«Je m'attendais à ce résultat-là. Je savais, en voyant ce qui est arrivé à Laval et à Saguenay, qu'on s'en allait vers ça. Il y a une jurisprudence et ça me semble tout à fait normal qu'on dise aux villes de cesser de réciter une prière aux séances du conseil», explique la citoyenne.
Louise Hubert affirme ne pas être du genre à crier victoire. «Je ne considère pas ça comme une victoire personnelle. Mon but était d'amener une réflexion et de faire en sorte qu'on puisse en arriver à une vraie séparation de l'État et de la religion», insiste-t-elle.
À ses yeux, la récitation d'une prière au début des assemblées constitue une forme d'étalage des convictions religieuses. «Toutes ces formes-là de pavanage religieux devraient être retirées de la place publique. La religion, c'est quelque chose de très intime, de très personnel. Je n'ai pas à dire à qui que ce soit ce qu'il faut croire et qui est-ce qu'on doit prier. Je pense que la Ville n'a pas à faire ça non plus. Chaque individu est responsable de sa santé spirituelle. On n'a pas le droit d'imposer ça à personne», commente-t-elle.
Mme Hubert dit espérer que le geste qu'elle a posé contribuera à faire du Québec une société véritablement laïque. «J'espère que le maire Lévesque aura la sagesse de respecter la décision de la Commission et les principes qui sont derrière ça», a-t-elle ajouté. Elle estime que la façon de faire que propose le maire actuellement, en donnant huit secondes -le même temps qu'il lui faut pour faire la petite prière au conseil - à des représentants d'autres confessions religieuses, est loin de constituer une solution adéquate.
Pas de compensation
Si Louise Hubert souhaite obtenir une compensation monétaire, elle devra vraisemblablement s'adresser elle-même, à titre individuel, au Tribunal des droits de la personne. Dans leur décision, les commissaires mentionnent que pour ce préjudice que la plaignante allègue avoir subi, la Commission choisit de ne pas s'adresser à un tribunal au bénéfice de la plaignante. Elle peut utiliser cette discrétion en vertu de l'article80 de la Charte des droits et libertés de la personne.
«Nous avions à démontrer qu'il y avait une preuve suffisante et on l'a fait. Maintenant, puisqu'il y a eu un jugement semblable dans le cas de Laval, on estime que madame peut elle-même faire valoir ses droits individuels», explique MeMarc-André Dowd, vice-président de la CDPDJ.
La principale intéressée assure qu'elle observera d'un oeil attentif ce qui se passera au cours des prochaines semaines à Trois-Rivières. «Je vais voir s'il y a lieu d'aller plus loin. On verra.»
LA PRIÈRE RÉCITÉE À TROIS-RIVIÈRES
Voici le texte récité avant chaque séance publique du conseil municipal trifluvien:
Seigneur, faites de nous de bons gestionnaires, guidez-nous dans nos décisions, donnez-nous la sagesse et la compréhension pour toujours bien servir nos concitoyens. Que cette assemblée soit menée dans la sérénité au bien-être de toute la collectivité. Amen.













