«Le but de ça, c'est de trouver une solution. On ne veut pas que ça ferme», a expliqué hier au Nouvelliste l'attaché de presse de la ministre, Dave Leclerc.
Toutefois, ce dernier précise que la solution ne réside pas nécessairement dans un chèque. «Ce n'est pas nécessairement juste en donnant de l'argent qu'on va résoudre la situation. Il existe d'autres solutions et dans le cas particulier de Récupération Mauricie, on est vraiment ouvert», dit-il. «L'important, c'est que ça ne ferme pas et que les matières soient recyclées. Ce n'est pas pour rien qu'Emploi-Québec va être là. Il existe d'autres programmes», plaide-t-il.
«Ils commencent à se réveiller», a commenté hier pour sa part le président de Récupération Mauricie, Jean-Guy Doucet en réaction à cette annonce.
Ce dernier confie qu'il n'a pas tiré la serviette encore. Il souhaite lui aussi préserver les emplois et continuer la récupération. «Après l'annonce d'un programme général par un ministre, c'est rare que c'est final. On peut encore faire bouger des choses», dit-il, en ajoutant que le député Jean-Paul Diamond «travaille bien» dans ce dossier pour aider Récupération Mauricie.
«Je n'hésite pas à dire que la ministre fait de la désinformation», nuance-t-il toutefois. «Elle part sur des prémices qui ne sont pas tout à fait vrais. Quand elle dit qu'il y a des entreprises qui vont importer de la matière parce qu'il en manque au Québec, c'est tout à fait faux. Il n'en manque pas. Il y en a trop. Il faut en vendre à l'extérieur. Cascades a 21 centres de tri en Ontario et aux États-Unis», illustre-t-il.
Dans un communiqué émis hier, Cascades accueille favorablement les mesures mises de l'avant par la ministre et explique ne pouvoir compter actuellement que sur le papier récupéré au Québec pour assurer ses activités en raison de la «qualité déficiente» de ce dernier. Le papier issu des centres de tri québécois contient trop de contaminants, comme le métal, le verre et le plastique, plaide l'entreprise de recyclage.
Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades, estime qu'il est «anormal que des entreprises comme Cascades soient forcées d'importer de la matière des États-Unis ou d'ailleurs au Canada pour combler leurs besoins en vieux papiers.»
Cascades se montre donc satisfaite des objectifs de la ministre Beauchamp d'assurer l'amélioration de la qualité des produits issus des centres de tri du Québec.
Des opinions partagées
Le gouvernement «aurait pu accélérer et même devancer les versements des montants de la redevance au recyclage qui leur est dû. Ça aurait donné un bon coup de main. On aurait même pu devancer ceux de 2009, basés sur les résultats de l'année précédente», suggère Patrick Simard, le directeur général du CREM.
M. Simard a d'ailleurs dû avoir une bonne discussion, hier, avec le Regroupement national des conseils régionaux en environnement.
C'est que le RNCRE a envoyé aux médias un communiqué selon lequel il accueille positivement les mesures proposées par la ministre Beauchamp, une position qui n'est pas partagée par la branche mauricienne.
«Ils ont émis une position générale pour les 16 CRE», explique M. Simard. Toutefois, dit-il, cette position ne s'applique pas à tous les CRE du Québec.
L'aide financière sous forme de garanties de prêts annoncée par la ministre «peut permettre de peut-être prolonger les activités du centre de tri pour à peu près trois mois. Sauf qu'au bout de trois mois, il se retrouve dans la même situation, mais probablement pire parce qu'il va avoir un endettement de 300 000 $», fait-il valoir.
Les réactions face aux mesures annoncées mercredi par la ministre Beauchamp ont été nombreuses hier et variées.
L'Union des municipalité du Québec a accueilli favorablement le plan d'intervention pour venir en aide aux centres de tri.
La mairesse de Shawinigan, Lise Landry, qui est membre du conseil d'administration de l'UMQ, a par contre fait savoir qu'elle s'inquiète, en tant que mairesse, de l'avenir du centre de tri.
«C'est un organisme à but non lucratif qui emploie des gens qui n'auraient peut-être pas la possibilité d'avoir du travail», a-t-elle rappelé en entrevue au Nouvelliste.
«On est dans des périodes difficiles. Fort probablement, il y aura des décisions qui devront se prendre. Nous, comme Ville, ça va nous apporter des coûts supplémentaires. Je pense qu'il y a quelque chose à quelque part qui n'est pas bien analysé», a-t-elle dit avant de se rendre à une réunion de la Table des préfets à laquelle le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, Pierre Bouchard, était invité afin de discuter de ce dossier.
À l'instar de l'UMQ, la Fédération québécoise des municipalités accueille avec satisfaction les mesures annoncées mercredi par la ministre.
Toutefois, le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets et son président, Louis Charest (qui est aussi président de la Régie intermunicipale de gestion intégrée des déchets de Bécancour-Nicolet-Yamaska), considèrent que les mesures «ne permettront pas de régler la crise qui sévit actuellement dans le monde de la récupération des matières recyclables.»
Le FCQGED, qui regroupe 90 organismes environnementaux du Québec, estime que les mesures sont insuffisantes.
«Je ne crois pas que demain matin tous les centres de tri au Québec se sentiront soulagés par cette annonce», analyse M. Charest.











