Un groupe de travailleurs s'est en effet rendu au bureau de la ministre pour manifester et lui remettre des documents expliquant que des mesures spéciales pour garantir des prêts à l'industrie forestière seront nécessaires d'ici un mois, sans quoi bien des entreprises pourraient se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. De ce nombre, AbitibiBowater, qui possède l'usine Laurentide de Grand-Mère.
«AbitibiBowater doit rencontrer des renouvellements de prêts d'ici la fin du mois de mars. L'an dernier, à pareille date, la compagnie avait renouvelé pour près de 350 millions $ de prêts. Mais depuis, il s'est passé plein de choses sur le marché, notamment la réduction importante des commandes», explique Claude Gagnon, représentant régional du SCEP-FTQ.
M. Gagnon soutient que depuis les derniers mois, l'industrie forestière est considérée par les banquiers comme une industrie à risques élevés, et donc la majorité des institutions financières hésitent à accorder des prêts aux entreprises.
«Les banquiers ont besoin de garanties additionnelles que l'industrie ne peut leur donner pour le moment. On espère que le gouvernement mettra en place des mesures d'aide, comme des crédits de prêts garantis par exemple», lance Claude Gagnon, en soulignant que les deux paliers de gouvernement sont interpellés dans ce dossier.
Déjà que l'usine Smurfit-Stone de La Tuque est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis quelques semaines, le SCEP craint que le même sort arrive à AbitibiBowater à la fin du mois de mars et que les employés de l'usine Laurentide soient touchés. Au Québec, AbitibiBowater emploie 7600 personnes, et compte 8900 retraités.
La situation économique actuelle n'a pas non plus épargné la caisse de retraite des employés d'AbitibiBowater.
Le niveau de solvabilité du fonds de retraite est présentement qualifié de décevant. Advenant la faillite de l'entreprise, les retraités verraient leurs versements diminués.
«Si le gouvernement ne vient pas en aide à l'industrie, il devra payer plus tard pour de nombreuses personnes qui se retrouveront sans emploi, ou des retraités qui verront leur chèque de retraite baisser de 20% à 25%. Ça affectera l'économie de la région, mais aussi de tout le Québec», mentionne M. Gagnon, en rappelant que le gouvernement doit adapter ses mesures à la nouvelle réalité. «Le défi est différent. Le problème n'est plus le coût de la matière première, ou quoi que ce soit qui a posé problème dans le passé. Les entreprises ont besoin d'accès au crédit pour survivre. L'industrie est au bord du gouffre et en dépend», martèle le représentant syndical.
Julie Boulet n'était pas à son bureau de comté hier matin, retenue à Québec pour préparer la prochaine session parlementaire. L'attachée politique de la ministre Boulet a reçu les travailleurs hier matin et s'est engagée à remettre les documents à la ministre. Le budget du gouvernement sera déposé le 19 mars prochain.











