Mme Marois a annoncé hier matin, à la Cité de l'énergie, une série de mesures économiques qu'un gouvernement du Parti québécois mettrait en place pour réduire les effets de la crise appréhendée.
Un peu plus tard en entrevue, la chef du PQ a convenu que la Mauricie affrontait de forts vents de face ces années-ci. L'enjeu des redevances pour l'exploitation des ressources naturelles, dont hydroélectriques, trouverait une oreille attentive si elle devenait première ministre.
«Moi, je n'ai pas de problème avec les redevances forestières ou hydroélectriques», commente-t-elle. «J'ai toujours dit qu'on pouvait prendre une partie de redevances, mais je crois qu'il faudra qu'il y ait une péréquation entre les régions.»
Il resterait à déterminer les modalités de cette formule de partage, à laquelle la Mauricie deviendrait sans doute une grande bénéficiaire. Par contre, Mme Marois demeure tiède aux statuts particuliers, comme le réclamait Shawinigan l'an dernier à la suite de la fermeture de la papeterie Belgo.
«Un gouvernement a un rôle de régulateur», soutient-elle. «Ça doit être capable de traiter équitablement les citoyens, qu'ils vivent à Gaspé, à Shawinigan, dans Mékinac ou à LaSarre. C'est une responsabilité majeure du gouvernement. On ne peut donc pas imaginer qu'une région aura des sommes considérables et qu'une autre sera complètement appauvrie parce qu'elle n'aura pas le même accès à certaines redevances.»
Programmes abandonnés
Mme Marois souligne que la plate-forme économique du PQ contiendra de nouvelles mesures spécifiques aux régions. Elle parle notamment de la création de nouveaux fonds d'investissement, sous une autre forme que les fameux FIER mis en place par les libéraux.
Du reste, la leader péquiste opine que les régions se porteraient peut-être mieux si l'actuel gouvernement avait maintenu avec un peu plus de vigueur les initiatives économiques mises de l'avant entre 1994 et 2003.
«Le gouvernement a réduit comme une peau de chagrin tous les outils qui étaient disponibles», souligne-t-elle.
«Dès son arrivée, il a levé le nez sur les projets ACCORD. Là, ils sont revenus, ils ont trouvé que finalement, c'était pas pire. Mais qu'ont-ils fait pour vraiment soutenir les projets ACCORD? Ils ont défait les conseils régionaux de développement et ils ont mis en place des conférences régionales des élus, une institution moins intéressante, à mon point de vue, parce qu'une partie de la société n'est pas là.»
«En plus, ils ont mis de côté la SGF, ils ont réduit les fonds à Investissement Québec, ils ont privatisé les Innovatech. Des outils qui étaient disponibles pour les régions! Je crois à ces outils et dans certains cas, on va les réanimer (si le PQ forme le prochain gouvernement).»
Mme Marois rappelle que le PQ a aussi créé le concept des régions ressources, les centres locaux de développement et leurs fonds locaux d'investissement.
«Les régions étaient équipées pour commencer à se diversifier», regrette-t-elle. «Québec a coupé dans ça en proposant de nouvelles façons de faire, qui ne donnent rien. Les FIER, ça ne marche pas!»












