Au moment de l'entrevue, elle recevait un client de Réceptour Canada en provenance de la Colombie, venu se familiariser avec sa ferme et ses impressionnants bisons, histoire de voir s'ils peuvent plaire aux touristes d'Amérique du Sud. Pour l'occasion, Mme Saint-Arneault cuisinait ses spécialités sur le four à bois.
«On a de plus en plus des gens du Mexique et d'Amérique du Sud, comme la Colombie. «
En plus de chercher à diversifier sa clientèle en lorgnant vers le sud, Mme Saint-Arneault se dit que si les Européens risquent de moins voyager en 2009, les Québécois resteront sans doute aussi chez eux cet été. Elle tentera donc de séduire également ses compatriotes car elle n'a guère eu le temps de le faire ces dernières années, tant les Européens étaient présents à La Bisonnière.
Même si des réservations sont faites et des journées arrêtées au calendrier, Mme Saint-Arneault s'attend à ce que les groupes soient moins importants que l'été dernier alors qu'elle enregistrait sa meilleure saison avec plus de 7000 repas, sa principale source de revenus.
«Il y a eu des journées ou j'ai refusé du monde en octobre. C'était un beau problème, mais je ne pense pas le revivre cette année», croit-elle.
Elle a donc aussi redoublé d'efforts auprès des grossistes de Montréal, qui font principalement affaires avec la France, l'Italie et l'Espagne et qu'elle a rencontrés personnellement à plusieurs reprises cet hiver, tout en invitant leurs employés à venir la visiter en famille cet été et à prendre un repas. «C'est le petit côté intime que je tente de développer avec les grossistes. Cet hiver, je les ai tous faits. Mais, j'ai aussi communiqué par envois postaux avec toutes les agences de voyage du Québec pour qu'elles pensent à ajouter La Bisonnière à leurs tours cet été.»
On soigne le décor
Toujours pour contrer cette baisse appréhendée du côté européen, Mme Saint-Arneault soigne particulièrement le décor de La Bisonnière, histoire d'accentuer davantage l'effet de dépaysement.
«Nous avons acheté une partie d'une grande collection privée d'animaux naturalisés du Canada qui appartenait à un chasseur collectionneur. C'est pour terminer notre décoration au niveau de la mezzanine. C'est un ajout de plusieurs milliers de dollars à nos infrastructures, de façon à ce que le décor soit plus impressionnant pour nos clients. Nous avons acheté environ 12 pièces. Ça va de l'ours grizzli, au cougar, un renard et un lièvre de l'Arctique, un faisan, un faucon et un renard qui sont entiers et des têtes d'orignal, de chevreuil, de caribou et d'ours noir. Ces pièces s'ajoutent à celles que nous avions déjà, soit un ours et nos bisons naturalisés.»
Mme Saint-Arneault précise qu'elle a voulu recréer non seulement la forêt québécoise mais aussi la forêt canadienne, spécialement pour la clientèle européenne qui est parfois déçue de ne pas avoir aperçu d'animaux sauvages en forêt lors de visite en pourvoirie. Il arrive en effet que l'ours noir oublie ses rendez-vous.
Ces animaux «exotiques» viennent s'ajouter au grand teepee qu'elle a fait fabriquer sur mesure l'an dernier et où elle reçoit les visiteurs, ravis du dépaysement, assis en demi-cercle sur des balles de foin, pour leur parler de ses bisons. Ils adorent ce lieu de rencontre dans lequel ils entrent en imitant spontanément un cri amérindien... ou ce qu'ils croient en être un.
Enfin, Mme Saint-Arneault précise que depuis l'incendie qui a détruit une partie de sa ferme en 2006, elle n'offre plus à sa table que les produits des producteurs de la région, bière et vin compris. Pour elle, c'est une façon de retourner l'ascenseur à ceux qui l'ont soutenue lors du sinistre.











