Et ce n'est pas parce que personne n'a levé la main si le nom de l'amphithéâtre de Shawinigan n'a pas encore été monnayé. Le Nouvelliste a en effet appris que les autorités municipales avaient reçu, avant l'inauguration officielle, une offre d'un commanditaire des Cataractes qui souhaitait justement se porter acquéreur du nom du nouvel édifice. Offre qui aurait pu rapporter jusqu'à un demi-million$ sur une décennie et qui a été repoussée du revers de la main.
L'information a été confirmée par le grand manitou des Cataractes, Martin Mondou. «C'est vrai qu'un de nos commanditaires a fait une proposition à la Ville. Ça impliquait un partage de revenus entre la Ville et les Cataractes mais on nous a répondu qu'il n'y avait pas d'ouverture pour ce genre d'entente», acquiesce Mondou.
Ce dernier n'a pas voulu aller plus loin, par respect pour les parties impliquées. Le Nouvelliste a tout de même su que l'entreprise en question était Bionest et que la proposition couvrait les cinq prochaines années, les Cataractes et la Ville se partageant annuellement une somme de 50000$. Le grand manitou de Bionest, Gilles Champagne, atteste ce chiffre. «J'ai proposé une entente de cinq ans d'une valeur de 250000$, assortie d'une option de cinq autres années pour le même montant», confie-t-il. «Ce n'est pas moi qui ai fait la présentation à la Ville, c'est Martin Mondou. Tout ce que je sais, c'est que l'offre n'était pas attrayante aux yeux des élus municipaux...»
Champagne ne se dit ni amer ni choqué de la décision de la Ville. «En affaires, ça ne donne rien d'être déçu. J'ai fait une proposition que j'estimais bonne mais elle n'a pas été retenue et c'est correct. Merci, bonsoir. Je pensais bien faire, c'était une façon pour moi de m'impliquer dans le milieu. Je trouve important de m'impliquer socialement. Maintenant, la Ville estime sûrement qu'elle peut trouver une entreprise prête à faire une meilleure offre. Comme payeur de taxes, je souhaite que ça fonctionne.»
L'offre déposée par Bionest était valide jusqu'à l'inauguration à la mi-décembre. Champagne ne dit pas qu'il n'est plus intéressé du tout par le dossier mais il soutient qu'il est maintenant moins porteur à ses yeux. «Tant qu'à voir Bionest devenir le nom de l'amphithéâtre, je voulais au moins profiter de l'ouverture officielle pour avoir de la visibilité. Il y avait de l'effervescence dans l'air, cette magie n'est plus la même aujourd'hui. Si la Ville est soudainement intéressée par l'offre faite il y a quelques mois, on va se parler. Mais franchement, ma motivation est pas mal moins forte maintenant qu'en novembre ou en décembre...»
La Ville n'a jamais entendu parler de Bionest!
À la Ville, le directeur des communications, François Saint-Onge, se disait fort surpris d'apprendre que Bionest avait fait une proposition semblable. «Je ne sais pas à qui Bionest a parlé mais ce n'est pas à nous. C'est la première fois que j'en entends parler», assurait-il. «Martin Mondou nous a effectivement fait part d'un projet de partenariat pour monnayer le nom de l'amphithéâtre, mais il n'a jamais mentionné l'entreprise ciblée ni les chiffres. C'était une discussion à bâtons rompus, on est loin d'une offre formelle écrite! Parce qu'on cherche actuellement un commanditaire pour la Ville et que le processus n'est pas terminé, on a répondu qu'on travaillait sur une autre formule pour l'instant et qu'on en reparlerait si nos autres options disparaissaient...»
À titre de comparaison, Desjardins a paraphé une entente de cinq ans en 2006, d'une valeur de 200000$, pour accoler son som à l'amphithéâtre Gilbert-Perreault de Victoriaville. Le montant a été encaissé en totalité par les Tigres.
À propos de Bionest
Bionest est une entreprise du Centre-de-la-Mauricie qui propose un système de fosse septique lié à un réacteur écologique. Cette technologie permet de transformer les eaux usées des résidences et de traiter ces eaux jusqu'à ce que la concentration en coliformes fécaux atteigne et dépasse même les normes de la baignade. L'eau peut ensuite être désinfectée et déphosphatisée. Bionest a des bureaux et des succursales aux États-Unis, au Moyen-Orient, en France, aux Antilles et au Canada. Depuis peu, les systèmes sont aussi vendus à des stations balnéaires aux îles Turks-et-Caïcos.











