Le phénomène Bicolline célèbre ses 15 ans

Le phénomène Bicolline célèbre ses 15 ans.... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD)

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Le phénomène Bicolline célèbre ses 15 ans.

PHOTO: STÉPHANE LESSARD

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Quelque part, dans un vaste boisé de quelque 140 hectares, les racines usées de très vieux arbres servent de marches pour accéder au fond d'une petite clairière où poussent des framboisiers. On y trouve quelques bâtisses étranges cachées par une végétation luxuriante qui abritent les gentils Elfes d'Irendille. Non loin se trouve la clairière des sorcières entourée de monolithes évoquant Stonehenge au beau milieu desquels repose une table sacrificielle gravée de runes mystérieuses.

Ces habitats mythiques nichent dans la Vieille Ville du Duché de Bicolline, véritable village grandeur nature où ont été construits, au fil des 15 dernières années, 150 bâtiments d'inspiration médiévale fantastique.

Tout ceci est le terrain de jeux de quelque 2000 personnes de 0 à plus de 70 ans. Ils sont 1600 adultes et près de 400 enfants à s'y côtoyer une fois l'an pour faire une grande bataille.

Niché en plein coeur des terres de la municipalité de Saint-Mathieu-du-Parc, le Duché de Bicolline s'apprête à accueillir ses sujets, du 15 au 22 août, pour la tenue d'un énorme jeu de rôle vivant grandeur nature. Pour la première fois, le jeu durera une semaine entière en l'honneur du quinzième anniversaire du site. Des joueurs d'Europe et des États-Unis seront de la partie.

Il y a certes tous ceux et celles qui reviennent chaque année, pour faire du camping, revoir les copains et faire la fête. Mais on y trouve aussi de ces joueurs extrêmement sérieux, ceux qui peuvent débourser entre 1000 $ et 10 000 $ pour une armure, ceux qui portent des épées et autres armes sophistiquées et brillantes à la ceinture qui, bien que faites de latex, ont l'air plus réelles que des vraies. «On a les deux extrémités et tout ce qu'il y a dans le milieu», raconte Philippe Desmarais, amateur de jeux de rôles depuis des lustres, joueur invétéré du monde de Bicolline et aujourd'hui employé du Duché à titre de coordonnateur d'événements.

Bicolline a grandi depuis sa toute première et bien humble bataille. Elle est devenue une entreprise fructueuse capable de réinjecter dans ses installations des dizaines de milliers de dollars chaque année, raconte son principal instigateur et grand maître des lieux, Olivier Renard.

Le plus récent investissement, c'est un portail surnaturel qui permettra aux Elfes noirs de transiger vers une autre dimension. Cette année, la grande bataille annuelle de Bicolline se fera autour de cette installation faite de 7 monolithes de 12 pieds et d'un autre de 16 pieds, tous installés au fond du gouffre de Tolternoth, un ravin de 19 pieds. Pas moins de 1700 combattants s'y affronteront afin de déterminer si ce portail doit rester ouvert ou fermé pour le bien de l'humanité.

Dans cette forêt, les joueurs ne peuvent construire de bâtiments permanents à la légère. Les plans sont soumis à la direction de Bicolline qui les soumet à son tour à la municipalité de Saint-Mathieu-du-Parc. Les bâtiments n'ayant ni fondations, ni eau courante, ni électricité, ils sont considérés comme des éléments de décors.

Pour certains joueurs, Bicolline n'est pas qu'un jeu, mais une véritable occasion de se faire connaître en tant qu'artisans. Les costumières qui viennent ici pour jouer ressortent habituellement avec une belle liste de clients, raconte M. Renard.

Gérôme Lapierre, un jeune charpentier qui voue ses talents à la construction de saunas nordiques, de maisons en bois rond et de chalets, s'est fait la plus belle carte d'affaires en construisant pour son plaisir deux bâtiments ornés de sculptures de styles nordique et celtique. Leurs toitures sont entièrement végétales. «Ça a une âme», se réjouit l'artisan qui a réalisé son projet en sept jours avec passion.

Dans la Vieille Ville, la grande majorité des artisans qui fabriquent des objets ou des costumes d'inspiration médiévale se regroupent pour faire du commerce avec les joueurs. On y trouve aussi une brochette impressionnante de groupes de musique médiévale. Il y a d'ailleurs des spectacles chaque jour.

En fait, le Duché de Bicolline a lui aussi une âme bien à elle lorsqu'à la tombée du soir, les feux de camps réchauffent les participants et que dansent les torches par centaines pour guider les joueurs dans le village. Gare, en effet, à ceux qui déambuleraient dans le noir en ce pays où vivent les trolls et les orques...


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