Depuis samedi, les religieuses trifluviennes ont finalement pu rayer la dette de 130 $ de leurs livres comptables; cette dernière remontant aux soins offerts aux soldats américains lors de la bataille de 1776.
Washington a donc réparé cette erreur, au cours de la fin de semaine, grâce à la présence du consul général des États-Unis au Québec, David R. Fetter, venu pour souligner les 375 ans de la seconde plus vieille ville francophone d'Amérique.
Pour marquer le coup, sur la rue des Ursulines, s'est déroulée une véritable reconstitution historique de la bataille de Trois-Rivières. À ce moment charnière dans l'histoire, les soldats anglais et canadiens en poste en sol trifluvien réussissaient avec peine à contenir les forces américaines, qui tentaient d'envahir la province de Québec.
D'un côté ou de l'autre de la côte Plouffe, où tout s'est joué, les militaires touchés avaient trouvé refuge chez les Ursulines.
Mais les Américains étaient repartis sans acquitter la note, dont la valeur actuelle, si l'on indexait la somme, pourrait osciller entre vingt et quarante millions $. Vaut mieux tard que jamais, semble-t-il.
Prise deux
Ainsi, les belligérants ont eu droit à une reprise de cette confrontation, samedi, devant les dignitaires et une foule de quelques centaines de personnes.
Si le déploiement se voulait de moindre envergure que ce qu'envisageaient les organisateurs au départ, il s'est montré efficace et émouvant en certaines occasions. Le consul américain, qui semblait fébrile avant sa prestation, peut en témoigner.
Il s'agissait pour lui de l'apogée de cette journée, pendant laquelle il s'était imprégné de Trois-Rivières, en se rendant notamment au Moulin seigneurial du secteur Pointe-du-Lac pour y découvrir l'exposition La fois où on a failli devenir Américains... L'histoire d'Antoine Gauthier.
«Quand on se retrouve au milieu de tout cela, dans ce lieu historique, c'est vraiment quelque chose. C'est émouvant et ça donne un petit goût d'histoire», a confié David R. Fetter quelques minutes après avoir tendu un sac contenant 130 pièces bien sonnées à soeur Yvette Isabelle.
La supérieure provinciale des Ursulines a elle aussi accepté de jouer les comédiennes, l'instant de cette reconstitution. Elle a visiblement apprécié l'attention, qui ne garnira certainement pas les coffres de la congrégation, mais qui permettra de faire le plein de reconnaissance. «J'ai reçu cela comme une reconnaissance pour ce qui a été fait, avec beaucoup d'amour et beaucoup de désintéressement. Les Ursulines soignaient tout le monde. C'est finalement un geste qui dit : oui vous avez accompli de belles choses et on vous le dit», a confié la soeur, tout en fixant le butin contenu dans un petit sac noir qui prendra le chemin des archives.
Des personnalités
L'activité à saveur historique a été observée de près par une longue liste d'invités, qui devaient ensuite se joindre à un banquet organisé par les Ursulines.
Dans la foule, on a pu apercevoir le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne, ainsi que quelques personnalités des milieux politique et économique. Pour l'occasion, les mesures de sécurité avaient d'ailleurs été renforcées.
Jean Chrétien et son épouse Aline auront été des spectateurs attentifs. L'ex-premier ministre a ponctué sa rencontre avec les médias d'anecdotes et d'histoires savoureuses, notamment au sujet de son passage au Séminaire de Trois-Rivières.
Mais lorsqu'interrogé sur le sujet, Jean Chrétien s'est bien gardé de commenter l'aspect politique des Fêtes du 375e, qui n'ont pas reçu le soutien escompté du gouvernement fédéral. «Je suis sorti des querelles politiques. Bon, j'ai eu de la misère à me retenir quelques fois, mais là je vais me retenir», a-t-il répondu.












