«C'était un travailleur infatigable, ça m'a toujours impressionné», s'est souvenu hier l'ex-premier ministre.Jean Pelletier a été chef de cabinet de Jean Chrétien pendant 11 ans, mais c'est d'abord comme maire de Québec, de 1977 à 1989, que les Québécois ont appris à le connaître. «Il a servi le public toute sa vie et il a montré que c'était très honorable, et ça, même les gens des autres partis le reconnaissent», a dit Jean Chrétien.
Jean Pelletier comptait un autre chef d'État parmi ses amis: Jacques Chirac. «Chirac m'a appelé hier soir (samedi) pour avoir de ses nouvelles, puis ce matin (hier) pour partager ma peine», a raconté Jean Chrétien.
Jean Pelletier a fait ses premières armes dans la sphère publique dès le début des années 60. «La politique, ça a toujours été son bag», a raconté hier son ami d'enfance, Marcel Jobin, qui le connaissait depuis l'âge de 4 ans. «C'était aussi un homme drôle, toujours avenant. Je perds mon partenaire de pêche des 40 dernières années.»
«Même pendant sa maladie, il est toujours resté un homme extrêmement agréable et intéressant. Il était tellement cultivé», a renchéri son prédécesseur à la mairie de Québec, Gilles Lamontagne, qui le voyait souvent chez lui «pour prendre un petit gin et discuter».
Au début des années 2000, dans la foulée du rapport Gomery et de son renvoi brutal de VIA Rail à la suite de ses propos au sujet de Myriam Bédard, Jean Pelletier a connu une fin de carrière difficile. «Évidemment que ça l'a affecté beaucoup, il était déçu, mais il n'a jamais été amer», dit Jean Carle, qui a travaillé avec lui pendant 10 ans dans le cabinet de Jean Chrétien.
Ses détracteurs disaient de Jean Pelletier qu'il était tranchant, cassant. «Il n'a pas inventé la flatterie, mais c'était sa grande qualité de dire ce qu'il pensait. Il était d'une grande intégrité et ne jouait pas de jeu», a plutôt rectifié Jean Chrétien.
«Il était juste et donnait la chance à tout le monde de s'exprimer», a aussi ajouté Jean Carle. Un autre ancien collègue et ami, Eddie Goldenberg, l'a décrit comme un grand rassembleur, «le chef d'orchestre dont tout cabinet politique a besoin».
«Je n'hésitais jamais à lui demander conseil et il n'hésitait jamais à me dire le fond de sa pensée», a déclaré l'actuel maire de Québec, Régis Labeaume, qui le considérait comme un mentor. «Il avait Québec dans l'ADN. C'était un passionné.»
Le rôle de Jean Pelletier dans le rayonnement de Québec a d'ailleurs été au coeur de la plupart des hommages qui lui ont été rendus hier. Même de la part du premier ministre conservateur Stephen Harper: «Jean Pelletier a consacré des décennies à servir le public. En tant que maire de Québec, il a fait reconnaître la ville aux niveaux national et international, ce qui est un legs tout à fait extraordinaire», a-t-il commenté dans un communiqué.
Plus émotif, le nouveau chef du parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, s'est montré «profondément attristé» par la nouvelle. Il avait demandé conseil à M. Pelletier il y a quelques semaines à peine. «Son courage et son sang-froid m'ont profondément ému.»
Conformément à la volonté de M. Pelletier, il n'y aura pas d'obsèques officielles. La date de ses funérailles n'est pas encore connue, mais un hommage lui sera rendu demain pendant la messe célébrée à la basilique-cathédrale de Québec. Un registre sera également mis à la disposition du public à l'hôtel de ville.












