actifs dans la recherche de personnes disparues en forêt, mais on n'avait pas l'expertise pour les séismes et les zones urbaines. La prochaine fois, on veut être prêt», explique le responsable du groupe, Michel Massouty.
Ces bénévoles ont donc fait appel à l'ONG française Comité de Secours Internationaux (COSI). Depuis 1985, celle-ci agit lors de toutes les catastrophes naturelles, qu'on pense aux tremblements de terre de Mexico, d'Iran ou au tsunami d'Asie. De lundi à samedi, le président Louis Coste et le lieutenant Jean-Claude Juste enseigneront aux sauveteurs et aux chiens d'ici les techniques nécessaires à de telles actions.
Installé sur le terrain de l'ancien ciné-parc de Pointe-du-Lac, le groupe a construit un paysage désolant: montagnes de voitures renversées, blocs de béton et tuyaux d'acier. «C'est indispensable de monter un terrain varié. Ça doit le plus possible ressembler à ce qu'on retrouvera dans la réalité», indique Michel Massouty.
Dans ce terrain de jeu à l'allure apocalyptique, les chiens apprennent à trouver des personnes enfouies, à contrôler leurs jappements et à se déplacer dans des zones inhabituelles. Louis Coste n'en doute pas une seconde, l'espèce canine demeure l'outil le plus efficace pour chercher sous les décombres: «Aucun appareil électronique n'est encore capable de trouver aussi efficacement quelqu'un de vivant, mort, blessé ou endormi».
S'ils sont si bons, c'est parce qu'on les entraîne depuis leur plus jeune âge, souvent à partir de seulement deux mois. Leur «carrière professionelle» durera en moyenne dix ans. On compte aussi beaucoup sur la relation entre le maître et l'animal. «Un chien doit former avec l'homme ou la femme un couple, deux êtres qui s'aiment d'amour, illustre le président de COSI, l'animal doit chercher à plaire à l'humain».
Les principales qualités recherchées chez un chien sont la force physique, un bon caractère, une grande sociabilité et un odorat développé. Les labradors possèdent en moyenne 220 millions de récepteurs olfactifs, les bergers allemands 200 millions et les humains, seulement 10 millions.
Lors d'un séisme, les équipes de sauveteurs se donnent comme objectif d'arriver à l'intérieur des huit premières heures. Tout est une question de temps. «Pour chercher quelqu'un sous des tonnes de béton et de sable, il faut que ça soit rapide. Après sept jours, on ne sert quasiment plus à rien», explique Louis Coste.
S'ils doivent agir vite, une longue préparation reste nécessaire avant de partir. «On ne va pas acheter notre sac de couchage lorsqu'on apprend que la terre a tremblé, il faut être équipé et prêt à tout moment», rajoute Michel Massouty. Ces bénévoles vont chercher l'argent chez des donateurs privés. L'aide ne doit jamais rien coûter au pays dans le besoin.
L'équipe de sauveteurs canins de la Mauricie invite donc les gens de la région à puiser dans leur poche pour sauver des vies, car, comme le rappelle la devise du COSI, «la surface la plus passionante de la terre, c'est celle du visage humain».










