L'eau potable dans la région

On s'en tire pas si mal dans les principales villes

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On s\'en tire pas si mal dans les principales villes

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À l'usine de filtration de Trois-Rivières, des travaux de rajeunissement de 10 millions $ sont en cours et ils devraient être terminés en 2010.

Photo: Stéphane Lessard

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les principales villes de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne connaissent pas de problèmes d'alimentation de distribution ou de traitement d'eau à l'heure actuelle. Toutes arrivent à fournir à leurs citoyens une eau de qualité qu'elles puisent dans le fleuve, des rivières ou des lacs. Mais cela ne veut pas dire qu'elles ne doivent pas envisager de grosses dépenses.

Les lacs ou la rivière?

À Shawinigan par exemple, le directeur des communications, François Saint-Onge, n'en fait pas un mystère: jamais la Ville n'arrivera à respecter le dernier délai que lui accorde le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs pour changer la source de son approvisionnement en eau potable soit les lacs La Pêche et des Piles pour la rivière Saint-Maurice. Ce dossier est estimé à lui seul à plus de 90 millions $ et sans aide massive des gouvernements supérieurs, à hauteur de 95 %, Shawinigan n'y arrivera pas. Ce qui fait dire à certains que ce dossier est mort dans l'oeuf. Surtout qu'actuellement la qualité de l'eau est tout à fait correcte.

 

En fait, le ministère craint que les deux lacs ne puissent un jour suffire à la demande et que leur équilibre naturel soit compromis... ce qui laisse entier le problème du secteur Lac-à-la-Tortue.

Actuellement desservis par des puits, les résidents de ce secteur ne voient plus le jour où on lancera enfin les travaux de raccordement de l'aqueduc shawiniganais (et d'égoûts) évalués à ce jour à plus de 22 millions $. Et même si on procède aux travaux en question, il restera toujours le problème de la provenance de l'eau, soit les deux mêmes lacs déjà sursollicités.

Une nouvelle usine performante

Du côté de Trois-Rivières, ce n'est pas l'approvisionnement qui est en cause, puisqu'on puise l'eau à même la rivière Saint-Maurice, mais plutôt l'usine de filtration d'eau vieille de plus de 40 ans qu'il faut rajeunir si on veut être capable de respecter les nouvelles normes en matière de qualité de l'eau potable. Et on a placé la barre très haut, car Trois-Rivières est membre du Programme d'excellence du ministère de l'Environnement dont les objectifs sont encore plus sévères que ceux inscrits au Règlement sur la qualité de l'eau potable.

Ces travaux de 10 millions $, financés à 50 % par Québec, devraient être terminés en 2010. En plus de pouvoir s'assurer de fournir une eau de qualité pour les prochaines décennies, ces investissements devraient permettre l'amélioration du réseau d'aqueduc des premiers quartiers, a précisé Yvan Toutant, agent d'information à la Ville. Signalons, enfin, que Trois-Rivières n'a pas abandonné l'idée de faire traverser un jour sa conduite d'eau potable du côté est de la rivière.

Pas de problèmes

À Louiseville, on a mis fin à une longue série de problèmes en joignant il y a quelques années la Régie de Grand-Pré qui puise son eau dans des puits situés dans la couronne nord de cette ville.

Compte tenu d'importants investissements dans son réseau de distribution ces dernières années, Louiseville ne connaît pratiquement aucun problème avec son eau potable. Le directeur du service des travaux publics, René Boilard, n'est pas peu fier de dire que son réseau est d'une fiabilité remarquable. Moins de .1 % de fuite par kilomètre de conduite. Le tout est contrôlé par informatique et télémétrie. Il y voit là le résultat d'une volonté politique très ferme de la part du conseil.

Plus que du chlore

Plus au nord à La Tuque, de nombreux avis d'ébullition l'été dernier ont démontré qu'il fallait désormais faire davantage que simplement chlorer l'eau puisée au lac Wayagamack. La Ville construit actuellement au coût d'environ 2 millions $ une usine de traitement et de filtration de l'eau qui sera complétée à l'automne 2009 et conforme à la nouvelle réglementation. Le directeur général, Yves Tousignant, assure qu'avec cet équipement qui pourra fournir 9500 mètres cubes par année, la Ville n'aura plus de problèmes avant longtemps. Les travaux sont subventionnés à 50 % par Québec.

Dans le fleuve

Seul cas du genre dans la région, Bécancour puise son eau directement dans le fleuve Saint-Laurent tandis qu'une partie de son territoire, dont Gentilly, s'alimente à partir de sources souterraines. Cette ville ne signale aucun problème particulier sur son territoire. Des travaux estimés à 3 ou 4 millions $ sont tout de même prévus en 2010 sur son réseau de distribution, particulièrement en ce qui a trait aux conduites qui vont de l'usine de sa centrale de traitement vers le réservoir du plateau Laval. Comme cette municipalité compte en ses murs un important parc portuaire et industriel, elle doit aussi prévoir une augmentation de la demande en eau potable pour consommation humaine mais aussi pour les procédés de production de pointe.

Par contre, les grandes industries qui ont besoin d'eau pour des procédés de refroidissement possèdent leur propre réseau d'eau non filtrée qu'elles puisent elles aussi dans le fleuve.

