Du stress pour les grands-parents
Samedi après-midi, l'organisme a tenu pour la première fois à Trois-Rivières une rencontre visant à informer les grands-parents de leurs droits. Présent au pavillon Raymond-Pitre pour l'occasion, Me Trudeau a discuté avec la dizaine de personnes présentes des recours qui s'offrent à eux.
De plus en plus, affirme-t-il, les juges sont sensibilisés à l'importance d'accorder des droits d'accès aux grands-parents et ce, même si les ponts ont été coupés avec leur fils ou leur fille.
«La jurisprudence dit qu'il doit y avoir un motif très sérieux pour les empêcher de voir leurs petits-enfants. Il y a souvent des conflits de famille non réglés. Mais la cour ne retiendra pas ce genre de conflit, et passera outre dans l'intérêt des petits-enfants», soutient-il.
Au cours des trois dernières années, soit depuis qu'il travaille avec l'Association, l'avocat a toujours réussi à convaincre les juges d'accorder des droits d'accès à ses clients, ce qui inclut même parfois des fins de semaine complètes et des semaines de vacances.
Avec l'éclatement de la cellule familiale, les grands-parents se retrouvent bien souvent démunis lorsque leur fille ou leur fils perd la garde des enfants. Dans plusieurs cas, toutefois, ceux-ci représentent la seule stabilité pour les jeunes, rappelle Me Trudeau.
Ainsi, les juges reconnaissent qu'il en va de l'intérêt de l'enfant de voir ses grands-parents, et vont habituellement analyser le dossier en ce sens, explique-t-il.
«Mes clients me remercient souvent de leur avoir fait gagner leur cause. Mais ce ne sont pas eux qui gagnent, ce sont leurs petits-enfants», insiste Me Trudeau.
Pour lui, il est anormal de priver quelqu'un de son grand-père ou de sa grand-mère. «Un enfant qui ne sait pas d'où il vient ne saura pas où il s'en va dans la vie. J'en ai discuté avec plusieurs experts, comme des psychologues, et tous me disent que ces liens intergénérationnels sont très importants pour le développement de l'enfant», relate-t-il.
À ceux qui craignent que de toute façon, la décision du tribunal ne soit pas respectée, il répond que des moyens sont mis à leur disposition pour qu'elle le soit. L'avocat est même parvenu à faire imposer deux semaines de prison avec sursis à un homme qui refusait de permettre à sa mère de voir son petit-enfant, malgré un jugement et plusieurs avertissements.
Accusé d'outrage au tribunal, l'homme a pu demeurer en liberté à condition de se plier à la lettre à la décision du juge pour une période d'un an.
Il y a quelques années, la bru de Mme Paquette est disparue avec ses trois petits-enfants, une situation qui lui a causé un stress très intense.
«Durant six ou sept semaines, nous les avons cherchés partout. C'était un vrai cauchemar. Elle était partie à Edmonton, près de chez sa mère, sans le dire à personne. Elle a été arrêtée pour kidnapping et a fait de la prison», raconte-t-elle.
Depuis, les enfants sont déménagés dans l'Ouest canadien, et Mme Paquette les voit l'été, à condition de payer leur billet d'avion. Malgré la facture, qui atteint plusieurs milliers de dollars, elle trouve que ses efforts en valent la peine.
«Je suis leur stabilité. Grand-maman a toujours habité au même endroit, avec le même mari.»
Membre de l'Association des grands-parents du Québec, Mme Paquette a également été à même de constater la pertinence d'une de ses luttes: la revendication d'un support financier pour les grands-parents qui doivent élever leurs petits-enfants.
Pour l'avoir fait elle-même durant plus de deux ans, elle sait à quel point ils se retrouvent souvent à court de ressources.
«Dans mon cas, les parents n'étaient pas en mesure de s'occuper des enfants, mais tu ne peux quand même pas les envoyer dans une famille d'accueil! Si on l'avait fait, le gouvernement aurait payé pour ça. Mais nous, ils ne nous donnent rien», déplore-t-elle.
Même si elle aimait beaucoup ses petits-enfants, elle trouvait le fardeau financier lourd à supporter.
«Nous avons travaillé toute notre vie, mais rendus à notre pension, nous devons recommencer à élever des enfants. Nous devrions être compensés pour ça», considère-t-elle.
Par exemple, celle-ci relate qu'elle avait fait une demande d'allocation familiale, mais qu'on la lui a refusée parce que ses revenus étaient trop élevés.











