
Cinq panélistes avaient été invités à se prononcer sur l'avenir de la grande industrie en Mauricie lors de cette grande rencontre citoyenne, soit le président d'Avant-Garde Technologie, Éric Bélanger, le président de Meubles Canadel, Michel Devault, l'ancien premier ministre Bernard Landry, le directeur général du Centre local de développement de Shawinigan, Luc Arvisais et le président de la Société de développement économique de Trois-Rivières, Gilles Dontigny.
Photo: François Gervais

Jacques Bégin, du Conseil de recherche sur l'ydrogène de l'UQTR, considère que du soutien devrait être donné aux PME afin qu'elles deviennent de grandes entreprises. On le retrouve ici en compagnie d'un des coanimateurs de la soirée, Jean-Sébastien Bernatchez.
Photo: François Gervais
Cinq panélistes avaient été invités à se prononcer sur le sujet, soit Éric Bélanger, président de la PME Avant-Garde Technologie de Trois-Rivières, Michel Devault, de Meubles Canadel, Luc Arvisais, directeur général du Centre local de développement de Shawinigan, Gilles Dontigny, président de la Société de développement économique de Trois-Rivières, et Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec.
Plus de 150 personnes s'étaient déplacées pour venir les entendre sur le sujet, mais également pour mettre leur grain de sel dans le débat, dans plusieurs cas.
Invité à se prononcer sur le thème de la soirée, l'ancien premier ministre Landry a soutenu d'entrée de jeu que «ce serait une erreur de tourner le dos aux grandes entreprises dans la région. Je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez pas renouer avec une tradition aussi féconde. Toutefois, il ne faut pas opposer grande et petite entreprise. Souvent, les petites sont des sous-traitantes des grandes, et les conditions de travail sont tirées vers le haut à cause des grandes», constate-t-il.
Si la grande industrie occupe une place importante dans l'économie régionale en fournissant 28,3 % des emplois, il ne faut pas pour autant miser seulement sur les investisseurs étrangers pour faire rouler l'économie, croit pour sa part Luc Arvisais. «Pour moi, c'est une succession de pages qui se tournent. Ça ne veut pas dire que nous renonçons à attirer de nouvelles entreprises, mais il ne faut pas mettre tous nos oeufs dans le même panier.»
Une opinion que semble partager Jacques Bégin, du Conseil de la recherche sur l'hydrogène de l'UQTR, qui était présent dans la salle. «Moi, j'aimerais mieux que nous fassions du pouce sur nos PME afin d'en faire de grandes entreprises. Nous devons aussi miser sur le développement de certains secteurs particuliers», considère-t-il.
Deux créneaux, soit les nouvelles technologies en pâtes et papiers et l'hydrogène, mériteraient d'obtenir leur chance, laisse-t-il entendre. Dans son université, des chercheurs travaillent présentement sur un papier qui change de couleur lorsqu'un morceau de viande posé dessus contient des bactéries, donne-t-il comme exemple.
Les entreprises Marmen et GL&V, qui ont connu une croissance importante avec les années, ont été citées en exemple à maintes reprises pour illustrer la réussite locale.
Par ailleurs, la nécessité de concerter les efforts de tous, qu'ils habitent à Shawinigan, Louiseville ou Bécancour, a été soulevée à plusieurs occasions.
À ce niveau, un grand pas a été accompli au cours des dernières années, souligne M. Landry. «J'ai été témoin d'une belle évolution en 25 ans. Avant, la rive sud et la rive nord étaient des ennemies, et c'était même le cas à l'est et à l'ouest de la rivière Saint-Maurice. Maintenant, il y a une belle coopération et une belle solidarité régionale», observe-t-il.
M. Dontigny, de la SDÉ de Trois-Rivières, est intervenu en ce sens, confirmant les propos de l'ancien ministre des Finances. «Si une entreprise se présente à Trois-Rivières et que nous n'avons pas les infrastructures pour les recevoir, nous allons les référer au parc industriel de Bécancour», soutient-il. Lorsqu'une industrie importante et créatrice d'emplois s'établit dans un secteur, c'est l'économie de toute une région qui se développe, ajoute-t-il.
Au cours des prochaines années, avertit Bernard Landry, le prochain grand défi auquel seront confrontés les Québécois en sera un démographique, une réalité qui semble déjà frapper de plein fouet la Mauricie. «Dans votre région, le taux de chômage baisse, mais ce n'est pas dû à une croissance de l'emploi. Ce sont les baby-boomers qui s'en vont à la retraite et qui deviennent inactifs», déclare-t-il.
Pour compenser, les jeunes devront produire deux fois plus par heure travaillée, mentionne-t-il.
La grande rencontre citoyenne était animée par Jean-Sébastien Bernatchez et Nancy Sabourin, de Radio-Canada.
En mode solution
La grande rencontre citoyenne qui se tenait hier soir à l'hôtel Delta de Trois-Rivières a été l'occasion pour les intervenants du milieu économique de se prononcer sur l'avenir de la grande industrie en Mauricie. Mais plus concrètement, ils ont aussi été invités à proposer des solutions.
À plusieurs reprises, au cours de la soirée, l'ancien premier ministre Bernard Landry, invité comme panéliste, s'est dit confiant pour l'avenir de la région et a invité la population à se montrer optimiste également.
Pour lui comme pour plusieurs autres, la solution passe avant tout par la formation.
Entre autres, l'un des problèmes auxquels il faudrait s'attaquer sérieusement est le décrochage, considère-t-il, car en plus de se nuire à lui-même, le jeune qui ne termine pas ses études prive la société d'un travailleur qualifié.
Assistant aux débats, Yves Lacroix, de GL&V, a de son côté mis en garde les intervenants contre le risque de vouloir appliquer des recettes toutes faites. «Il faut être à l'écoute des opportunités, car il est plus facile de bâtir là-dessus que de tenter d'en créer une», explique-t-il.
Dans son usine, la culture entrepreneuriale encourage les employés à développer leur créativité et à innover, ce qui rapporte, assure-t-il.
Par ailleurs, si la proximité et le faible coût des ressources comme l'énergie et le bois ont convaincu les entreprises de s'établir en Mauricie dans le passé, il faudra miser sur d'autres arguments dans le futur, affirme pour sa part le président-directeur général de Laurentide, André Buisson.
Le développement durable en est un. La qualité de vie en est un autre. Si l'on compare à Montréal, le prix d'une maison à Shawinigan est une véritable aubaine, laisse-t-il entendre.










