Les résultats de l'analyse de 1632 courriels reçus par la Municipalité tendent à corroborer les dires du conseiller André Drouin, à l'origine du code de vie, qui a toujours soutenu avoir l'appui de 80 % à 90 % des gens avec qui il a été en contact. Hier soir, celui-ci semblait d'ailleurs satisfait des conclusions de la recherche.
Ainsi, 83 % des gens qui se sont manifestés par courriel ont accordé leur appui au code de vie d'Hérouxville, contre 10 % qui s'y sont montrés opposés. Les 7 % restants correspondent à des courriels qui ne portaient pas sur ce sujet. «Quand les gens ont véhiculé le message qu'ils recevaient beaucoup d'appuis, ce n'était pas erroné. Ce n'est pas représentatif du Québec, mais c'est légitime de leur part de le penser quand on reçoit autant de courriels dans ce sens», explique Stéphane Perreault, qui a pu compter sur la collaboration de son collègue de l'Université McGill Dan Taylor et de celle de deux assistantes, Audrey Dupuis et Gabrielle Ébacher.
Une grande majorité des personnes qui se sont dites en faveur du code de vie dans ces envois n'ont pas donné de justification, mais ceux qui l'ont fait ont évoqué tantôt une justification que le chercheur nomme «intergroupe», plus compétitive - «Nous, on va vous dire comment faire», illustre M. Perreault - tantôt une justification politique - «À Rome, on fait comme les Romains».
Il faut toutefois rester prudent dans l'analyse que l'on fait des résultats, insiste M. Perreault. L'échantillon, composé des 1632 courriels, n'est pas représentatif du Québec et pourrait comporter un biais. Il s'agit aussi de l'étude d'une situation à un moment précis dans le temps. «La question était: sont-ils pour ou contre le code de vie, et pourquoi? Il n'est pas question ici des accommodements raisonnables», précise le chercheur, qui a procédé lui-même à l'anonymisation des courriels avant de leur imposer une grille de codification.
Parmi les faits saillants, Stéphane Perreault note tout de même la forte proportion des gens s'identifiant comme immigrants dans leur courriel qui se disent en faveur du code de vie (76 %). Il faut toutefois noter que seules 71 personnes correspondent à cette définition, la plupart des signataires (68 %) ne s'identifiant à aucun groupe en particulier. Vingt-cinq pour cent ont précisé qu'ils étaient Québécois, contre seulement 2 % comme Canadiens.
Quatre pour cent des signataires ont par ailleurs pris soin de souligner le fait qu'ils n'étaient pas racistes. Des 1632 fichiers analysés, 87 % ont été envoyés par des personnes s'exprimant en français, majoritairement des hommes (61 %). Parmi ceux qu'il a été possible de situer géographiquement, plusieurs courriels provenaient de la région (4,5 %), mais un très grand nombre est aussi venu d'ailleurs en province, et même du reste du Canada (7,5 %) et d'ailleurs dans le monde (5 %).
Après de dernières vérifications d'usage, Stéphane Perreault prévoit présenter le résultat de ses recherches au prochain congrès de la Société canadienne de psychologie à Montréal et, par la suite, écrire un article qu'il soumettra à la Revue canadienne de psychologie.