Plus compliqué dans les campagnes

Les petites localités membres des cinq MRC de la région connaissent parfois de sérieux problèmes et certaines peinent sinon à se conformer aux normes, à trouver de l'eau en quantité suffisante pour répondre à leurs besoins actuels et futurs en matière de développement domiciliaire ou de protection des incendies. Et c'est sans compter toutes les démarches qu'elles doivent faire pour obtenir une aide financière de Québec.

Le pire cas est sans aucun doute Saint-Prosper, dans la MRC des Chenaux, où une soixantaine de citoyens dont la résidence est alimentée par un des trois puits municipaux d'eau de surface doivent faire bouillir leur eau depuis sept ans. Des travaux sont en cours pour remédier à la situation et devraient se terminer en 2010.

Plus récemment, on signalait à Saint-Étienne-des-Grès, dans la MRC de Maskinongé, un épisode de contamination aux hydrocarbures dans des puits stéphanois. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs enquête. Heureusement, deux résidences seulement seraient concernées.

MRC des Chenaux

La MRC des Chenaux est sans doute celle où l'eau cause le plus de maux de tête aux élus. Outre Saint-Prosper, Champlain cherche toujours de nouvelles sources, susceptibles de la rendre plus autonome vis-à-vis de Trois-Rivières. Sainte-Anne-de-la-Pérade achève des travaux de raccordement à Saint-Prosper où elle a ses propres puits, tandis que Sainte-Geneviève-de-Batiscan met la dernière main à son réseau. Saint-Stanislas cherche toujours de nouvelles sources mais surtout pour se garantir des réserves. Les travaux de forage ont permis de découvrir en 2008 une nouvelle source abondante qu'elle espère pouvoir exploiter avec sa voisine Saint-Prosper.

MRC Mékinac

Dans la MRC de Mékinac, la Ville de Saint-Tite a entamé les travaux pour le remplacement de son usine de traitement d'eau, un projet estimé de 7 à 8 millions $ qu'on espère voir terminé en 2010 également.  On n'a pas encore arrêté le choix de la méthode de traitement. Des démarches sont en cours depuis 2003 pour l'obtention d'une aide gouvernementale. Cette ville dessert également Saint-Séverin. Toujours dans cette MRC, la Municipalité de Lac-aux-Sables vient de terminer sa mise aux normes.

MRC de Maskinongé

Dans la MRC de Maskinongé, on connaît peu de problèmes d'eau potable, si on excepte l'incident récent de Saint-Étienne-des-Grès. En plus de Louiseville, sept municipalités sont desservies par la Régie de Grand-Pré et en sont satisfaites. La Municipalité de Charette s'est engagée pour sa part à desservir Saint-Sévère. Quant à Saint-Justin et Maskinongé, elles reçoivent leur eau potable du réseau privé du Bois-blanc.

MRC Nicolet-Yamaska

Du côté sud, dans la MRC de Nicolet-Yamaska, tout va bien sinon que plusieurs municipalités doivent remplacer leur réseau de distribution. Nicolet, par exemple, envisage des travaux d'infrastructures de 3 à 4 millions $, car ses conduites (100 kilomètres) présentent une détérioration structurale importante. L'usine de traitement d'eau de cette localité dessert également six autres municipalités tandis que celle de Pierreville dans la même MRC, approvisionne trois autres villages. Ces deux usines sont à la fine pointe technologique.

MRC de Bécancour

Enfin, dans la MRC de Bécancour, aucune problématique particulière n'est à signaler, assure-t-on à  la MRC, sinon les travaux d'entretien habituels.

L'eau dans la région

L'eau potable en Mauricie

- 70 réseaux municipaux d'eau potable

- 26 ont un système de traitement

- Ils desservent 50 municipalités

- Pour une population de 237 394 habitants

- On compte 36 réseaux privés d'eau potable

- Ils desservent 2426 habitants

- 47,1% de la population s'alimente par eau de surface

- 52,9 % est alimentée par eau souterraine

- Au-delà de 1300 puits ont fait l'objet d'un rapport de forage

- On estime à environ 4700 le nombre total de puits dispersés dans la région.

- Aucune municipalité de la Mauricie ne s'approvisionne dans le fleuve Saint-Laurent

- Seule Trois-Rivières puise son eau dans la rivière Saint-Maurice.

L'eau potable au Centre-du-Québec

- 71 réseaux municipaux d'eau potable

- 48 ont un système de traitement

- Ils desservent 64 municipalités

- Pour une population de 160 474 habitants

- On compte 13 réseaux privés d'eau potable

- Ils desservent 1032 habitants

- 56,9 % de la population est alimentée par eau de surface

- 43,1 % est alimentée par eau souterraine

- 57,8% est alimentée par des puits individuels et le reste par des réseaux municipaux

- Seule Bécancour s'alimente dans le fleuve Saint-Laurent

- Six municipalités s'alimentent dans trois rivières tributaires du fleuve Saint-Laurent soit: Daveluyville et Plessisville dans la rivière Bécancour

- Nicolet et Sainte-Perpétue dans la rivière Nicolet

- Drummondville et Pierreville dans la rivière Saint-François.

- Victoriaville a sa prise d'eau dans la rivière Bulstrode

- Au-delà de 9000 puits ont fait l'objet d'un rapport de forage sur le territoire du Centre-du-Québec.*

Source, ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs

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