Hier après-midi, à l'hôtel de ville, la mairesse, Lise Landry ainsi que le président de Bionest, Gilles Champagne, ont confirmé que les deux parties avaient terminé leur négociation pour l'appellation de ce bâtiment. Les élus ont accepté l'entente de principe en séance privée, lundi soir.
L'amphithéâtre devient donc le «Centre Bionest de Shawinigan». Le baptême officiel se déroulera dimanche, alors que les Cataractes recevront la visite de l'Océanic de Rimouski pour le dernier match de la saison régulière. Bionest versera 10 000 $ aux Cataractes pour cette journée spéciale, ce qui constituera la contribution de l'entreprise pour la saison en cours.
Par la suite, soit du 1er juin 2009 au 1er juin 2013, l'entreprise spécialisée dans la conception de systèmes autonomes de traitement des eaux usées domestiques versera 50 000$ annuellement pour voir son nom associé à l'amphithéâtre. La Ville obtiendra 30 000$ et les Cataractes, 20 000$.
Après le 1er juin 2013, les deux parties réévalueront ensemble les termes de l'entente. Dans la proposition initiale, Bionest possédait l'option de renouveler ou non la commandite. Les négociations se sont étirées sur ce point au cours des derniers jours, la Ville souhaitant garder les coudées franches si jamais un partenariat financièrement plus intéressant se présentait dans quatre ans.
L'entente prévoit que Bionest installera deux affiches lumineuses sur l'amphithéâtre, qui devront évidemment respecter les normes municipales. La nouvelle appellation sera reproduite sur la glace et sur la partie supérieure du tableau indicateur.
Au bout de cinq ans, cette entente permettra donc à la Ville de Shawinigan d'empocher 120 000$. Les Cataractes recevront 80 000$, sans compter la somme de 10 000 $ versée pour la joute de dimanche.
Soyons positifs
Grâce au partage de revenus qui lui permet d'empocher 60 % de la commandite, la Ville de Shawinigan ne perdra finalement que 5000$ au bout de cinq ans par rapport à la proposition que M. Champagne voulait soumettre l'automne dernier.
L'homme d'affaires souhaitait alors que les Cataractes et la Ville se divisent également la commandite annuelle de 50 000$ pendant cinq ans, avec l'option de renouveler l'entente.
Cette formule de partage n'entichait pas trop la Ville au départ. Visiblement, la persévérance du directeur général et actionnaire des Cataractes, Martin Mondou, a fait réfléchir le conseil municipal.
«C'est un bon vendeur!» reconnaît la mairesse. M. Champagne ajoute que du côté de Bionest, il ne pouvait exister de commandite sans un partage avec les Cataractes.
Hier après-midi, les revirements des dernières semaines étaient balayés sous le tapis et tout le monde se félicitait de cette entente.
«Dans une période de transaction, il y a des hauts et des bas, comme à la bourse!» sourit M. Champagne. «Le plus important, c'est d'être positif et de faire quelque chose pour que la communauté en bénéficie.»
«Quand des négociations se présentent, il faut prendre le temps d'analyser», ajoute Mme Landry. «Un conseil municipal, ce n'est pas seulement un maire. Il y a aussi dix conseillers à consulter. Quand on prend une décision, elle doit être prise à l'unanimité.»
Mme Landry ne nie pas que dans le contexte économique actuel, la recherche d'une commandite majeure pour l'amphithéâtre ne représentait pas une sinécure. «Nous avions possiblement une multinationale intéressée en 2010», glisse-t-elle.
Pourquoi ne pas avoir attendu jusque-là?
«Parce que je suis là dans le moment!» répond la mairesse, du tac au tac.
Vers une place Jacques-Plante?
L'homme d'affaires Alain Lemieux avoue qu'il est peu étonné que la proposition d'accoler le nom de Jacques Plante au nouvel amphithéâtre de Shawinigan n'ait pas été retenue. Au moins, il se console à l'idée que la mémoire du grand athlète sera sans doute honorée d'une autre façon.
Selon sa compréhension, l'administration municipale jugeait que cette proposition ne lui permettait pas de maximiser les revenus d'une commandite.
Rappelons que des gens d'affaires s'étaient engagés à verser 30 000$ pendant dix ans à la Ville pour que le domicile des Cataractes continue à porter le nom de Jacques Plante... même après la fin de l'entente.
«Je sentais moins d'intérêt parce qu'il s'agissait d'une offre à perpétuité», raconte M. Lemieux. «Maintenant, si une compagnie donne 50 000$ par année, tant mieux.»
L'homme d'affaires précise qu'aucune offre écrite n'a été déposée à la Ville. Les négociations se sont limitées à quelques échanges avec la mairesse, Lise Landry, et le directeur général, Gaétan Béchard.
«Ça ne me donnait rien d'engager un notaire si ça n'intéressait pas la Ville», laisse tomber M. Lemieux.
«C'est sûr qu'on aurait aimé que l'amphithéâtre porte le nom de Jacques Plante, mais le conseil municipal a pris une décision et je respecte cela.»
Outre M. Lemieux, Claude Baril (IGA Extra), André Magny (Construction André Magny), Jean Nadeau (Rôtisserie St-Hubert), Carl Marchand (Les Entreprises Carl Marchand), André Buisson (Société Laurentide), Nelson Moreau (Revêtement de la Cité), Daniel Grenier et Claude Gauthier (Rona H. Matteau), Renée Tremblay (Régis Côté et associés, architectes) et Construction et Pavages Continental - DJL avaient confirmé leur intérêt.
Lors du point de presse à l'hôtel de ville, la mairesse, Lise Landry, a tenu à remercier M. Lemieux et son groupe pour cette proposition.
Elle réitère que le nom de Jacques Plante ne sombrera pas dans l'oubli.
«Nous avons un comité de toponymie qui se penche sur le dossier», précise-t-elle. «Par exemple, on pourrait nommer l'emplacement de l'amphithéâtre la place Jacques-Plante.»
Un dimanche en fête
Les Cataractes ne manqueront pas de souligner la dénomination de leur nouveau domicile dimanche, lors de la visite de l'Océanic de Rimouski.
Le montant de 10 000$ versé par Bionest servira notamment à acheter environ 1300 billets qui seront revendus à moitié prix.
Le directeur général, Martin Mondou, précise également que le jaune sera à l'honneur lors des matchs à domicile des prochaines séries. Les partisans qui seront présents dimanche pourront mettre la main sur l'un des 500 gilets qui seront remis gratuitement. Les autres seront mis en vente au coût de 53$.
Les visiteurs ne verront pas tout de suite l'enseigne permanente de Bionest sur l'amphithéâtre, en raison des délais trop serrés. Une bannière temporaire devrait toutefois être installée.
Le président des Cataractes, Marcel Gagné, ne paraissait pas trop fâché de voir la saga de cette commandite prendre fin dans la bonne humeur. Cette entente permet à l'équipe de recevoir 80 000$ dans ses coffres, un joli magot.
«Ça faisait un an que ça traînait», rappelle M. Gagné. «Martin (Mondou) a fait un travail incroyable dans ce dossier. Au bout du compte, l'entente est avantageuse pour les deux parties.»











