Encore des briseurs de grève?

L'Auberge Sacacomie.... (Photo: François Gervais)

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L'Auberge Sacacomie.

Photo: François Gervais

Paule Vermot-Desroches

Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Malgré l'ordonnance de la Commission des relations du travail émise mardi, il y aurait encore des briseurs de grève à l'Auberge Sacacomie. C'est du moins ce que soutient le syndicat des employés, qui a pris contact avec ses procureurs pour envisager de déposer une requête en Cour supérieure pour outrage au tribunal.

«Il y a de nos gens qui en ont encore vu traverser les piquets de grève, même après l'ordonnance. Et on croit bien que plusieurs restent dormir à l'auberge depuis quelques jours», souligne Jocelyn Gélinas, représentant syndical pour la CSD.

Ce dernier soutient que le syndicat amasse des preuves permettant de démontrer que l'établissement fait encore appel à certains employés salariés pour continuer de faire fonctionner l'établissement durant la grève. Jocelyn Gélinas estime ce nombre de briseurs de grève à une trentaine.

Certains grévistes ont en effet pu observer que des collègues ne se trouvaient pas à la maison depuis deux ou trois jours, eux qui avaient été identifiés comme des briseurs de grève. Par ailleurs, le syndicat soutient aussi que certains employés continuent de passer par le bois pour entrer au travail et ne pas être identifiés par les grévistes.

Jeudi, un huissier s'est présenté à la barrière menant à l'Auberge Sacacomie, afin de pouvoir aller distribuer des avis de suspension syndicale aux employés membres du syndicat qui auraient pu se trouver sur place. «On a même refusé l'accès au site au huissier. Pour refuser l'accès à un huissier, il faut quand même bien avoir quelque chose à cacher», croit Jocelyn Gélinas.

Le syndicat entend bien poursuivre chaque membre de son unité qui aura, preuve à l'appui, franchi les piquets de grève. Par ailleurs, la requête a été présentée hier et celle-ci demande à ce que l'ordonnance de la CRT soit déposée à la Cour supérieure. En pareil cas, la présence de briseurs de grève serait considérée comme un outrage au tribunal contre l'Auberge Sacacomie, et des avis de se présenter au tribunal pourraient être envoyés à certains témoins.

Les amendes prévues en cas de non respect de l'ordonnance émise par la Commission des relations du travail peuvent aller jusqu'à 1000 $ par employé par quart de travail effectué. Si les doutes du syndicat se révélaient fondés, les amendes encourues pourraient donc atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars par jour pour l'établissement.

De son côté, la partie patronale s'est bien défendue de faire encore appel aux employés syndiqués identifiés comme briseurs de grève. «Nous nous sommes conformés à l'ordonnance. Nous avons contacté tous les employés concernés pour leur dire de ne plus se présenter au travail durant la période de la grève», a fait savoir Réal Migneault, porte-parole de la partie patronale.

Ce dernier confirme qu'il a été mis au courant des intentions du syndicat de se présenter devant les tribunaux pour présenter une requête, mais signale qu'il appartiendra alors au syndicat de faire la preuve que des briseurs de grève se trouvent bel et bien à l'intérieur de l'établissement ce qui, selon lui, n'a pas été démontré depuis l'émission de l'ordonnance.


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