Travailler, c'est trop dur... à l'extérieur

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Travailler, c\'est trop dur... à l\'extérieur

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Journée difficile pour les éboueurs. Marc-Olivier Lajoie, croisé dans les rues de Shawinigan, en sait quelque chose.

Photo: Sylvan Mayer

Cindy Levesque
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Au coin de l'avenue des Cèdres et de la 7e Rue, à Shawinigan, Raymond Houle est habillé pour les circonstances. Quatre épaisseurs de vêtements le protègent du froid mordant qui sévit, lui qui semble mieux protégé que les enfants qu'il fait traverser dans son rôle de brigadier scolaire. Il est loin d'être le seul travailleur à devoir compter l'hiver au nombre de ses difficultés professionnelles.

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Marcel Perron, brigadier scolaire depuis 24 ans, a vaqué à ses occupations habituelles à l'intersection de la 125e Rue et de la 5e Avenue dans le secteur Shawinigan-Sud.

Photo: Sylvan Mayer

M. Houle ne sera brigadier que provisoirement, puisqu'il effectue un remplacement, mais il a pas pris ses précautions, hier, avant de gagner son coin de rue. «Je porte quatre couches de vêtements avec un bon cache-cou, deux paires de gants et des sachets dans mes bottes», détaille-t-il.

 

Le plus difficile? Rester sur place comme l'exige sa fonction, attendant que les enfants se présentent pour leur permettre de traverser la rue à raison de quatre heures par jour, divisées en trois blocs. «Il y a un temps mort sur l'heure du midi; j'en profite pour aller m'asseoir dans l'auto!» sourit-il. Également camelot depuis peu, le travailleur assure que cette tâche, elle aussi extérieure, est beaucoup moins difficile. «Au moins, on bouge!»

Les facteurs bougent aussi, ce qui n'empêche pas qu'ils doivent se protéger, insiste Christiane Ouimet, porte-parole de Postes Canada. «Un facteur passe quand même une moyenne de cinq heures à l'extérieur. Même s'ils disent qu'à force de bouger on sent moins le froid, il faut faire doublement attention. C'est justement quand on le sent moins, particulièrement au niveau des parties exposées du visage, qu'il y a danger d'engelures», explique-t-elle.

Bien équipés au départ, on les incite à apporter des vêtements supplémentaires ces jours-ci. «Il faut aussi évidemment de bien se réchauffer et ils feront des pauses plus fréquentes sur leur itinéraire», indique Mme Lemaire.

Dans les villes de la région, les employés municipaux sont aussi sur un pied d'alerte, même si les grands froids ne sont pas si inhabituels. «On est habitués à ça», nuance Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. «Aujourd'hui, les seules mesures qu'on prend vraiment, c'est de surveiller de plus près la situation, concernant le réseau d'aqueduc notamment. Même si ça arrive fréquemment en période de haut froid, il n'en demeure pas moins que la majorité des bris vont survenir en novembre et au printemps lorsque ça dégêle. La difficulté dans les cas comme ça, c'est évidemment de faire les réparation par froid intense», décrit-t-il, soulignant que l'équipement routier pourrait aussi demander plus de réparations qu'à l'habitude.

À Bécancour, on est bien conscient qu'il n'est pas très agréable de travailler par un temps aussi froid. «Nos gens sont équipés, mais on ne fait évidemment pas exprès pour les faire sortir! On sait que cette période-ci, à la voirie, est tranquille; mais s'il y a quelque chose à réparer, on y va», indique le directeur général Gaston Bélanger, rappelant que les 280 kilomètres de réseau d'aqueduc et 11 postes de pompage sont monitorés à partir de la centrale d'eau. «Aussitôt qu'il y a une perte de pression à quelque part, nos gens sont prêts à intervenir et ils sont équipés pour ne pas geler. On ne fait pas exprès; si on s'aperçoit que c'est pour prendre plusieurs heures, on organise des rotations.»

Aucune mesure particulière n'a été prise ni travaux retardés à Shawinigan, où le responsable des communications François St-Onge souhaitait seulement rappeler aux automobilistes qu'à partir de -15 degrés Celsius, les abrasifs sont moins efficaces.

La collecte des déchets et des matières recyclables ne laisse pas non plus de repos aux travailleurs de la Régie de gestion des matières résiduelles. Sylvie Gamache, coordonnatrice aux communications et projets, précise qu'aucune mesure particulière n'est prise pour les journées de grand froid. «C'est évidemment plus exigeant, ce qui fait que la collecte peut être plus longue. On a aussi plus de difficultés du point de vue mécanique, comme ailleurs», explique-t-elle.

Mieux vaut prévenir...

Il existe plusieurs façons de prévenir les engelures et l'hypothermie pour ceux qui sont contraints de travailler à l'extérieur par grands froids. La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a tenu à rappeler les précautions à prendre, hier, en vue des prochains jours.

Pour éviter le pire, il est conseillé de chauffer le poste de travail lorsque c'est possible, ou encore d'installer des abris chauffés pour les travailleurs. Ceux qui utilisent des poignées ou des barres de métal dans le cadre de leurs fonctions devraient les recouvrir avec un isolant thermique. Évidemment, il est primordial de porter des vêtements adaptés à la température et aux tâches à exécuter. «On n'hésite pas à mettre plusieurs épaisseurs et à se couvrir la tête», insiste Sophie Gaudreault, communicatrice régionale pour la CSST.

Elle suggère aussi d'alterner les périodes de travail et de réchauffement sans attendre les frissons ou la sensation de froid et d'organiser son horaire pour accomplir les tâches extérieures au moment le plus chaud de la journée, par exemple lorsque c'est ensoleillé.

«Dans le cas où malheureusement il y a engelure, il faut réchauffer localement les parties atteintes avec des compresses d'eau tiède. C'est important de ne pas frictionner la peau. Si, après un moment, la sensibilité de la peau ou la circulation ne revient pas à la normale, il faut demander de l'aide médicale rapidement, de même que si la peau a une apparence blanche et cireuse», poursuit-elle.

Une personne atteinte d'hypothermie pourrait quant à elle souffrir de grelottements, sentira ses extrémités froides et un peu engourdies. «Mais parfois, quand l'hypothermie est plus avancée, les symptômes peuvent être un manque de concentration, une baisse de vigilance et un comportement inhabituel ou incohérent. Il faut aussi savoir que si l'hypothermie devient plus grave, les grelottements peuvent cesser», explique Mme Gaudreault.

Dans un tel cas, il faut garder la personne éveillée, lui procurer des vêtements secs et l'envelopper de couvertures. «S'il s'agit d'un cas plus sérieux, on peut aussi installer l'installer dans un sac de couchage avec une autre personne pour qu'il y ait un échange de chaleur», détaille la communicatrice régionale, soulignant qu'on peut lui faire boire des boissons tièdes mais pas chaudes, sucrées mais pas alcoolisées. «Il faut évidemment appeler de l'aide médicale dès que c'est possible», conclut-elle.

L'un des autres problèmes liés à l'exposition au froid est le pied d'immersion, qui se caractérise par une lésion aux orteils et à la peau du pied accompagnée de douleur, d'enflure et de décoloration de la peau. Il faut alors réchauffer et sécher le pied, éviter une autre exposition au froid et faire appel aux services médicaux.

 

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