Le cri d'alarme est entendu

Le ministre de la Santé s'attaque aux urgences

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Le ministre de la Santé s\'attaque aux urgences

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L'urgence du CHRTR a été ciblée comme étant l'une des plus problématiques de la province.

Photo: Krystine Buisson

 

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le cri d'alarme lancé en novembre dernier par la direction du CHRTR n'aura pas été vain. Avec une moyenne quotidienne de 70 à 80 patients sur civière alors que la limite est de 45, l'urgence fera finalement l'objet d'une analyse afin de trouver des solutions durables au problème d'engorgement.

Des 118 urgences du Québec, celle du CHRTR a en effet été ciblée comme étant l'une des plus problématiques au même titre que celles des hôpitaux Notre-Dame et Hôtel-Dieu du CHUM, du Centre hospitalier Saint-Eustache et de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, du Centre Hospitalier Régional de Lanaudière, de l'Hôpital Pierre-Le Gardeur, de l'Hôpital de Hull, de l'Hôpital de Gatineau, de l'Hôpital Saint-François d'Assise et de l'Hôpital Santa Cabrini.

 

Après avoir surveillé la situation à tous les jours ces derniers mois, le ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc, a identifié les urgences problématiques en fonction de leur taux d'occupation, qui frôle les 200% et de la durée moyenne de séjour, pour ensuite en faire l'une de ses priorités.

Les visites devraient donc bientôt débuter dans les établissements visés. Par contre, il est impossible d'obtenir des détails sur l'échéancier, tant au MSSS qu'à la Direction nationale des urgences. «Le plus vite possible» semble être le mot d'ordre.

«L'objectif est d'établir un diagnostic des principales causes de l'achalandage propres à chaque endroit, de trouver des solutions qui peuvent être implantées et qui porteront fruit à long terme. Nous aimerions que la situation redevienne sous contrôle d'ici à quelques mois», a indiqué le Dr Pierre Savard, directeur national des urgences au ministère de la Santé.

Il précise cependant que le problème est multifactoriel. «L'urgence est un peu le thermomètre du réseau. On ne peut pas prendre l'urgence de façon isolée. Il faut regarder le processus organisationnel en amont et en aval. Les difficultés sont multiples et les solutions aussi. Toutefois, même s'il y a des constances dans le réseau, il faut aussi tenir compte que chaque région a sa couleur locale d'où l'importance d'aller sur le terrain pour faire le diagnostic en tenant compte de l'expertise des différents intervenants», a-t-il ajouté.

Parmi ces constances, le Dr Savard signale le nombre accru de personnes en perte d'autonomie, l'accessibilité aux services de première ligne, le cheminement du patient à l'intérieur de l'établissement, les modes organisationnels, etc.

Quant à savoir pourquoi une telle opération n'a pas été faite plus tôt, le Dr Savard se porte à la défense du gouvernement. «Ce n'est pas vrai que rien n'a été fait car si c'était le cas, la situation se serait détériorée. Il ne faut pas oublier qu'on travaille avec des humains, des organisations et une structure physique», a-t-il clamé.

La porte-parole du ministre de la Santé, Marie-Ève Bédard, rappelle pour sa part que des grands chantiers sont en cours visant à développer des soins de longue durée, renforcer la première ligne et améliorer les performances par de meilleures pratiques de gestion.

 

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