Depuis quelques semaines, la mairesse, Lise Landry, évalue le projet à 23,3 millions de dollars. Elle a répété ce montant dans un cadre plus officiel en fin d'après-midi lundi, lors de la présentation de la situation financière de la Ville.
En fait, ce montant de 23,3 millions $ inclut simplement les règlements d'emprunt pour les quatre premières phases, dont le total s'élève à 20,8 millions $. On y ajoute 2,5 millions $, somme versée pour les honoraires des services professionnels.
Une nouvelle philosophie, car auparavant, les intervenants municipaux interrogés sur le dossier de l'amphithéâtre répétaient systématiquement que l'évaluation des coûts incluait strictement les travaux sur le chantier.
Ce montant de 23,3 millions demeure toutefois incomplet, reconnaît le directeur général de la Ville, Gaétan Béchard.
En effet, le cinquième lot n'est pas inclus dans ce calcul. On sait que cette phase, qui touchait à l'aménagement extérieur, a été fortement revue à la baisse à la suite de la contestation d'un nombre suffisant de contribuables pendant la signature du registre portant sur l'adoption d'un règlement d'emprunt de six millions de dollars.
Cette phase incluait divers travaux connexes, comme le déplacement d'une conduite d'aqueduc, l'aménagement d'un promontoire panoramique, l'amélioration de l'éclairage, l'aménagement d'un rond-point à l'entrée du site, le mobilier urbain, l'affichage extérieur et l'aménagement paysager.
La Ville a finalement réduit le tout à sa plus simple expression, avec notamment un stationnement en poussière de pierre. M. Béchard croit que cette phase sera réalisée pour moins d'un million de dollars, en régie interne.
Il s'agit cependant d'un «aménagement temporaire», reconnaît la mairesse. En entrevue, elle convient que des citoyens la questionnent sur la qualité de la finition d'un projet qui doit pourtant faire la fierté de la Ville.
Il ne fait donc aucun doute que certains éléments prévus initialement dans le lot 5 seront repris plus tard. Impossible de savoir quand, pour le moment, puisqu'il reste des priorités budgétaires à établir au conseil municipal pour l'an prochain. «À court terme, nous n'avions pas le choix. Il fallait donner accès à l'amphithéâtre», convient M. Béchard.
«À moyen ou à long terme cependant, ça ne restera pas comme ça. Notre plan de match n'est pas encore arrêté; on ne sait pas encore exactement quoi, ni quand. Mais c'est certain qu'on ne laissera pas l'extérieur de l'amphithéâtre comme ça pendant 20 ans!»
Pour le reste, la facture de 23,3 millions $ ne comprend pas non plus le tableau indicateur, la machine à glace, les équipements pour la billetterie et les avenants accordés à l'entrepreneur Pomerleau. À eux seuls, ces éléments représentent un coût supplémentaire de 1,1 million $, qui n'est pas encore pris en considération dans l'estimation sommaire du projet.
En ajoutant cette facture à celle de la dernière phase, on voit mal comment la Ville pourrait s'en tirer à moins de 25 millions $.
Obligations
Dans son discours de lundi, la mairesse a également annoncé l'émission d'obligations pour une valeur de 23,6 millions de dollars, sur des périodes variant entre un et cinq ans. La plus importante partie, soit 16,1 millions $, est dédiée à l'amphithéâtre.
Rappelons que le gouvernement du Québec échelonne sa subvention de 4,7 millions $ sur une période de dix ans en guise de contribution pour la construction de l'amphithéâtre, ce qui oblige la Ville à financer cette somme. La partie du gouvernement fédéral, au même montant, a déjà été versée.
À la suite de cette émission d'obligations, la dette totale de la Ville s'établira à 97 millions de dollars. Étant donné qu'environ le tiers de ce montant est assumé par le gouvernement du Québec, l'endettement net à long terme se situera à 68 millions $.










