En 2008, l'accès pour un bateau muni d'un moteur de 100 forces et plus s'élevait à 100 $ par jour. En l'espace d'un an, le tarif a grimpé de 50%. Mais si on considère le tarif de 2009 à celui de 2006 (40$), la hausse est de 275%.
«Les eaux sont de juridiction fédérale. On ne peut pas réglementer la puissance des moteurs. La seule façon de contrôler ce qui se passe, c'est par les tarifs. On prend les moyens pour protéger le lac. Notre but est de garder le lac propre. Et on est très à l'aise avec les tarifs», commente Madeleine L. Robert, mairesse par intérim de Saint-Alexis.
Les tarifs de toutes les embarcations à moteur sont majorés pour la prochaine belle saison. La tendance amorcée en 2006 se poursuit pour les motomarines: en 2009, le tarif sera de 90$. Il y a un an, l'accès s'élevait à 60$. Si on recule à 2006, les amateurs de motomarine devaient débourser... 15$!
Selon Mme Robert, les bateaux sont souvent la source de contamination de lacs avec les moules zébrées qui se collent à leur coque. De plus, la puissance des gros bateaux favorise la création de fortes vagues, ce qui entraîne l'érosion des berges. Le carburant des embarcations à moteur est une autre source de pollution. Et la cohabitation avec les kayaks et les canots ne se fait pas toujours dans l'allégresse.
«Il faut prendre des décisions à un moment donné, ajoute Mme Robert. On a de moins en moins de gros bateaux. Mais on a plus de gens qui viennent faire de la voile. On a plus de familles. Ces gens sont bien contents. Et la population veut protéger le lac Sacacomie.»
Si Saint-Alexis-des-Monts pousse à la hausse les tarifs pour les embarcations à moteur, elle continue de prôner la gratuité pour l'accès aux kayaks et aux planches à voile. Cette volonté de favoriser les activités non motorisées est en train de se refléter dans les statistiques de fréquentation du lac Sacacomie.
En 2005, Saint-Alexis a dénombré 5805 visiteurs au lac Sacacomie. Les activités motorisées représentaient 47,2% des visites. Les activités non motorisées (canot, kayak) s'élevaient à 40,9%.
L'année suivante, la Municipalité prenait les moyens pour renverser cette tendance en augmentant les tarifs d'accès aux fervents d'activités motorisées. De 2006 à 2008, les activités motorisées ont passé de 36,7% à 22,2%. Les activités non motorisées ont pris le chemin inverse, de 43% à 56,8%. Dans cette catégorie, on observe une forte présence des activités de baignade et de pique-nique: en 2008, les activités de plaisance ont représenté 44,8% des enregistrements au stationnement du lac Sacacomie. En 2006, c'était 28%.
Les activités mixtes (pêche et plongée) sont demeurées autour de 20% en 2006 et en 2008, avec une pointe à 27,9% en 2007.
En terme de nombre de visiteurs, les données de 2006 à 2008 font état d'un fléchissement de 5148 à 3975.
«On n'a jamais vu ça»
«On n'a jamais vu des frais aussi élevés au Québec. On n'a jamais vu ça. C'est un règlement municipal qui nécessite de s'y opposer.»
Marc Thurber affirme que les tarifs demandés par Saint-Alexis-des-Monts pour se promener en bateau sur le lac Sacacomie sont assez exceptionnels. C'est la raison pour laquelle le directeur général de l'Alliance canadienne des plaisanciers et du Regroupement des plaisanciers du Québec va informer le Conseil maritime canadien et le Conseil consultatif régional sur la navigation de plaisance de la situation.
«Le regroupement considère que ça ne répond pas vraiment aux plaisanciers. On va contester les tarifs. Je veux savoir le processus qui a permis d'établir ces tarifs. Est-ce qu'il y a eu un vote du conseil? Est-ce qu'il y a eu des consultations publiques? Ce n'est pas l'autorité des municipalités d'implanter des règlements sur un plan d'eau, car ça relève du fédéral. Pour y parvenir, il faut faire une consultation publique.»
M. Thurber se demande ce qui justifie l'imposition de frais de 150 $ pour un bateau de 100 forces et plus, alors qu'il en coûte seulement 30 $ pour un bateau de moins de 25 forces.
«Est-ce une façon détournée de dire qu'on ne veut plus de bateaux de 100 forces? L'an prochain, est-ce que ça va être 500$? Il y a d'autres lacs, dans les Laurentides et dans les Cantons de l'Est, qui exigent 25$ ou 30$ pour le nettoyage de la coque des bateaux pour éliminer les moules zébrées. Ça, c'est correct. À Saint-Alexis, c'est exagéré. Ça vient affecter les manufacturiers et les vendeurs de bateaux.»
Du côté de Saint-Alexis-des-Monts, on explique que la tarification municipale respecte les règlements gouvernementaux.
«Il y a beaucoup de demandes de citoyens pour enlever les embarcations motorisées des lacs. Pêches et Océans Canada oblige la tenue de consultations publiques. On a trois consultations qui ont été faites pour les lacs Lambert, Bélanger et Saint-Alexis.
Pêches et Océans demande l'appui de 70 %, 75 % des résidents. Les interdictions d'embarcations motorisées, c'est réglé pour ces lacs. Mais pour le lac Sacacomie, on n'a pas à tenir de consultation, car il n'y a pas d'interdiction aux embarcations motorisées», mentionne Louis Allard, aménagiste à la Municipalité de Saint-Alexis-des-Monts.
M. Allard ajoute que les Municipalités ont le pouvoir de protéger l'environnement. Le gouvernement du Québec leur délègue des opportunités de réglementer en ce sens. De plus, l'aménagiste de Saint-Alexis s'appuie sur le fait que d'autres municipalités au Québec ont réglementé l'accès à des plans d'eau et que leur cause a été reconnue par les tribunaux.
Ailleurs au Québec
Au lac Memphrémagog, les utilisateurs de la rampe d'accès de la Municipalité de Magog doivent payer 20$ par jour pour le stationnement de leur véhicule, le lavage de la coque du bateau et la mise à l'eau (à Saint-Alexis, il faut ajouter des frais journaliers de 5$ pour le stationnement d'un véhicule et des frais de 10$ pour un véhicule et une remorque).
Au lac Massawippi, en Estrie, les frais sont d'environ 25 $. Pour le lac Témiscouata, dans la région de Cabano, différentes rampes municipales sont disponibles et l'accès est gratuit.
Taux de fréquentation
type d'activités 2003 2004 2005 2006 2007 2008
non motorisées 56,4 % 45,9 % 40,9 % 43 % 44,5 % 56,8%
mixtes (*) - 24,7 % 11,9 % 20,3 % 27,9 % 20,9 %
motorisées 43,6 % 29,4 % 47,2 % 36,7 % 27,6 % 22,2 %
(*) activités de pêche et de plongée qui demandent du transport par embarcations motorisées












